‹ Hommes et dieux (volume 2)Chapitre 35 sur 42 · LE DÉCAMÉRON · texte numérisé non relu

LE DÉCAMÉRON

«/ Sachant combien peu mon amour convient à celai « d'un roi, et ne pouvant ni l'éteindre, ni même « l'apaiser, j'ai pris le parti de mourir; maïs je « mourrai moins désespérée, si le roi sait que je « meurs pour lui, et j'ai compté sur toi pour qu'il le « sache au plus tôt. » — Minuccio, ému de pitié, accepte le triste message. 11 va trouver Mico de Sienne, « fort bon maître de rimes, pour le temps d'alors : » assai buon dicitore in rima a quei tempi, et le poète, à sa prière, écrit une canzone que Minuccio met en musique, sur un air gémissant et tendre. Le lendemain , il vient la chanter au roi , assis à table avec ses barons. La plainte mélodieuse lui va droit au cœur ; il y démêle un aveu secret et veut savoir à qui elle s'adresse. Alors Minuccio lui raconte l'histoire de Lise , et comment elle se meurt de l'amour qu'elle a pris pour lui. a A ce récit, le roi fit grande « fête, fece gran festa ; il donna à Lise de grandes (( louanges, disant qu'une si vaillante jeune fille « méritait bien qu'on eût pitié d'elle ; et il ordonna « à Minuccio d'aller la consoler de sa part , et lui « dire qu'il irait ce jour-là même, à l'heure de « vêpres, lui faire une visite. »

A l'heure dite, Pierre d'Aragon monte à cheval, et s'arrête devant la maison de Bernardo. Il se fait conduire auprès du lit de la jeune fille qui, avertie par Minuccio, l'attendait, soulevée sur ses oreillers, dans l'attitude d'une malade qui va recevoir l'hostie du viatique. — « Madame, lui dit le roi en lui pre-

et oant la main, Madonna, q\ « qui êtes jeune et qu\ devi « vous vous laissez abattre pa:

« prions pour l'amour de ne « de vous guérir. » A ces bot tact de la main royale, la jeun « comme si elle eût été dans li au roi de guérir et se ranime jours après, Pierre d'Aragon, ( retourne avec elle, suivi de sî de l'apothicaire, et là, s'adres levée et convalescente : « Bi d grand amour que vous nous « de nous mis en grand boni Il voulons vous faire est de v « notre main , ce qui ne nom a déclarer désormais votre (1 demander autre chose pour a seul baiser. » Lise rougissa lui fait cette humble et noble <i sais qu'on me croirait folle « été amoureuse de vous. M B qu'à l'heure même où cet a H blifû pas que vous édez le « Bernardo. Mais vous savez i <i à son cœur, et qu'on n'aimi ' « selon son désir. Le mien r II j'essayai de lui résister. N'e « aimai, je vous aime encore

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