‹ Hommes et dieux (volume 2)Chapitre 29 sur 42 · DE LA. U · texte numérisé non relu

DE LA. U

dont la foi l'avait revêtue, la sinistre d'une loi naturelle. 1 nom que la science lui contf la vie dont elle est l'indispt rible Spectre auquel l'homn et ses haines était moins rS sphinx vague, abstrait, ioip aature, soumis au flux de se de ses destructions, et, seloE riable, rejetant les êtres t engloutissant dans la nuit.

ïvn.

« 11 était une fois un certai le caporal Trim àroncle Toby d — Et c'est tout; l'histoire cou et ne finit pas. L'histoire de dans ce vague exorde de cou fois un peuple appelé Bonu Zigeuner, Gipsies, Gitanos, É$ Les historiens des grands chen plus long que le caporal. Lo cette peuplade excentrique esl que celle de ce Tiil d'où ils pi mots sanscrits que leur argot roi arrachés à tous les patois de reconnu leur mystérieuse origi iages rapportés de Bombay o

he y ente ommeot ] ■ibu nom culaire ?

lie idole, 1 où les Le sphinx vous re^ il bredou 'pte. 1) C(

1 la stupe rsqu'elle ' j ces horc autre pla âgnant le ciers et d(

■s, chevau aux porte ir des cha de Senna le pape à stasie. Là agabonda Uté à la e orienta!

n-Age en

LES BOHËUIENS.

lénitenta et en pèlerins; il leur délivra ^s saafs-conduits , des viatiques, il I oute sorte de privilèges bizarres et naïfs a race intruse l'envahissml en sou Ëpre orientale gagnait la chrétienté l [out à l'heure ce n'était qu'un point [teppes de la Valachie, bientôt l'Europe Ql tachée de leurs bivouacs suspects et Il serait plus facile de décrire l'itinérai )n des sauterelles, que de suivre les ti masion. Le mystère inhérent à ce pei inveloppe ses étemels voyages. Le vent preinte de ses pieds. Là où ils étaient ci mille. Us se reproduisent avec l'eCTroyà des insectes. L'Espagne se réveilla, un j( de cette vermine, comme le Pouilleux de Ds envoyèrent en Angleterre une am .traversa la mer, invisible, comme ces col que débarque un navire venu de mille 1 qu'il ait relevé l'ancre, le paya en est su passagers n'ont rien vu et rien entend in petit bruit sourd à fond de cale.

Tels ils étaient , tels ils sont encore traits de leur premier type ne s'est î retrouvez dîjis les clairières de l'Écosst cactus de l'Andalousie ces hommes bas.

crochu, aux yeux striés de bile, aux ch comme des touOes de crin, qui effrayai chroniqueurs. Callot signeriût, pour cop

338 ^ tES BOHÉMIENS,

les fastueux haillons qui ^es drapent ; il recoi trait leurs charrettes héroï-comiques encombrée» i poêlons et de cymbales, d'oripeaux et de voli de mégères et de jolies filles, qu'escortent gravei des truands harnachés et des enfants coiffés de ms mites. C'est toujours le même peuple errant, feu ni lieu, sans culte ni code, épars et identique | lui-même sur tous les sentiers du monde où il ises noires caravanes. Il a gardé sa paresse rêv< son indépendance égoïste, son ignorance du bien du mal, sa rébellion tenace aux lois du travail et la contrainte. Immoral et poétique comme la Natui il ne réclame des civilisations qu'il traverse que droit d'asile dans son vaste temple. Aux autres villes policées, les maisons solides, le foyer qui fon< le champ qui enracine, la sécurité du bien-être, h travaux de l'intelligence. Au Bohême les foi touffues, les sierras pierreuses, les arches de poi écroulés, la tente qu'on roule chaque matin autoi du bâton de voyage ; la marmite immonde où cuisenl à défaut d'autre proie, le hérisson et la taupe. A \\ les licences et les hasards de la vie instinctive qa n'obéit qu'aux aiguillons de la chair et qu'aux iiH fluences de la lune.

Ses larcins ressemblent aux rapts des animaux car" nassiers. Il vole au jour le jour, sans arrière-pensée de prévoyance ou d'épargne. Il s'adjuge le droit du, loup sur le haras, du milan sur la basse-cour, du reptile suivies bestiaux qu'il empoisonne avec iesj

LES fiOHÉMIEMS.

eniDs rapportés des jungles, et dont lain mendier les cadavres. De tous It ravfûl, il ne cultive que la parodie. Mo àadre des mules, jouer des gobelets, Iwenture, c'est avec ceite monnaie )p§ae et paye Vérjt de sa vie. H se tdans les ruses et dans les presdges c nage. Un jour de foire est pour lui ce sabbat est pour un sorcier. Entre ses gleur, Rossinante devient robuste com Le squelette fourbu qui, la veille, tra boiteux, le séton au cou, se métamor:

sier fringant qui fume et trépigne. I vidé sa bourse pour l'acquérir; il !

l'éperonne. . . En un temps de galop cryphe se dessèche entre ses genoui point fond comme de la neige au soh posdche reste dans la main du rustre < quefois encore, le Bohême se fait i c'est en virtuose qu'il bat son enclumi soufflet lui rappelle le vent soufQant di le cliquetis du marteau réjouit son ore mobile s'envole et s'ébat parmi les étinc « une cen taine de délicieuses filles, ellf «roses, empourprées, et, dans le i « expirent après avoir dessiné les n " gracieuses. » C'est un couplet d( liëme.

Ainsi des métiers ; quant aux arts, '.

3i0 LES BOHÉMIENS.

^ qu'un, la musique. Cet art fluide où la pensée flo est Télément de son âme ; il s'y plonge, il y naj il ne se confie qu'à lui seul. Un Bohême ne qu'avec son violon. Là encore il revendique son ind pendance. La musique bohème est une /iï sonore : pas de règles, aucune discipline. Les rhythm bondissent, les notes s'éparpillent, la mélodie àpei apparue s'évade en zigzags dans les dédales de fioriture ; le sanglot finit en éclat de rire, l'andaute qui se traînait languissamment sur les cordes, pre le galop d'une strette enragée. Mais ce sont des traii à emporter l'âme, des arabesques d'une rich féerique, des phrases qui pleurent, comme si d voix de femmes se lamentaient entre les plancbet couleur d'or de l'instrument enchanté, des passages d'une soudaineté enthousiaste, qui tantôt enlèrefli l'imagination en plein ciel et tantôt l'enfoncent dans les entrailles de la terre. — Je me souviens d'avoir entendu la Marche de Rakocy par un virtuose formé à leur école. L'air, attaqué avec un éclat fulgurant, se perdait en imperceptibles rumeurs... Tout à l'heure, c'était le hourrah d'un escadron chargeant l'épée haute, .r maintenant on eût dit le chant de guerre d'une armée d'insectes.

La grande poésie de la Bohême , c'est la Bohémienne. Lorsqu'elle est belle, sa beauté est un enchantement. Son teint cuit au soleil a la savear de ces fruits qui sollicitent la morsure ; ses yeux féfe où jamais ne passe une lueur de tendresse, fasci-

Dent par leur magique clairvoyaoci dans des babouches éculées des pi s'appuyer sur un socle ; elle étale c compacte et solide par laquelle on lia captives au char du vûnqueur. Le cl cette fille du hasard et de la ficti vivant , elle s'harmonise avec tous les la toilette et de la parare. Son corps ' tille k ravir dans les étoffes rayées el 'verroteries, les amulettes, les sach< fausses, les baies rouges, les moni voilà les écailles qui font reluire ce set vais goût convient aux idoles. — « S « fdle, — dit un des livres sacrés u donne-lui un nom sonore, abondai a et qui soit doux aux lèvres de l'homn miennes n'ont pas oublié cette recoin:

vieux brames. Elles s'appellent Mor Preciosa, Meridiana, Agriffîna, Orlanda fleurs ou d'étoiles. Leur rôle dans la du miroir dans la chasse aux alou l'étranger, allécher le chaland, fascii attirer, avec leurs yeux aimantés, les . doigts et les sequios de sa bourse, tâche dont elles s'acquittent avec un Sirènes. Ce n'est pas un des moindres Bohême que la chasteté de ses femmes feux et des épiées d'une coquetterie Juan a déroulé des noms de toutes le:

y trouverei les Gipsies, i d d'Angletf a d'une cré

Aimées du I iennes de M( nlle, et fon oines. C'est ;s fêtes. Elli

des danses .utharide. L' [>bes; leurs t des volupti

dans la sali jeat, on lani ieds... elles is dansaot iprès avoir t à la sortie laas la plfû re un uoir s (table. Il Y a : danse : o 'amusent à Leur costui féroce. Ces

d'étoffe rouge découpés en cœurs : cœ cœurs transpercés, cœurs pris comme d aa vo! dç la danse, brûlés au feu de ces et splendides, et piqués sur la jiipe brill & séduits avec les épingles deVenvoûtet fcnneoiis exposés sur la basquine lasci 'des têtes de giaours entre les créneau! écrin de CfBurs massacrés étalé sur cruelle qui s'en pare, comme la panthèr ' de sa robe !

Cette fidélité aux hommes de leur rac "d'ailleurs une vertu qu'un instinct du s:

■ pris les préserve et non la pudeur. Ces môi 'que n'attendrirait pas une pluie d'or, veni ; une guinée l'honneur d'une jeune fiUe. I 'Bohême qu'on rencontre des vierges enti i Ces hermines excellent à vanter la fanf [ diùre au bourbier.

t La beauté chez les Bohémieunes resp!

i comme un météore. Elles vieillissent vite, ( les dévore. Tout en elles est extrême; p entre la Péri et le monstre. Qui a rencoi ; chemin une de ces vieilles horrifiques 1 médusé. Le soleil les brûle, la pluie le i- vent les tanne, l'âge les déforme etlesca [ I*ur vbage n'est plus qu'un fouillis de

■ creusent âprement à la lumière du ciel ! les yeux ont gardé leur éclat sidéral :

phétique y remplace la flamme volu]

royaume en plein vent de la danse ailée , elles d cendent dans Tempire mystique des ténèbres; ell ne font que changer de trône. Que d'incrédules o convaincus les oracles que grommellent ces bouch sépulcrales 1 Que de cœurs ont percés à jour prunelles de braise qui lisent dans la nuit! Q d'hommes, arrivés le sourire aux lèvres, sont so de leur antre rêvant comme Macbeth après l'appari tion des Sorcières!

On a déchiffré les hiéroglyphes de l'Egypte et les signes cunéiformes de Ninive ; personne encore n'a deviné l'énigme de cette race vivante et présente. Est-ce au philosophe, est-ce au naturaliste, qu'il ap-j partient d'analyser son âme dépourvue, en apparence, de toutes les facultés de la réflexion et du! sens moral? Peuple sans tradition, composé d'individus sans mémoire ! Quel miracle a conservé cette agglomération de molécules si mobiles? Il n'a pas d'histoire : arrivé au milieu de nous dans un nuage de contes, il s'est habitué à y vivre, et il en a à bien épaissi les ombres, qu'il ne pourrait aujourd'hui distinguer sa réalité de sa fable. Aucun souvenir d'une ère primitive, aucune nostalgie d'un pays natal. On dirait qu'au premier jour de son Exode, il a | traversé à la nage le Fleuve de l'oubli. 11 n'a pas de Dieu: sa religion est celle des cigognes qui perchent; indifféremment, suivant la saison, sur la corniche des cathédrales et sur le balcon des pagodes. Catholique en Espagne, protestant en Angleterre, maho- '

aétan en Asie, il passe àa temple à h a. circoncision au baptême, avec une i Qsouciance. Le peuple dit, en Valachie. 1 des Bohémiens ayant été construitf I chiens l'ont mangée. » Leur athéisme fje;il3 ne nientpas, ils n'affirment pas, n bigace se dérobe aux entraves du d leur corps agile aux liens de l'existeni ils ne croient qu'à la Nature, ils n'ai Fatidité qui rég^t leur vague existence race a été observé et constaté de tout i œaat des Réaux raconte que la Reine che mit au couvent, pour la convertir, u seuse bohémienne, appelée IJance, qu ila cour de Louis XIII. « Elle pensa fùn le monde, dit-il, car elle se mettait I qu'on parlait d'oraison. »

Comment le Bohôme s'élèverait-il à ■à peine a-t-il conscience de son être. ;nalt pas plus lui-même que l'oiseau ne natarelle. Chaque nuitefface pour lui 1( îe la veille ; chaque matin il s'éveille a le papillon s'élance de sa larve. Intem vie passée, il s'embrouille, il balbutiï wnte des fragments de rêves... — Bo an propos de vieux Gitano qui jette ue sur l'intérieur de ces têtes obscures.

1 viens, — lui dit son guide Antonii " enfant, je me mis un jour à battre

qui s'en approche y entend bruire l'écho de la mer des Indes. — Gomment rinC!(p immobile a-t-elle engendré cette tribu nomade? Quel crime expie sa proscription séculaire ? D'où vient qu'elle n'a pas emporté une seule idole, un seul fétiche, un seul rite de ce pays natal où les dieux pullulent ? Questions sans réponses. Le sphinx interrogé ne dit pas le mot de l'énigme. Il vous regarde avec son perfide et triste sourire ; il bredouille au lieu de répondre : « Affaires d'Egypte. » Gela ne regarde pas les gorgios.

On comprend la stupeur de l'Europe chrétienne, au XV* siècle, lorsqu'elle vit surgir sur tous les points de son territoire ces hordes baroques qui semblaient tombées d'une autre planète. Les chroniqueurs se signent en dépeignant leurs ramas d'hommes noirs, d'enfants grimaciers et de fauves sibylles. Ils allaient par petites bandes ou gros bataillons, flanqués de chiens de chasse, précédés de Comtes en loques et de Ducs en guenilles, chevauchant des rosses apocalyptiques, campant aux portes des villes, sous des tentes immondes ou sur des chariots qu'on eût dit revenus de la déroute de Sennachérib. Ici, ils se disaient condamnés par le pape à courir le monde, en pénitence d'une apostasie. Là, c'était Dieu lui-même qui les vouait au vagabondage, pour les punii- d'avoir refusé l'hospitalité à la Sainte Famille fuyant en Egypte. L'astuce orientale mystifia la candeur gothique. Le Moyen-Age crut à ces bateleurs grimés er

éniteats et en pèlerins; il leur délivra di es saafs-conâuits , des viatiques, il leu ûute sorte de privilèges bizarres et nîufs. Ci i race intruse l'envahissait en sourdi èpre orientale gagnait la chrétienté tou lout à l'heure ce n'était qu'un point no teppes de la Valacbie, bientôt l'Europe to Dt tachée de leurs bivouacs suspects et so Il serait plus facile de décrire l'itinéraire Hi des sauterelles, que de suivre les traci nvasion. Le mystère inhérent à ce peupli fflveloppe ses éternels voyages. Le vent efl preinte de ses pieds. Là où ils étaient cent Biille. Ils se reproduisent avec refTroyable flesinsectes. L'Espagne se réveilla, un jour de cette vermine, comme lePouilleux de so Ds envoyèrent en Angleterre une armée ^versa la mer, invisible, comme ces coloni ^e débarque un navire venu de mille lieu iqu'il ^t relevé l'ancre, le pays en est subm passagers n'ont rien vu et rien entendu,, un petit bruit sourd à. fond de cale.

Tels ils étaient, tels ils sont encore, i traits de leur premier type ne s'est alt^ ■retrouve! djjis les clairières de l'Ecosse e cactus de l'Andalousie ces hommes basant Wochu, aux yeux striés de bile, aux chev( wmme des touffes de crin, qui effrayaient chroniqueurs. Gallot signeriût, pour copie

Telle est, dans son rapide abrégé, cette conception étrange, qui, sous la forme du spectacle, du tableau, de la peinture ou du livre, fascina le Moyen-Age pendant plus d'un siècle. On peut dire qu'à cette époque la Mort fut littéralement à la mode ; tous les esprits la méditaient, tous les cœurs battaient à son approche si fréquente. Chacun rêvait d'elle, comme l'amant rêve à sa maîtresse, lorsque l'heure du rendez-vous s'avance, et que d'une minute à l'autre elle peut arriver... — N'est-ce pas elle qui monte l'escalier? N'avez-vous pas entendu frémir les plis de sa robe? — N'entendez-vous pas claquer ses ossements et siffler sa faux ? — Ses artistes la peignent avec une sorte d'amour ; ils s'ingénient à varier son crâne immobile ; ils lui prêtent des jeux de physionomie aussi expressifs et aussi nuancés que ceux du visage; ils font parodier toutes les attitudes du corps vivant à sa frêle charpente ; ils lui donnent tous les âges, tous les sexes, tous les caractères. — Ici, la Mort est vieille : sa tête branle , ses fémurs chancellent; là, elle roidit des biceps d'athlète : son torse vide ressemble à un antre d'où le lion est sorti. Ailleuris, elle affecte les allures folâtres de la jeunesse : vous diriez le svelte squelette d'une danseuse ou d'un écolier.

DE LA WOBT.

A travers ces jeux de la forme pet (lominaDte : celle de la fraternité hui vant avec efTroi entre les bras de 1 tructîon.

Il y a trente ans, Grandville entre] Danse Macabre à l'usage du xjx' sièi UD squelette déguisé en groom, en a macîeu, en garde national, parcoi visiter les maisons du Paris moder manquait k cette parodie des aust vieux temps. La Mort, dans les froid de Grandville, prend la forme prosak spectre bureaucrate qui gère le cime arrondissement silencieux.

En dehors de la Dame Macabre toujours sous l'effigie d'un squelette montre dans les allégories de la pOf Tantôt elle s'habille en chasseresse curée humaine, le cor à la bouche le poing. Tantôt elle parade aux oh appuyée sur une grande lance et c( ronne du roi mort. Pétrarque la pron de triomphe des anciens Césars ; Albi à cheval , une horloge de sable à la un cavalier pensif qui s'enfonce dans

Noire dont, selon Froissart, « bien la tierce pari (( du monde mourut. » Cette fois, la mesure éi comble; l'extrême terreur se changea en gaiel extrême : le désespoir éclata de rire. La Mort devî la déité de ce monde de sang et de larmes. On comparait à la vie et on la trouvait adorable. Mort{ nihil meliusy vita nihil pejus : « Rien de mieux qfi\ « la mort, rien de pire que la vie. » C'est la devL d'un livre du temps. Ce rire sardonique est le sym] tome des grandes crises.: lorsque la vie se fait troj laide, l'homme n'y tient plus et la répudie. Tant d^ catastrophes avaient ébranlé les nerfs de Thumanil La danse de Saint-Guy fut le galop final de cett orgie de douleurs. Elle commence en 137â sur \i bords du Rhin, et de là se répand, avec une, rapi^ dite électrique, en Hollande, en Flandre, en Francej en Suisse, en Allemagne. Ceux que piquait cet tarentule infernale entraient subitement en danse danse enragée, délirante, agitée par les trembl< ments, couverte de l'écume de l'épilepsie. voyait les danseurs se prendre par la main dai les rues, former de grandes rondes et tourner jus-] qu'à ce qu'ils tombassent raidis de fatigue. Ce fui sans doute l'origine de la Danse Macabre. Comment' ne pas croire que la Mort était là, invisible ménétrier du bal convulsif, aiguillonnant ses bonds, surexcitant ses gambades, lui faisant creuser sa tombe avec ses pieds frénétiques. L'Église, d'ailleurs, avait toujours attaché une idée de damnation aux joies de

ÛE LA »ORT. - «pr.

! danse. Dans les légendes du' temps, la « Danse à Ort » est an des châtimentg infligés par Dieu aux kheurs. La Chronique de Nuremberg rapporte làissus un conte effroyable. — A Darnstedt, près alberstadt, des hommes et des femmes impies insèrent un jour, pendant la messe, autour de église. Ils furent aussitôt condamnés à danser toulurs. Sur-le-champ, ils se mirent en branle et tourloyèrent sans discontinuer. Ce trépignement perpélel finit par user leurs pieds ; alors il leur fallut iter sur les mains. Le sacristain, voyant sa fille lans la ronde, voulut l'en tirer par le bras ; mais le Tas lui resta dans les mains, et k fille damnée, sans donner signe de douleur, continua de danser avec les autres. Enfin, un an après, jour pour jour, ils tombèrent morts dans le gouffre ouvert par le battement de leurs pieds.

Quoi qu'il en soit, à peine créée, la Danse des Morts devint populaire ; elle monta sur les tréteaux, se déroula en longues fresques sur les murs des cloîtres et des cimetières ; elle encadra les livres d'Heures et colora les vitraux : on la retrouve qui serpente jusque sur le fourreau des épées, jusque sur le couvercle des coupes. Au xvi" siècle , Holbein résume avec génie ce cycle funèbre. Ce fut le dernier élan de la Danse des Morts. Sortie de la nuit du Moyen-Age, elle s'arrête au seuil de la Be: e.

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