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sent par leur magique clairvoyance, dans des babouches éculées des pieds s'appuyer sur un socle ; elle étale cette compacte et solide par laquelle on liait a , captives au char du vainqueur. Le clinq cette fille du hasard et de la fiction, vivant , elle s'harmonise avec tous les me la toilette et de la parure. Son corps viva tille à ravir dans les étolTes rayées et vo verroteries, les amulettes, les sachets, fausses, les b£Ùes rouges, les monmùt voilà les écailles qui font reluire ce serpei vais goût convient aux idoles, — « S'il a fille, — dit un des livres sacrés de « donne-lui un nom sonore , abondant e « et qui soit doux aux lèvres de l'homme. : miennes n'ont pas oublié cette recommai vieux brames. Elles s'appellent Morellf Preciosa, Meridiana, Agrifiina, Orlanda : à fleurs ou d'étoiles. Leur rôle dans la tril du miroir dans la chasse aux alouettf l'étranger, allécher le chaland, fasciner attirer, avec leurs yeux fumantes, les ba^ doigts et les sequins de sa bourse, te tâche dont elles s'acquittent avec un sa Sirènes. Ce n'est pas un des moindres my Bohême que la chasteté de ses femmes, ai feux et des épices d'une coquetterie inff Juan a déroulé des noms de toutes les co
auche, i l'en rouverez pas lipsies, à laqi l'Angleterre, une créole s
lées du C^re les de Moscou , et font le c is. C'est une i Stes. Elles y i I danses qui s aride. L'air s i; leurs yeux 3 voluptés eni is la salle , le , on lance dei \... elles, res lansant au fo iS avoir allun la sortie de c la plùne, ' n noirsalUni le. .11 y a de l mse : on dii usent à irrite r costume f ce. C'est uQ(
d'étoffe rouge découpés en cœurs : c< cœurs transpercés, cœurs pris comme au vol dç la danse, brûlés au feu de ce et splendides, et piqués sur la jupe bri & séduits avec les épingles de Yenvoûl< ennemis esposés sur la basquine las des tètes de giaours entre les créneai écrin de cœurs massacrés étalé su cruelle qui s'en pare, comme la pantbè de sa robe 1
Cette fidélité aux hommes de leur n d'iûlleurs une vertu qu'un instinct du pris les préserve et non la pudeur. Ces m^ que n'attendrirait pas une pluie d'or, vei ' une gainée l'honneur d'une jeune fille. Bohême qu'on rencontre des vierges en : Ces hermines excellent à vanter la fai ^ duire au bourbier.
i La beauté chez les Bohémiennes res
' comme un météore. Elles vieillissent viti
i les dévore. Tout en elles est extrême;
entre la Péri et le monstre. Qui a renci
chemin une de ces vieilles horrifique;
' médusé. Le soleil les brûle, la pluie '.
vent les tanne, l'âge les déforme et les(
Leur visage n'est plus qu'un fouillis d
creusent âprement à la lumière du cie
les yeux ont gardé leur éclat sidéral ;
[ue y remplace la flamme voli
royaume en plein vent de la danse ailée, elles d cendent dans l'empire mystique des ténèbres; el ne font que changer de trône. Que d'incrédules oi convaincus les oracles que grommellent ces bouch sépulcrales! Que de cœurs ont percés à jour prunelles de braise qui lisent dans la nuit! Q d'hommes, arrivés le sourire aux lèvres, sont sorû de leur antre rêvant comme Macbeth après l'apparition des Sorcières!
On a déchiffré les hiéroglyphes de l'Egypte et le$ signes cunéiformes de Ninive ; personne encore n'a deviné l'énigme de cette race vivante et présente. Est-ce au philosophe, est-ce au naturaliste, qu'il appartient d'analyser son âme dépourvue, en apparence, de toutes les facultés de la réflexion et du sens moral? Peuple sans tradition, composé d'individus sans mémoire ! Quel miracle a conservé cette agglomération de molécules si mobiles ? Il n'a pas d'histoire : arrivé au milieu de nous dans un nuage de contes, il s'est habitué à y vivre, et il en a st bien épaissi les ombres, qu'il ne pourrait aujourd'hui distinguer sa réalité de sa fable. Aucun souvenir d'une ère primitive, aucune nostalgie d'un pays natal. On dirait qu'au premier jour de son Exode, il a traversé à la nage le Fleuve de l'oubli. Il n'a pas de Dieu: sa religion est celle des cigognes qui perchent indifféremment, suivant la saison, sur la corniche des cathédrales et sur le balcon des pagodes. Catholique en Espagne, protestant en Angleterre, m'^ho-
nëtan en Asie, it passe du temple & 1i a circoncision au baptême, avec une :
insouciance. Le peuple dit, en Valacbie u des Bohémiens ayant été construit»
« chiens l'ont mangée. » Leur athéisme pie; ils nenientpas, ils n'affirment pas, t fugace se dérobe aux entraves du d leur corps agile aui liens de l'existâni ils ne croient qu'à la Nature, ils n'a< Fatalité qui régit leur vague existence race a été observé et constaté de tout mant des Beaux raconte que la Reine che mit au couvent, pour la convertir, i eeuse bohémienne, appelée Liance, qi la cour de Louis XIH. « Elle pensa ffûn le monde, dit-il, car elle se mettait qu'on parlfût d'orùson. »
Comment le Bohême s'élèverait-il à à peine a-t-il conscience de son être, naît pas plus lui-môme que l'oiseau ne naturelle. Chaque nuiteCTace pour lui li rie la veille; chaque matin il s'éveille s ie papillon s'élance de sa larve. Intern vie passée, il s'embrouille, il balbutit conte des fragments de rêves... — Bo un propos de vieux Gitano qui jette ur sur l'intérieur de ces tètes obscures.
a viens, — lui dit son guide Antoni' a enfant, je me mis un jour à battre
qui s'en approche y entend bruire Técho de la mer des Indes. — Gomment Tlnt^î immobile a-t-elle engendré cette tribu nomade? Quel crime expie sa proscription séculaire ? D'où vient qu'elle n'a pas emporté une seule idole, un seul fétiche, un seul rite de ce pays natal où les dieux pullulent ? Questions sans réponses. Le sphinx interrogé ne dit pas le mot de l'énigme. Il vous regarde avec son perfide et triste sourire ; il bredouille au lieu de répondre : « Affaires d'Egypte. » Cela ne regarde pas les gorgios.
On comprend la stupeur de l'Europe chrétienne, au XV* siècle, lorsqu'elle vit surgir sur tous les points de son territoire ces hordes baroques qui semblaient tombées d'une autre planète. Les chroniqueurs se signent en dépeignant leurs ramas d'hommes noirs, d'enfants grimaciers et de fauves sibylles. Ils allaient par petites bandes ou gros bataillons, flanqués de chiens de chasse, précédés de Comtes en loques et de Ducs en guenilles, chevauchant des rosses apocalyptiques, campant aux portes des villes, sous des tentes immondes ou sur des chariots qu'on eût dit revenus de la déroute de Sennachérib. Ici, ils se disaient condamnés par le pape à courir le monde, en pénitence d'une apostasie. Là, c'était Dieu lui-même qui les vouait au vagabondage, pour les punir d'avoir refusé l'hospitalité à la Sainte Famille fuyant en Egypte. L'astuce orientale mystifia la candeur gothique. Le Moyen-Age crut à ces bateleurs grimés ec
lénitents et eo pèlerins; il leur déli les saufs-conduits, des viatiques, oute sorte de privilèges bizarres et ni a race intruse l'envabissait en ëpre orientale gagnait la chrétien] [out à l'heure ce n'était qu'un poi ileppes de la Valachie, bientôt l'Ëun ut tachée de leurs bivouacs suspectt Il serait plus facile de décrire l'itin )u des sauterelles, que de suivre le invasion. Le mystère inhérent à ce BDveloppe ses étemels voyages. Le v prmte de ses pieds. Là où ils étaiei mille. Ils se reproduisent avec l'efifrt desinsectes. L'Espagne se réveilla, u de cette vermine, comme le Pouilleia Us envoyèrent en Angleterre une itraversa la mer, invisible, comme ces que débarque un navire venu de mil qu'il iût relevé l'ancre, le pays en esi passagers n'ont rien vu et rien ent QD petit bruit sourd à fond de cale.
Tels ils étaient, tels ils sont enc tTEÛts de leur premier type ne s'e relrouveî d;^s lesclMrières de l'Éc cactus de l'Andalousie ces hommes crochu, aux yeux striés de bile, auj Comme des touffes de crin, qui effrt chroniqueurs. Callot àgnereùt, pour
A travers ces jeux de la forme pen dominante : celle de la fraternité hun Tant avec eOiroi entre les bras de 1' tructioo.
II y a trente ans, Grandville eatre[ Danse Macabre k l'usage du xn' sièc un squelette déguisé en groom, en a' macien, en garde national, parcou visiter les maisons du Paris moder:
manquait à cette parodie des austi vieux temps. La Mort, dans les froidi de Grandville, prend la forme prosaîq spectre bureaucrate qui gère le ciraei arrondissement silencieux.
En dehors de la Dame Macabre, toujours sous l'effigie d'un squelette montre dans les allégories de la po^ Tantôt elle s'habille en chassere^e curée humaine, le cor à la bouche i le poing. Tantôt elle parade aux ob appuyée sur une grande lance et ce roone du roi mort. Pétrarque la pron de triomphe des anciens Césars ; Albt à cheval , une horloge de sable à !a un cavalier pensif qui s'enfonce dans
breuse. Rembrandt l'évoque d'une fosse entr'ouverte, devant deux fiancés en habits de fête. Les sculpteurs de la Renaissance lui font ouvrir avec ue^ fracas théâtral la porte des mausolées.
Çà et là, cependant, l'imagination humaine prête à la Mort des traits moins hideux et moins répulâfe. La Grèce moderne a gardé l'antipathie qu'inspirait au génie hellène Timage physique de la destruction. Ses Chants populaires représentent la Mort soiis la figure archaïque de Gharon , l'ancien batelier des Ombres. Gomme le Génie étrusque , Gharon emmène à cheval les âmes des trépassés. « Il fait aller les « jeunes gens devant et les vieillards derrière, — et <( les tendres petits enfants rangés de file sur sa <( selle. — Les vieillards le prient, et les jeunes gens a le supplient : — a 0 Gharon ! fais halte près de <( quelque village , au bord de quelque fraîche fon- « taine : — les vieillards boiront, les jeunes gens a joueront au disque, et les tout petits enfants cueille leront des fleurs. » — « Je ne faià halte près d*au- « cun village, au bord d'aucune fraîche fontaine : — « Les mères qui viendraient puiser de l'eau recon- <( naîtraient leurs enfants ; — les maris et les femmes <c se reconnaîtraient, et il ne serait plus possible de « les séparer. » — Dans un autre chant, 1" agonie d'un pâtre frappé à la fleur de Tâge prend la forme plastique d'un combat d'athlètes. Gharon l'attend au défilé d'une montagne. — «D'où viens-tu, svelte it berger aux cheveux nattés? — Je vais chercher