LA COU
eRaremei
on croit VI
;une horr
sa raison
X mag^ciei
interrogé
)i était pi
isée avec
lu chocolï
. Pour gui
ique jour une tasse d'huile consacrée.
intervint et arrêta les sorciers ; elle
ifesseur du roi dans cette sombre in-
[Iharles II ne se remit plus de ce cai
ne Oreste aux Furies, il appartint di
ïns. La nuit, trois moines veillaient i
autour de son lit, pour en chasser li
levMt de ce lit de vertige, c'était poi nées entières dans les Sierras qui eucurial, pareil à ces âmes en peine qui
de leur sépulture. Là, do moins, le de se disputant son empire n'arrivait ai ; là il n'entendait plus le glas de sa er comme un tocsin dans l'Em'ope ea lit pn s'écrier, comme David fuyant au "orce s'est desséchée comme l'argile, je 1 mes os ; eux , ils me regardent. — Ils it mes vêtements et les tirent au sort •
SOOS CHARLES 1
L'Espagne l'ûmait malgré tout passionnément à cette chétive ii intégrité et de sa puissance. II éti tant de royaumes, la seule fictioi:
immense empire de se désagre'ger i Ses misères d'esprit et de corps i croître l'affection du peuple. Les i tendresses ; elles aiment les prîn pitié ; elles pardonnent tout à ceux ce qu'ils font.
On sait l'amour de la France
pour ce pauvre roi fou qu'elle si
aimé, comme une mère invente
pour l'enfant malade. Au miliei
' calamités de l'époque, pas une ]
' contre l'être passif et irresponsabl
i pourtant tous les maux. On s'inq]
I on redemande à Dieu, à !a 'Vierj
[ Diable même sa raison perdue. Les
' d'Assommeurs qui rôdent, en vo
rues sombres du vieux Paris, 1
qu'elles passent sous les fenêtres
appellent n le chier sire, « il appj
I docile : il se fait une pause de doi
sion, de tendresse : « Vive le roi! »
sa marche et se remet à tuer. A
un deuil et une lamentation unani
Il cher prince, — criait le peuple t
Il nous n'en aurons un si bon !
296 ' „ LA COl>R D\ESPAGxNÈ
<( nous demeurons en tribulation et douleur. » Ainsi, la France à l'agonie oubliait de se plaindre pour s'attendrir sur l'insensé qui la faisait mourir. — « Pauvre fou I » — dit le roi Lear à son bouffon fidèle qui le suit, en grelottant, à travers la neige et la nuit — , i< pauvre fou! il est encore une partie de « mon cœur qui souffre pour toi ! » Qu'elle est plus touchante, cette bonne parole, lorsque c'est un peuple qui ^ la dit à son roil
L'Espagne, comme la France, aima jusqu'à la mort son roi « ensorcelé » Hechizado : c'est le surnom . qu'elle lui avait donné. Elle ne lui imputait ni les misères, ni les opprobres, ni les ruines, ni les dilapidations de son règne. Sa folie lui donnait le prèstige de l'enfance et de l'innocence. Dn jour pourtant, le peuple de Madrid affamé par des ministres accapareurs, envahit la cour du Palais et demanda à voir le roi. La reine parut au balcon et dit que le roi dormait. « Il a dormi trop longtemps, » — s'écria une voix partie de la foule, — « il est grand temps qu'il « se réveille. » Alors la reine se retira en pleurant, et, quelques instants après, le roi apparut. Il se traîna vers la fenêtre d'un air égaré, et salua son peuple en remuant les lèvres. Dn grand silence se fit comme dans la chambre d'un mourant ; puis des cris d'amour s'élevèrent de cette multitude qui, tout à l'heure, hurlait de colère. Elle salua celui qui allait mourir e se dispersa tranquillement;
'SOtlS CHARLES 1
Aux approches de son dernier j nèbre qui, depuis deux siècles, po de sa race, inspira à Charles II une La curiosité du cercueil, l'amour i maladive d'entr' ouvrir les portes contempler ses mystères, étaient h dynastie. Son plus lointain aïeul, raire, portait dans le carnage un vapeurs du champ de bataille 1' celles d'un vaste banquet. « Voili àisait-il en poussant son cheval Nesle encombrée de morts. — Jea de Charles-Quint, promena en l'Espagne le cadavre embaumé d< duc ; elle l'étendit dans le lit nupl quanta ans. — Charles-Quint, à la répétition de ses funérailles. terra vivant dans la crypte de l'E bière dressée dans un coin , comr de sa famille. Quelques heures a' fit apporter une tête de mort et pi renne royale. — Philippe IV se dans le cercueil qu'il s'était fât 1 comme pour en prendre la mesui il y dormirait. — Ces rois, qui
à rimmobilité de TÉgj^pte, avaient, comme ses Pharaons, la monomanie du tombeau,
Charles II fut pris à son tour de cette envie funéraire. Il voulut, avant de mourir, visiter ses ancêtres morts. Peut-être l'idée de revoir Marie-Louise le poussait-elle à cette lugubre entrevue; peut-être une voix secrète lui donnait-elle le conseil que reçut de ses amis le poète Ebn Zaïat : Dicebant sodcdes si sepulcrum amicœ visitarem^ curas meas aliquarUulum fore levatas. — « Mes compagnons me disaient -f que mes chagrins s'adouciraient un peu, si je « visitais le sépulcre de ma bien-aimée. »
C'est à l'Ëscurial que les rois d'Espagne sont ensevelis , dans une chapelle souterraine appelée le Panthéon. Elle est située au centre du palais, sous le maître-autel de l'église. L'immense édifice n'est, en quelque sorte , que le couvercle du caveau royal. C'est une salle octogone dont les murs revêtus de jaspe, sont garnis de niches parallèles que remplissent des caffres de bronze. A droite sont les rois, à gauche sont les reines. Un chandelier énorme tombe droit de la voûte. Rien de plus terrible que ce cabinet sépulcral ; il concentre dans un rigide abrégé l'horreur et l'ennui répandus dans les dédales de la nécropole. Sa nudité splendide épouvante : ces jaspes miroitants, ces marbres polis ont l'éclat blasant de la glace. Le voyageur se croit pris entre les parois d'une banquise ; up froid mortel complète l'illusion. Dans une carte géographique du pays des morts, le
sous CHj . caveau de l'Esciïrial occu] daos la mappemonde le c paratî plus morte qu'aille meal3 et de ces insignes même, rappellent les acti vie : les niches soperposi rayons d'une bibliothèque formes comme les tiroirs semblent receler non pas choses ; cela sent le papj L'idée qu'ils éveillent est c d'un royaume, rangées et si Vous y chercheiiez vainem blêmes de l'histoire : la dans ce caveau synoptiqu' tombeaux d'une dynastie i siècles, l'Espagne n'a qu'u sonnes. Si la puissance difi ils suivent d'un pas ferme ligne. Charles II n'est qi enfance.
Le roi descendit donc blèrae et si morbide qu'o gnant son lit. U fit ouvr ordre de temps et de suce apparut presque déformé lippe U, moins sinistre peu
Philippe III, son aïeul; se montra d'abord merveilleusement conservé ; mais l'aii:, mortel aux morts, le fit subitement tomber en poussière. Sa mère, Marie- Anne d'Auiriche, encore dans le premier sommeil du tombeau, semblait prête à se réveiller. — L'ioiage de l'Espagne passait ainsi successivement devant lui , glacée et vide en dedans , comprimée par des liens plus étroits que les bandelettes de l'embaumeur, simulant quelquefois la vie et la majesté, mais prête à se dissoudre au premier contact extérieur. La plus tragique fantasmagorie du plus grand des poètes est surpassée par cette scène de l'histoire réelle. Hamlet, dans le cimetière d'Elseneur, à demi fou, un pied dans la fosse où il va rouler tout à l'heure, ramassant les crânes qui bruissent, parmi les feuilles sèches, sous le vent du nord, et leur adressant de mélancoliques apostrophes, est moins pathétique que ce roi mourant qui évoque les spectres royaux dont il va terminer la file. Gomme le prince de Danemark, il pouvait interpeller chacun de ces morts. Devant le cercueil de Charles-Quint, il aurait pu s'écrier : — a C'est à peine si ce coffre contien- « drait ses titres de propriétés, et il faut que « Sa Majesté s'y couche tout de son long M » — Sur le crâne de Philippe II, il aurait pu dire : — « Voilà « donc la tête de celui qui croyait pouvoir circonve- « nir Dieu * I »