‹ Hommes et dieux (volume 2)Chapitre 26 sur 42 · LES COMÉDIES DE LA HC · texte numérisé non relu

LES COMÉDIES DE LA HC

La Mort, dans la Grèce anligue, «vai R t' Amour : la beauté et un flambeau, ingue-t-on, dans les musées, le Génii ïèDÏe du Sommeil. C'est au bel adolest ^ie, à un arbre ou à une colonne, le lies sur sa tête : son pied foule mollei ibe éteinte. Pausanias parle d'une ata [oi tenait ses deux enfants dans ses li ^il et la Mort. Enlacés, confondus, ils ^M les lèvres et mêlaient leurs rêves. 1 l^bre que les bas-reliefs des mau bcophages. Souvent une bacchanale iig des parois. Le marf)re danse et s'e Inr distraire les Mânes qu'il renferm •rant des plus riantes images de la K se plaisait surtout à embellir la a W; il la couvrait du voile transpare wphoses. C'était Hyacinthe cueilli

LES Cl

rainé par les ny igeût son amph as le lit des amc nbent les jeun< tachent d& la p , du glme, pare ttlé. Le regret ii seule plainte q ire qu'à des fieu s, les adolescet:

la flamme de lei X de l'aurore. M qui soit resté d lui prête l'alléf âpart matinal.—

jeune, ô Parménonl Le plus heureux, jp •« c'est celui qui, sans chagrin dans la ' contemplé ces beaux spectacles, le sol es nuages, le feu, s'en retourne promp à d'où il est venu. Ces choses, qu'il vive )u un petit nombre d'années, il les v( s les mêmes, et il ne verra jamais riec eau qu'elles. Regarde la vie comme , et ce monde comme une foire étrange d'émigration pour les hommes : foule, m eux de hasard, hôtelleries où l'on s'arr lars des premiers, Ion voyage est le m u t'en vas déjà muni du nécessaire, et s 'ennemis. Celui qui tarde se fatigue et p.

SB LA MORT. ^17

« ses ressources. Il vieillit, tombe dans riodigence, « rencontre les ennemis qui lui dressaient des pièges, « et s'en va péniblement parce qu'il a trop vécu, n

La Mort était belle en Grèce, parce qu'elle n'était défigurée ni par l'effroi de l'autre monde, ni par les horreurs de la destruction. Qu'étaient-ce que les Enfers et les Champs Élysées ? Un pays léthargique et vague, peuplé d'ombres plus pâles que les fantômes du sommeil. Cette existence spectrale répugnait à l'activité des temps héroïques. Achille proteste énergiquement contre elle, lorsqu'il répond à Ulysse qui le félicite de régner encore sur les âmes après le trépas : « Fils de Laërte, noble Ulysse, ne « flatte pas un mort. J'aimerais mieux être sur la « terre le garçon de charrue d'un fermier sans « domùne à lui, et qui n'aurait qu'à peine de quoi (I vivre, que de commander en roi à tout le peuple « des morts. » Mms il y a plus d'ennui que de douleur dans cette plainte du héros dépouillé de sa beauté et désarmé de sa force. Et puis la Hamme des obsèques antiques embellissait la mort en la purifiant. La pourriture ne souillait pas le cadavre ; la forme humaine s'évanouissait dans sa perfection. Elle ne laissait d'elle qu'une poignée de cendres que recueillait une urne de marbre. L'homme s'envolîût intact dans la sphère ^ure de la mémoire, comme l'idée noble ou gracieuse qu'il avait personnifiée sur la terre.

Ce n'est qu'au crépuscule du paganisme que la

Mort revêt les traits du hideux squelette. Encore paraît-il d'abord moins pour eifrayer que pour divertir. C'est le bouffon plutôt que le tragédien du sépulcre. L*h©mme , en présence de sa sinistre carcasse, s'exhorte à jouir d'une chair fragile qui tombera demam ; il répond à son rictus sardonique par un éclat de rire voluptueux. Le squelette d'argent • aux vertèbres flexibles, que Pétrone fait danser sur la table de Trimalcion, y joue le rôle d'une marionnette épicurienne : il excite la soif et la licence des convives. — « 0 misère I — s'écrient-ils, — ô pitié 1 que <( tout l'homme n'est rien ! — qu'elle est fragile, (( hélas I la trame de sa vie I — Ainsi nous serons « tous, après que Pluton nous aura enlevés. — « Vivons donc, tant qu'il nous est permis de jouir. »

Heui heu nos miseras f Quam totus homuncio nil estt Qmm fragilis tenero staminé vita cadit I

Sic erimus cuncU, postqitam nos auferet Orcus. Ergo vivaums, dum licet esse bene.

Quelle tranquillité profonde respirent les tombeaux romains! Leurs épitaphes semblent des enseignes invitant les passants à jouir de leur paix : Securilati perpetuœ. — Bonœ quîetî.

Je me souviens encore d'une pierre gravée, du Musée de Florence, représentant un squelette qui danse devant un berger jouant de la double flûte. L'enfant lève les yeux, mais l'instrument ne quitte pas ses lèvres ; le spectre trouble à peine son cha l' qu'il va peut-être interrompre*

L'avénemeot de la Mort date du chrîf m readant le corps à la terre, l'arilit e1 >rofît de l'âme. Dès lors, la Mort reje ïont l'imagination antique avait dn nudité. Elle se résume dans le Squelet la faolx au Temps païen, et parcourt le fascinant. Elle n'a plus d'&ge, plus df âe sexe, rien qu'une ossature déchan monte un crâne grimaçant. Elle ne de trépigne et gesticule furieusement : au li l'homme au sommeil, elle l'acte des des menaces de l'éternité. A travers I «es os arides flamboient les feux d( Moyen-Age s'éprit de ce spectre. Il y a dans aon histoire où on peut dire qo'i reax de la Mort. Tel fut le xiv siècle. ' drame aux mille tableaux de la Danse , Qui veut avoir une image de ce sièi

qu'à se représenter le cimetière du ci A'Hamlel, où les vivants s'égorgent si t morts et tombent pôle-mèle dans les fos I d'abord des guerres horribles qui saigt ! le. genre humain s puis vinrent des fan;

téuuérent ; enfm, en 13â8, sur^t cette

re dont, selon F

u monde mouru

ible ; restrème cAuême : le désespo la déité de ce monc comparût à la vie e nihil melius , vita ni <i la mort, rien de ] d'un livre du temps, tome des grandes c laide , l'homme n'y catastrophes avaient La danse de Saint-i orgie de douleurs. '.

bords du Rhin, et dite électrique, en E en Suisse, en Aile:

tarentule infernale i danse enragée, déli ments , couverte d voyait les danseurs

les rues, former de gt«.iuM luuuca et wjuriier jus- i qu'à ce qu'ils tombassent raidis de fatigue. Ce fal | sans doute l'origine de la Danse Macabre. Comment j ne pas croire que la Mort était là, invisible ménétrier du bal convulsif, aiguillonnant ses bonds, surexcitant | ses gambades, lui faisant creuser sa tombe avec i ses pieds frénétiques. L'Église, d'^Ueurs, avait toujours attaché une idée de damnation aux joie" de '

flE LA MORT.

i danse. Dans les légendes du' te:

> est an des châtiments inf

Echeurs. La Chronique de IVuret

lëssus un conte effroyable. — j

ftalberstadt, des hommes et d<

iansèrent un jour, pendant la

Péglise. Ils furent aussitôt condan

burs. Sur-le-champ, ils se mirent

noyèrent sans discontinuer. Ce tn

luel fînit par user leurs pieds ; a

kauter sur les mains. Le sacrista:

fdans la ronde, voulut l'en tirer p.

pras lui resta dans les mains, et la

Fdonner signe de douleur, contim

les autres. Enfin , un an après , j

tombèrent morts dans le gouffre o

meut de leurs pieds.

Quoi qu'il en soit, à peine cr Morts devint populaire ; elle mont se diïroula en longues fresques ' cloîtres et des cimetières ; elle d'Heures et colora les vitraux : ( serpente jusque sur le fourreau ■ sur le couvercle des coupes. Au r résume avec génie ce cycle funèbr élan de la Danse des Morts. Se Moyen-Age, elle s'arrête au seuil

tn LES COMÉDIES

nr.

L'idée de toutes les Danses macabres est la même; c'est l'égalîté des hommes devant la mort, le nivellement du cimetière appliqué aux écrasantes inégalités de la vie. Du Pape au serf, du trône pontifical au sillon , la Mort visite en gambadant les mille étages de la Babel humaine. Elle n'affecte pas l'air tragique ; c'est en bouffonnant qu'elle invite les hommes à sa ronde. Mais elle redouble d'ironie méchante lorsqu'elle aborde les grands de la terre : alors son lîcanement devient goguenard et presque féroce. Regardez bien : à travers ce masque décharné, OQ entrevoit une tête plébéienne. Le faible se venge da fort en l'assignant au cercueil ; Topprimé enterre vivant l'oppresseur. — Qu'est-ce que la Danse macabre ? La Jacquerie de l'étenrité.

C'est par le Pape que la Mort commence ; elle le prend à l'élévation de sa glbire, au momeat où l'empereur d'Allemagne, le César, l'Auguste, le porte-glaive de Dieu, rampe à ses pieds et baise sa pantoufle. — Non tibi, sed PetrOy senîble dire l'empereur humilié, comme fit son aïeul, Frédéric, lorsque dans la basilique de Saint-Marc il baisa le pied d'Alexandre III. Mais, comme son prédécesseur, le Pape répondrait sans doute : Et PetrOy et mihil Quel transport d'orgueil doit le saisir à ce faîte des gran-

deurs terrestres, lui pauvre moine, qui nagu être portait le bissac , et ramenùt au coût de la quête chargé de sportules! Comm oublier la grave admonition que lui donni de son avènement, le prêtre qui, soufflant c une torche d'étoupes, chanta par trois foi SancUf tic transit gînria mundi! La Mort souvenir; elle soulève la pourpre du dai frappe brusqueraentrépaule... Les cardina] partent déj& pour le conclave.

Plus familière encore avec l'Empereur, saute à caHfourchon sur ses épaules et lui sa couronne, four arriver au Roi, elle st en échansoD, et verse dans son gobelet d'c de l'étrier du grand voyage. Puis elle \ Reine, au Car<linal, à l'Évèque, au Prince pire. — Quand il arrive à l'Abbé, le spectr bouffon , et un gros rire luthérien dis mâchoire. L'Abbé est un moine obèse, i proéminent, au triple menton. La Uort V: de sa mitre, et, le tibia tendu, la tète à la sa crosse abbatiale sur l'épaule, elle le tire ] de son froc avec de grotesques efforts.

Le Chanoine, dans une image plus ancii un beau contraste à cette caricature me C'est un digne vieillard aux traits austère ment assis dans sa stalle. 11 tient à deux brévîûre que sa vie s'est usée à lire. La 1^ proche de lui sur la pointe du pied; et

balances, fait reodre gorge au sac goi du pauvre, et, de sa toile, fait à l'usi Dans le nombre des invités à la Dan résistent, et qu'il faut entraîner di Chevalier, bardé et empanaché commi bataille, que la^ Mort dépouille pièc lourde armure. — Tel encore ce Cj contre elle sa. lourde épée à deux n:

spectre moqueur riposte en dégtû ment.

D'autres, au contraire, parmi ce:

Mort, lui font un accueil cordial ou in dite en haut, elle est, en bas, bien appelée N'est-elle pas la consolatric labiés et l'espérance des désespérés donnent à Varna, leur Dieu de la mor l'un effrayant et redoutable, l'autre doux. -~ Le Laboureur traloe dans 1 maigre attelage : la Mort lui app:

en valet de ferme, un fouet à la mai s'effarent; mais le vieux paysan n'est Sa grosse tète obscure et ridée comi fend sa charrue, n'exprime qu'une ré ■■ Qolente. 11 est las des soleils, il se co sépulcre comme il se couchait à midi la tête sur une pierre. Qu'il est toucl colique quatrain inscrit au bas de la 1

A la sueur de Ion visaige Tu gagneras ta pauvre vie.

Après loo{ Voicy la n

Elle n'est pas moi qui chemiDe vers la ville, ployé ea deux par sa lourde baXle. 11 a la sueur au front et Iç soufSe aux dents; il rappelle ces patients du Dante, qui rampent soiu d'énormes pierres dans les sentiers du Purgatoire, s'arrêtent çà et là, respirent longuement et murmurent d'une voix si basse que le poète les entend à peine : Pià non postal « Je n'en puis plus! » — Pas de borne où déposer son fardeau, pas de Cyrénéen pour le porter à sa place. Mais la Mort survient, charitable et compatissante; le rictus de sa bouche grimace un vague sourire de bonté. Elle défait doucement les dures courroies de la besace du pauvre homme, et lui adresse ce miséricordieux appel :

Venez, et après moi marchez, Tous qui âtes par trop chargés, C'est assez suivi les marchés, Vous serez par moi déchargés.

Le Fou, non plus, ne crùnt pas la Mort. Elle lui a pris sa marotte et sa cornemuse, et elle l'emmène avec de grotesques gambades. Le boufibn lui reod grimace pour grimace, et part, en pirouettant, arec elle. Qu'importe à cet homme de farce et de joieî H n'a pas vécu, il a passé sur la vie, fantastique et superficiel comme l'Ombre chinoise. Qu'y a-t-il de chauR* dans sa destinée? Lorsqu'il gtt à terre entre les

fleurs flétries et les flambeaux étein:

' le masque ne cesse ni de grimacer ou vivant, nul ne le prend au Hamiet, au cimetière, ramassera par le vent d'automne, ce sera encore de mélancoliques facéties.

C'est dans une chaumière que la B

l'Enfant ; elle l'arrache du coin de 1

feu clair, et l'emmène par la pi

l'obscurité. Le pauvre petit appelle

mère qui se tord les bras. — a C

. dire, avec une naïveté poignante,

mand,» 0 Mort! comment dois-ji

« Tu veux que je danse, et je ne

« encore. »

ta procession funèbre se termii

I par l'Enfant, mais le peintre de h

'. de Bâle y a ajouté un saisissant i

\ représenté lui-même, dans le cimet

le clottre, accosté par laMort, au ra<

le dernier coup de brosse à ses fre.

. a Hug Klauber, lui dit-elle, laisse 1

' Hans Hug Klauber ! lass mohlen Si

Et le vieux peintre se lève pour e ; dans la ronde funèbre qu'il vient d'

Telle est, dans son rapide abrégé, cette conception étrange, qui, sous la forme du spectacle, du tableau, de la peinture ou du livre, fascina le Moyen-Age pendant plus d'un siècle. On peut dire qu'à cette époque la Mort fut littéralement à la mode ; tous les esprits la méditaient, tous les cœurs battaient à son approche si fréquente. Chacun rêvait d'elle, comme l'amant rêve à sa maîtresse, lorsque l'heure du rendez-vous s'avance, et que d'une minute à l'autre elle peut arriver... — N'est-ce pas elle qui monte l'escalier? N'avez-vous pas entendu frémir les plis de sa robe ? — N'entendez-vous pas claquer ses ossements et siffler sa faux 7 — Ses artistes la peignent avec une sorte d'amour ; ils s'ingénient à varier son crâne immobile ; ils lui prêtent des jeux de physionomie aussi expressifs et aussi nuancés que ceux du visage; ils font parodier toutes les attitudes du corps vivant à sa frêle charpente ; ils lui donnent tous les âges, tous les sexes, tous les caractères. — Ici, la Mort est vieille : sa tête branle , ses fémurs chancellent ; là, elle roidit des biceps d'athlète : son torse vide ressemble à un antre d'où le lion est sorti. Ailleuris, elle affecte les allures folâtres de la jeunesse : vous diriez le svelte squelette d'une danseuse ou d'un écolier.

DE LA UORT.

A travers ces jeux de la forme persis domînaDte : celle de la frateroité humai vant avec effroi entre les bras de l'in; truction.

Il y a trente ans, Grandville entrepril Danse Macabre à l'usage du xiz* siècle un squelette déguisé en groom, en avot macien, en garde national, parcourii visiter les maisons du Paris moderne, manquait à cette parodie des austèn vieux temps. La Mort, dans les froides de Grandville, prend la forme pros^que spectre bureaucrate qui gère le cimetièi arrondissement silencieux.

En dehors de la Danse Macabre, c toujours sous l'eCigie d'un squelette qu montre dans les allégories de la poésie Tantôt elle s'habille en chasseresse et curée humaine, le cor à la bouche et 1 le poing. Tantôt elle parade aux obsët] appuyée sur une grande lance et ceint ronne du roi mort. Pétrarque la promèn de triomphe des anciens Césars ; Albert à cheval, une horloge de sable à la mi un cavalier pensif qui s'enfonce dans un

bra fia

<der

haïque de Charon , l'ancien batelier des nme le Génie étrusque, Charon emmène : âmes des trépassés, a II fait aller les is devant et les vieillards derrière, — et !3 petits enfants rangés de file sur sa ,63 vieillards le prient, et les jeunes gens !nt : — H 0 Charon I fais halte près de tllage , au bord de quelque Fraîche foules vieillards boiront, les jeunes gens u disque, et les tout petits enfants cueilfleurs. Ji — « Je ne fais halte près d'aue, au bord d'aucune fraîche fontaine : — ( qui viendraient puiser de l'eau reconleurs enfants ; — les maris et les femmes dtraient, et il ne serait plus possible de ir. u — Dans un autre chant, l'agonie rappé à la fleur de l'âge prend la forme un combat d'athlètes. Charon l'attend na I montagne. — « D'où viens-tu, sve i X cheveux nattés ï — Je vais cbercl

V DE LA HORT. 331

n du pain et m'en retourner aussitdt, — Et moi, u berger. Dieu m'envoie chercher ton Il âme ! je ne la livre pas ainsi : je ne a ni malade. Viens, luttons ensemble « de marbre. Si je suis vfùncu, ô Ghai « dras mon âme; si je suis viûnqueur, « va-t'en à ton plusir. n — Us allère « depuis le matin jusqu'à midi. — Mai « du goûter, Charon terrassa le berg contraste entre cette lutte résolue d'v reux contre le Trépas, et les jérémiades les patients de la Danse Macabre répoi tation de la Mort I Plus de brouillards , chemars , plus de faotasmagories grim lumineux de la Grèce dissipe les vision un combattimt qui tue et non un fantôn En touchant le sol de la Grèce, elle rec et naturelle comme ses anciens Dieux.

L'Orient fataliste ne fait pas non ph Mort; son calme imperturbable ne se devant elle. Les cimetières musubnanE dins délicieux ; les promeneurs s'ass tombes comme sur des divans, et font de café aux ossements blanchis qui joi louses. La Mort musulmane s'appelle A:

de ces anges impassibles du Coran qi pour les Muets du Sérail divin. On U lorsque la peste menace une ville, erre et par les bazars, et marquer du bout

^arda fixement un homme assis sur les ion trône. Cet homme demanda quel jant mystérieux dont le regard l'avait Salomoo lui apprit que c'était l'Ange L'homme effrayé pria le roi d'ordonde l'emporter dans l'Inde, ce qui fut Alors l'Ange dit à Saloraon : o Voici regardé cet homme avec attention : j'fû prendre son âme dans l'Inde, et j'étais rencontrer en Judée. »

ai, la Mort a déposé sa faux, son sablier, 1, ses ailes d'ange ou d'oiseau de proie, buts poétiques et terribles dont l'av^t ination. La science a étudié son oeuvre, i vu que le phénomène d'un organisme fûncu après une lutte de quelques ans réactions chimiques qui tendent à le it à le dissoudre. La Mort ne vient plus ttaquer et renverser l'homme, elle naît i surgit de sa propre essence. Ce squale Moyen-Age la personnifiait, c'est celui ise et l'armature de notre être, et qui, porté quelques jours son vêtement de ganes, ne tend plus qu'à l'user d'abord, le rejeter. Destituée de sa mission surépouillée de l'individualité fantastique

dont la foi l'avait revêtue, sinistre d'une loi naturelle, nom que la science lui cou la vie dont elle est l'indis rible Spectre auquel l'hom et ses haines était moins c sphinx vague, abstr^t, in jature, soumis au flus de i de ses destructions, et, seli riable, rejetant les êtres engloutissant dans la nuit.

« Il était une le caporal Trim à:

— Et c'est tout !

et ne ÛDÏt pas. ] dans ce vague e fois un peuple Zigeuner, Gipsîe Les historiens de; plus long que le cette peuplade e?

que celle de ce I mots sanscrits que arrachés à tous i reconnu leur mys lages rapportés <

oche y entent

Comment l'Ii

tribu nomac séculaire? D' seule idole, ui ital où les di . Le sphinx ir

Il vous regai

; il bredouille au lieu de répondre :

Egypte. » Gela ne regarde pas les gor-

cd la stupeur de l'Europe chrétienne, lorsqu'elle vit surgir sur tous les pomts ire ces hordes baroques qui semblaient e autre planète. Les chroniqueurs se peignant leurs ramas d'hommes noirs, laciers et de fauves sibylles. Ils allaient mdes ou gros bataillons, flanqués de îse, précédés de Comtes en loques et de lies, chevauchant des rosses apocalypnt aux portes des villes, sous des tentes sur des chariots qu'on eût dit revenus e de Sennachérib. Ici, ils se dissent ir le pape à courir le monde, en péni- ^ostasie. Là, c'ét^t Dieu lui-même qui vagabondage, pour les punii- d'avoir talité à la Sainte Famille fuyant en uce orientale mystifia la candeur goyen-Age crut à ces bateleurs grimés en

lénitents et en pèlerins ; il leur délivra d< les saafs-cooduits, des viatiques, il leu ioute sorte de privilèges bizarres et naïfs. Ci ;a race intruse l'envaliissait en sourdi lèpre orientale gagnait la chrétienté lou Tout à l'heure ce n'était qu'un point no steppes de la Valachie, bientôt l'Europe to fut tachée de leurs bivouacs suspects et so Il serait plus facile de décrire l'itinéraire ou des sauterelles, que de suivre les traci invasion. Le mystère inhérent à ce peupli enveloppe ses étemels voyages. Le vent efl preinte de ses pieds. Là où ils étaient cent mille, lis se reproduisent avec l'effroyable des insectes. L'Espagne se réveilla, un jour de cette vermine, comme le Pouilleux de so Ils envoyèrent en Angleterre une armée ti^versa la mer, invisible, comme ces coloni que débarque un navire venu de mille lieu qu'il ût relevé l'ancre, le pays en est subm passagers n'ont rien vu et rien entendu,, un petit bruit sourd à fond de cale.

Tels ils étalent, tels ils sont encore. A tnùts de leur premier type ne s'est allé retrouvez djjis les chûrières de l'Ecosse e cactus de l'Andalousie ces hommes basané crochu, aux yeux striés de bile, aux chevc comme des touCTes de crin, qui effrayaient chroniqueurs. Gallot signerût, pour copie <

les fastueux haillons qui les drapent; il recoi trait leurs charrettes héroï-comiques encombrées poêlons et de cymbales, d'oripeaux et de voL de mégères et de jolies filles, qu'escortent grayenM des truands harnachés et des enfants coiffés de mj mites. C'est toujours le même peuple errant, feu ni lieu, sans culte ni code, épars et identique lui-même sur tous les sentiers du monde où il «es noires caravanes. Il a gardé sa paresse rêvei son indépendance égoïste, son ignorance du bien du mal, sa rébellion tenace aux lois du travail et la contrainte. Immoral et poétique comme la Natai il ne réclame des civilisations qu'il traverse que droit d'asile dans son vaste temple. Aux autres villes policées, les maisons solides, le foyer quifondt le champ qui enracine, la sécurité du bien-être, It travaux de l'intelligence. Au Bohême les forèl touffues, les sierras pierreuses, les arches de poni écroulés, la tente qu'on roule chaque matin autoa du bâton de voyage ; la marmite immonde où cuisend à défaut d'autre proie, le hérisson et la taupe. A loi les licences et les hasards de la vie instinctive qui n'obéit qu'aux aiguillons de la chair et qu'aux iiH fluences de la lune.

Ses larcins ressemblent aux rapts des animaux car^j nassiers. Il vole au jour le jour, sans arriëre-pensétt de prévoyance ou d'épargne. Il s'adjuge le droit du loup sur le haras, du milan sur la basse-cour, du! reptile sucJes bestiaux qu'il empoisonne avec des

LES Bohémiens. 339

Venins rapportés des jungles, et dont il va le lendemain mendier les cadavres. De tous les exercices du travail, il ne cultive que la parodie. Montrer des ours, tondre des mules, jouer des gobelets, - aventure, c'est avec cette monnaie gagne et paye l'écJt de sa vie. 11 se dans les ruses et dans les prestiges t ' nage. Un jour de foire est pour lui ce sabbat est pour un sorcier. Eotre ses gleur. Rossinante devient robuste com ' Le squelette fourbu qui, la veille, tra î~ boiteux, le séton au cou, se métamor i sier fringant qui fume et trépigne. L I vidé sa bourse pour l'acquérir; il ■ l'éperonne... En un temps de galop !■ cryphe se dessèche entre ses genou:

\ point fond comme de la neige au sol< '^ posUche reste dans la main du rustre 1 ^ quefois encore, le Bohême se fait i i c'est en virtuose qu'il bat son enclum' ' soufflet lui rappelle le vent soufflant di * le cliquetis du marteau réjouit son ore

mobile s'envole ets' ébat parmi lesétinc

« une centaine de délicieuses filles, eU( I u roses, empourprées, et, dans le 1

a expirent après avoir dessiné les rt

« gracieuses. » C'est un couplet de

bëme.

Ainsi des métiers ; quant aux arts, i

uqu de

erè;

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