DIS
qH^elle a commencé une autre opération. Cest ainsi que les organes font ce qu'elle a prescrit, bien qu'elle ne les dirige plus , puisqu'elle fonctionne ailleurs. Il y a donc à la fois action présente et volonté d'une antre action.
Il est vrai qu'une de ces actions est en dehors du sens rationnel et l'autre de la situation matérielle, mais l'impulsion n'en a pas moins toute sa rectitude: l'exécution seule pèche ou par le résultat, ou par Topportunité.
On a dit que la distraction était une courte folie. Est-ce vrai? Le fou semble préoccupé, parce qu'il a une idée fixe ou dominante, mais il n'est pas distrait; car si cette pensée devenait vague ou si sa distraction était variable, il ne serait plos fou.
L'homme distrait est rarement un mauvais homme. Le fripon , l'hypocrite , l'indindu aux intentions perverses n'est pas distrait. Pourquoi? C'est que cet individu, quoiqu'on en dise, n'a que des aperçus sans portée: sa capacité est médiocre. Or , si la distraction n'est pas la preuve d'un grand esprit ou d'un grand savoir, il n'en est pas moins vrai qu'elle les accompagne souvent , et ceci s'explique: l'ame, qui n'agit pas, ne peut avoir de distractions; elle repose, elle est immobile. Quand soo mouvement est faible et son cercle borné, elle en a peu encore. Mais à mesure que ce cercle s'étend et qu'elle embrasse plus de choses, à mesure qu'aux besoins physiques elle a ajouté ceux de l'intelligence , c'est alors seulement qu'elle doit avoir des distractions fréquentes ou qu'elle peut penser moins à ce qu'elle fait qu'à ce qu'elle va faire , parce que ce qui est pour elle n'est, à ses yeux, qu'une partie de ce qui sera.
Examinez un louveteau à même d'un mouton que sa mère lui apporte, il s'en nourrira sans préoccupation
La louve, au contraire, plus prudente, parce que Texpérience lui a appris à craindre , aura continuellement , en dévorant sa proie , Fœil au guet : elle a peur d'être surprise, elle est distraite. Pourquoi? C'est qu'elle a plus d'idée, plus de savoir que son louveteau.
Le louveteau, c'est l'enfant, c'est l'homme brut, l'homme qui a peu de pensées. Cet homme, comme cet enfant, est rarement distrait, parce que ses sensations ne se croisent pas : il n'en a qu'une à la fois.
Chez l'homme intelligent , Thomme dont les pensées sont nombreuses, Thomme qui a pins de volonté que de sens et d'organes , c'est l'abondance des matériaux et l'insuffisance des moyens qui font qu'il n'apporte pas toujours l'ordre voulu dans leur emploi.
En résumé, la distration nous paraît être, dans beaucoup de cas, la prééminence du sens moral sur le sens physique, ou l'absorbtion de celui-ci par l'autre.
DOCTEUR, FUSTIGATION. C'est par l'une qu'on disait l'autre. Aussi était-ce un argument généralement employé dans l'ancienne éducation et faisant suite à la néthode approuvée par l'Université comme par la Sorbonne, et chez les oratoriens comme chez les jésuites.
Fouetter était, dans les collèges, une partie de la règle et presqu'un article de foi : y vouloir faire un savant sans fouet , y aurait paru tout aussi absurde que d'y entre<prendre un civet sans lièvre.
Le portier de l'établissement y exerçait les fonctions d'exécuteur, autrement dit de frère fouetteur. Sous sa main puissante , le génie se développait comme par miracle, et la science surgissait comme l'eau du rocher sous la baguette de Moïse. Molière et Corneille, Lafontairie et Boileau , Racine et Vdtaire n'avaient pas autrenaent