I. Gœthe, Second Faust, acte
souveraineté. — Récemment encore, ce marchand monte Tescalier de la Bourse de Londres, soa parapluie sous le bras, pensionnait le grand Mogol , dé-] trônait des rajahs, et levait des armées dont les^ j bagages étaient portés à dos d'éléphants. Quelques 'bourgeois penchés sur une carte, dans une sombre salle de Ëast-India-House, s'annexaient des royaumes, et, en une séance, remuaient plus de peuples et de frontières qu'un congrès européen à la fin d'une guerre. De même, ce négociant d'Amsterdam, qui fume sur le seuil de sa noire boutique : en Europe. c'est un épicier; à Java, c'est un nabab, un prince, presque un roi. — Nous parlions tout à l'heure des peintures dérisoires que faisaient de l'homme d'argent les vieux maîtres de l'école flamande : les tableaux et les gravures à l' eau-forte où les artistes hollandais du xvii* siècle représentent à leur manière la parabole des Cinq Talents ou celle du Créancier de l'Évangile nous en donnent le parfait contraste. Quelle différence de style et de point de vue I Quelle imposante image de la richesse laborieuse I — Le banquier, magnifiquement costumé, est assis sur une estrade, dans une royale attitude. Autour de lui, des sacs inclinés épanchent les lingots et les épices de l'Orient : on dirait le Commerce versant sa corne d'abondance aux pieds de son roi. A la droite du maître, de larges balances oscillent sous leur charge d'or; au bas de l'estrade, un caissier soucieux, le sourcil froncé par la contention du calcul, aligne de
iffres sur un vaste livre. — Itupreinte dans ces fières ii yauté nouvelle qui a sa gr L'avènement de l'argent fi Tout lui faisait obstacle et ['aristocratie, les idées, les m ffiae la timidité commerciale . de se déployer. De plus, l'argi V ancien régime, dans la perst odieux, aussi exécrés que le Ju au Moyen-Age. Les traitants .
le masque de la comédie, et pi de risible. C'étaient les esécu du Fisc, des bourreaux d'arge et cruel du mot. Ils régnaiei rannique sur leur domùne ' tr^tes, de tailles, de capitat:
privilège était une concussior la France, tel qu'ils l'avùent pillage. Le peuple leur éta terre ; pourvu qu'ils payasse convenue, ils étaient libres d 03. Leurs fraudes éclataient d sans prétexte et sans vraisen dans leur luxe impudent, da dans ces Folies scandaleuses lous les millions qu'ils avaiei pétrifiés, solidifiés, palpable) rer au cordeau. L'argent, ]
en Hollande et en Angleterre, restait en France! égoïste et improductif ; il prenait et ne rendait pas. I Les financiers n'y étaient que des veaux d'or à l'en- 1 grais. — Parcourez dans Saint-Simon les portraits | des princes de ces publicains. Quelles physiononaîes 1 effrayantes! L'avarice du proconsul s'y mêle à la fé- 1 rocité du pacha. C'est Yoysin s' élevant d'une inten- 1 dance à un ministère : a Sec, dur, sans politesse ni ) « savoir-vivre... avec l'autorité toute crue, pour tout « faire et répondre à tous ; un homme à peine visi- « ble, et fâché d'être vu, refrogné, éconduiseur, qui (( coupait la parole , gui répondait sec et ferme en (( deux mots, qui tournait le dos à la réplique, ou farci mait la bouche aux gens par quelque chose de déci- « sif et d'impérieux, et dont les lettres, dépourvues « de toute politesse, n'étaient que la réponse laco- « nique, pleine d'autorité, ou l'énoncé court de ce « qu'il ordonnait en maître ; et toujours à tout : Le « roi le veut ainsi. » — C'est Desmarets, pris par Colbert en flagrant délit de faux-monnayage, rappelé aux finances après une longue disgrâce, et appliquant à la France épuisée la question extraordinaire de l'impôt du Dixième. Saint-Simon fait peur, lorsqu'il raconte sa rentrée : il donne à l'or arraché par ses exactions l'horreur du sang ruisselant d'un corps broyé par des instruments de torture. — « La capi- (( tation doublée et triplée, à la volonté arbitraire « des intendants des provinces, les marchandises et « les denrées de toute espèce imposées au quadruple
« de leur valeur; taxes d'aides et autres de toute
« nature et sur toute sorte de choses : tout cela écra-
u sait nobles et roturiers, seigneurs et g >" •■
« sans que ce qu'il en revenait au roi pf
« tirait le sang de ses sujets sans distioi
« exprimait jusqu'au pus... Moins d'un
« la pénétration de ces humains cotnm;
n rendre bon compte de ce doux proje
« qui les en avait chargés. II revit av<
« qu'ils en avïûent dressé, tout hériss
Il contre les délinquants. Ainsi fut bkcU
u glante affaire , et immédiatement a
K scellée, enregistrée, parmi les sanglots
H La levée ni le produit n'en furent pas
u coup près, qu'on se l'était figuré dai
u d'anthropophages, et le roi ne paya
u seul denier à personne, qu'il faisait a
— C'est encore Samuel Bernard, bâtiss
tune énorme sur une banqueroute de q
lions, s' alliant aux Mole et aux Mirepois
dans les jardins de Marly, devant la
^te, par Louis XIV aux abois. — " Le
a Saint-Simon, dit à Desmarets qu'i
« wse de le voir avec M. Bernard, puis 1
H dit à ce dernier : (i Vous êtes bien hom
« jamms vu Marly, venez le voir à ma
■ « ie vous rendrai après àDesmarets. » Bi
« et, pendant qu'elle dura, le roi ne pa
" gheyck et à lui, les menant partout, <
(i trant tout égaleme « bien employer qi H bler. J'admirais, B espèce de prosdti (I rôles, h un homm « fus pas longtempi « j'admirai où les p « quefois réduits. »
Ce mépris des ho ment justifié, était ; t'immortel chapitre un stigmate qui brC dans un personnage et de l'âpreté d'Har type; son nom devi fort et du sac. W épousait la finance ] lui faisait payer s maria son fils à la Amand. u En la pn a sait ses excuses, i n cissant ses petits « temps en temps « terres*, n — Le toucher à la fille dt cent mille livres de ritage en expectat