ATTILA*. — CHARLES XII
Ce n'est pas nne histoire, c'est une épopée en langue barbare que mériterait Attila. Il étonna le cinquième siècle, si habitué pourtant aux épouvantements. On crut voir se précipiter sur la terre le quatrième Cavalier de l'Apocalypse. — « Et voilà un fl Cheval pâle ; et celui qui était monté dessus s'ap- ■ pelait la Mort ; et l'Enfer le suivait ; et le pouvoir « lui fut donné sur les quatre parties de la terre, « pour y faire mourir les hommes par l'épée, par la « famine, par la mortalité et par les bêtes sauvages. » Qui n'aurait vu, en effet, dans l'armée d'Attila, l'Enfer escortant la Mort? Les Huns effarouchaient les Barbares : auprès d'eux , les Vandales parùssaient des . soldats d'Athènes. Les Gotbs racontaient qu'un de leurs rois avait relégué, au fond de la Scythie, des
I. Voir la savante Histoire d'Attila et de «es ïu.ct3j.j„) par M. Amédée Thierry.
sorcières qui y avaient rencontré les démons etrants dans les steppes. De leur accouplement était née la race horrible des Huns : — « Espèce d*homrae éclose « , dans les marais, — dit Jornandès, — petite, grêle, « aflreuse à yoir, ne tenant au genre humain que « par la parole. » Ammien Marcellin les peint comme Pline, dans son Histoire naturelle^ décrit les animaux fabuleux. Il parle avec terreur de leur corps aux membres trapus, de la grosseur monstrueuse de leurs. têtes, de leurs nez écrasés, de leurs mentons hachés de cicatrices pour empêcher la barbe de croître. « Vous diriez des bêtes à deux pieds, ou ces « figures en bois grossièrement taillées qui décorent « le parapet des ponts. » — Ces hordes d'hommes avaient les mœurs des bandes de loups errants dans les bois. Ils n'habitaient ni maisons ni cabanes : toute enceinte de murailles leur paraissait un sépulcre. Les Gaulois ne craignaient rien, sinon que le ciel croulât sur leurs têtes : les Huns n'avaient qu'une peur, celle que les toits ne tombassent sur eux. L'usage du feu leur était presque aussi inconnu qu'aux bêtes. Ils se nourrissaient de racines et de viande crue pétrie sous la selle. Pour vêtements, ils portaient une tunique de toile sombre et une casaque de peaux de rats sauvages. Ils ne changeaient jamais cette tunique, qui pourrissait sur leur corps et les quittait d'elle-même, comme le poil tombe des ar' maux au temps de la mue. Leur existence était toi] : équestre : ils semblaient cloués au dos de le' i
mme eux et infatigables. Ils y dormaient , ilg y tenaieat leurs lême ne divisait pas ces grossiers 13 enterraient le cavalier avec sa
__ . ;ur connaissait aucun dieu: les
Umbales magiques .des sorciers éveillaient seules dans leurs crânes épais quelque vague idée de surnaturel. La guerre était leur élément et leur existence ; ils ne vivaient que de ses pillages : l'extermination étwt leur travail ; ils allaient au carnage comme à la moisson. Leur cruauté toute bestiale ne s'assouvissait que de destruction : après avoir dépouillé les branches, ils coupaient l'arbre ; ils incendiaient la ville après l'avoir saccagée.
Au milieu du quatrième siècle, cette peuplade farouche, jusqu'alors à peine entrevue à l'horizon de l'Asie, fait sa trouée dans le monde barbare. Sur son passage elle a ramassé toutes tes tribus slaves, toutes les populations teutoniques, tous les nomades de la Tartarie. La boule de neige s'est faite avalanche, la Barbarie s'est faite nation. Elle se fait homme avec Attila, et surgit au bord du Danube devant l'Europe consternée.
Étrange figure que celle de ce Caliban de la guerre [ 11 mêle la férocité des brutes aux vices des despotes ; il est cruel comme un chef sauvage , et corrompu comme un vieux sultan ; il a la violence mongole et la perfidie byzantine ; il y a en lui de l'ogre et du diplomate. Ce n'est point seulement par la peur.
c'est par la ruse qu'il attaque les deux Bas-Empires de l'Orient et de l'Occident. Le tigre se fait chat pour jouer avec les débiles Césars qui régnent en effigie sur le monde. Il les exploite, il les bafoue, il les trompe, il les flatte, il les effraye, il les fatigue l'ambassades et de négociations dérisoires ; il leur demande l'impossible, l'épée sur la gorge, et l'impossible lui est accordé. Rome et Constantînople s'épuisaient à satisfaire les caprices de ce monstrueux enfant gâté de la force. — Un jour, il somma l'empereur Théodose de lui livrer une riche héritière, que convoitait un de ses soldats : la jeune fille, épouvantée, prit la fuite , et Théodose , sous peine d'invasion , fut contraint de la remplacer. — Une autre fois, il réclama à Valèntinien des calices sauvés par un évêque du pillage de Sirmium : l'empereur répondit qu'il ne pouvait, sans sacrilège, lui livrer ces vases consacrés ; il offrit de lui payer deux fois leur valeur : — « Mes vases ou la guerre 1 » — ce fut la ré^^onse d'Attila.
Du fond de son palais de bois, habité par son sérail inculte et par son peuple d'enfants, ce khan Kalmouck terrifiait le monde. C'est en suppliants que les ambassadeurs de l'empire abordaient la baraque royale; ils erraient longtemps avant d'être introduits dans son enceinte de planches et de palissades. Arrivés devant Attila , ils se trouvaient en face d'u petit hornme trapu, camard, imberbe, presque noir dont les yeux flambaient de colère.
ATTfLA. lia
partie de l'ambassîide envoyée par larbare, nous a transmis !e tableau de cette cour presque fabuleuse. Il nous montre Attila entrant solennellement dans sa capitale , sous les voiles blancs que tenaient des vierges. Lorsqu'il passe devant la maison Ae son ministre Onégese, une femme en sort, entourée de ses servantes qui portent des plats de viandeet une coupe de vin. Elle s'approche de lui et le prie de goûter au repas qu'elle a préparé. Attila consent par un signe ; alors quatre hommes soulèvent à la hauteur du cheval une table d'argent, et, sans mettre pied à terre, le roi boit et mange.
Quelques jours après, Attila convia l'ambassade i un grand banquet. Les Romains entrèrent dans une ! salle garnie de sièges et de petites tables. Au milieu se dressait une estrade qui portait la table royale et le lit où Attila était étendu. A ses pieds se tenait Ëllak, l'alné de ses fils, dans l'attitude d'un esclave, silen> cieus et les yeux baissés. On servit les convives dans des plats d'argent, on leur versa l'hydromel dans des coupes d'or ; mais Attila buvait dans une coupe et mangent dans des plats de bois. Au milieu du festin, deux bardes s*- levèrent et chantèrent en langue hunnique les victoires du roi. Leur hymne exalta l'auditoire; un enthousiasme frénétique saisit les Barbares, des cris s'échappèrent de leurs poitrines, des larmes jaillirent de leurs yeux; les visages prirent l'expression furieuse de l'attaque et de la défense; la salle ressembla à un camp qui prendrait les armes.
Un bouffon vint ensuite; et ses contorsions firent éclater de gros lires. Mais, au milieu du tumulte, Attila restait immobile. Il présidait en silence la bruyante orgie. Seulement, quand Ernak, le plus jeune de ses fils, entra dans la salle, un rayon de joie illumina sa face sombre; ses yeux s'adoucirent, et, d'un geste caressant, il amena l'enfant à lui, en le tirant par la joue.
Cependant Attila répondait enfin à l'ambassadeur des Césars. Deux messagers Huns se présentaient le même jour devant les empereurs Théodose et Valentînien. Us étaient chargés de dire à l'un et à l'autre : — « Attila, mon maître et le tien, t'ordonne de lui « préparer un palais, car il va venir. »
11 arriva, en eflfet, dans cette terrible année 451^ prédite par des comètes, par des éclipses de lune, par des nuages de sang au milieu desquels s'entreheurtaient des fantômes armés de lances flamboyanles. Jamais le monde ne fut si près de* sa fin. Ce n'était pas une invasion, c'était un déluge. Huns, Alains, Gelons, Ostrogoths, Gépides, Avares, Bulgares, Turks, Hunigares, la Barbarie en masse ondoyait autour d'Attila. Le peuple entier des animaux insurgés contre l'homme, et se ralliant autour d'un monstre doué de volonté et d'intelligence, donnerait à peine l'idée du péril que la civilisation courut à cette sombre date. En quelques jours, les deux Germanies et les Gaules disparaissent sous des tourbillons de chevaux et de cavaliers. Les peuples fuient à la débaa-
tempête huiHaine qui pille, broie, , saccage et achève par la flamme !tt. De tous côtés, on n' entend plus villes qui tombent et le râle des -ge. Le sang ruisselle et fait des se vident, les forêts s'emplisseut; ^ace S005 le niveau de la destruc- 1, du fond de l'Asie, les Huns ont t, et qu'ils le déroulent comme lin linceul sur le monde ancien. Attila se métamorie aa milieu de l'orage qu'il a déchaîné ; il u-att, aux lueurs des villes incendiées, sous la le d'une bête chimérique. Quelques Chroniques ionnent une tête d'âne ; d'autres un groin de ;; celles-ci le privent de la parole et ne lui font proférer que des grognements sourds. La tradition .consacrée voit en lui une verge biblique, un Fléau qui pulvérise les nations, et qu'agite la mfÛD de Dieu sortant des nuées. Lui-même accepte avec orgueil ce surnom sinistre. La légende rapporte qu'Attila entendant un ermite l'appeler « le Fléau de Dieu, « bondit sur lui-même dans un accès de joie infernale : — 0 L'étoile tombe, s'écria-t-il, la terre frémit; * je suis le Maillet qui frappe le monde ! » Stella radit, tellus frémit, en ego Malleus orbis ! — C'est de ce nom que les évoques l'interpellent , debout sur son passage, la mitre en tête et la crosse en main, sus portes des villes. Il y a du respect dans les apostrophes qu'ils lui jettent : les hommes de l'Évan-
gile saluent, en l'exorcisant j le Dragon de rApocsL lypse. « Qui es-tu? » lui crie saitit Loup, du haut d murailles de Troyes. «Qui^Vlu, toi qui dispe « les peuples comme la paille, et brises les couronn « sous le sabot de ton cheval ? — Je sui3 Attila, Fléau <( de Dieu. — Oh 1 répond l'évêque, sois le bienvenu ({ Fléau du Dieu dont je suis le serviteur. Ce n' « pas moi qui t'arrêterai. » Et, descendant avec son clergé , il ouvre la porte à deux battants , prend pai la bride le cheval du roi des Huns, et rintroduii dans la ville. « Entre, dit-il. Fléau de mon Dieu, « marche où son bras te pousse. » Attila entre av son armée, mais un voile surnaturel enveloppe cité ; un mirage la dérobe aux yeux des Barbares : ils la traversent, en croyant parcourir une vaste
prairie. !
C'en était fait peut-être du monde occidental si» dans les Champs Catalauniques, Aëtius n'avait vaincaj Attila. Bataille gigantesque dont les proportion^ déconcertent. Deux cent mille morts ; le sang roulant! par cascades dans le lit d'un ruisseau qu'il ti-ans^ forme en fleuve; Attila, retranché derrière ses cha-! riots, et tournant, ivre de rage, autour d'un monceaa' de selles enflammées , dans lequel il va se jeter si l'ennemi envahit son camp I On dirait une ^igantomachie de l'Edda. Aëtius dépassa Marius et atteignit! César dans cette lutte épique; la gloire, pourtant,] éclaire à peine son nom d'un rayon douteux. Certes,: l'histoire est injuste de ne pas dresser des autels à!
^ —3 héros de la dernière heure, Probus, Posthumus,
'licon, Aêtius, qui soutinrent si magnanimement
choc des Barbares , et forcèrent , comme Josué , le
leîl de la civilisation romaine à retarder son cou-
er sanglant. M^s le propre de la Barbarie est de
t laire la nuit autour d'elle : hommes et choses s'assom-
RH'isseDt à son approche; la civilisation devient bar-
fcare en la combattant ; la Plaie des Ténèbres s'abat
'également sur les vaincus et sur les vainqueurs. Les .
* victoires mômes remportées sur elle ne subjuguent
imagination : leurs clairons jettent des cris
38, leurs lauriers sont épineux comme des
. Il n'en reste guère plus de traces que d'une
aux loups dans l'épûsseur des forêts.
Repoussé des Gaules, l'homme de proie fondit sur
l'Italie qu'il extermina. Les villes brûlaient, les
bommes tombaient par gerbes, les peuples fuyaient
jusque dans la mer, pour lui échapper. L'horreur ne
varie pas à travers cette atroce histoire : ce sang qui
tombe comme la pluie est, à la fin, ennuyeux comme
elle. La carrière d'Attila a la monotonie de l'Enfer.
Enfin , il rentra dans sa bourgade, soûl de carnage
et chargé des dépouilles du monde. Il y mourut de
la mort d'Holopheme, dans son lit de noces, égorgé
par une Judith germanique. Son armée hurla autour
le sa tente funèbre comme une meute sur le corps
(iu chasseur qui la gorgeait de curées. On tua les
e^kves qui creusèrent sa tombe. Le cadavre même
il' Attila raassacrïût encore.
\ ■ -Tf 1
Malgré ses conquêtes, ses exterminations, ses batailles , et reffroyable bruit qu'il fit sur la terre, Attila ne s'élève pas à la vraie grandeur. Il n'y a que des cris dans sa renommée ; son nom résonne vide de sens ; son histoire rentre dans l'histoire naturelle des fléaux physiques. Il n'est pas plus humain qu'un tremblement de terre, qu'une éruption de volcan, qu'un typhon des mers de la Chine. La puissance de bouleversement qu'il manifesta a quelque chose d'inconscient et de machinal. Il est trop fatal pour être odieux, trop impersonnel pour être coupable. L'histoire ne daigne même pas l'accuser; elle le décharge de toute responsabilité et de tout grief ; elle le renvoie à la Nature, dont il fut un des agents destructeurs. Le flétrir et le condamner, ce serait imiter Xerxès frappant de verges un élément en fureur. Le meurtre de Clytus déshonore plus Alexandre que le sang d'un monde dépeuplé ne souille Attila ; mais aussi le moindre combat grec, inspiré par la vertu civique et par l'héroïsme, surpasse toutes les conquêtes du Barbare. Le soldat de Marathon, agitant sa palme, est plus grand qu'Attila recevant les rois et les patrices sur le dos de son cheval maigre, dont le galop desséchait la terre.
Aussi, ce n'est pas dans l'histoire, qui le relègue parmi les fossiles de ses périodes chaotiques, c'est dans la légende qu'Attila prend sa véritable existenc Chaque peuple s'empare de cette figure brute, et modèle selon ses instincts. L'Italie la dégrade, TAU
1 la tradition latine
monstre, les poëmes
débonnaire et neutre,
sans trop s'y mêler,
]e et le Charlemagne
lion imprévue! L'ogre
. se Tait patriarche ; l'assassin du monde devient le
de paix majestueux des querelles des Niebeîun-
— Plus hardie encore, la Hongrie traite avec
ispect filial le sauvage aïeul de sa race. L'Attila
Sgendes magyai-es est saint comme David, sage
le Salomon , magnifique comme Haroun-al-
lid. Ce n'est plus le pape Léon qui l'arrête sur
les bords du Tibre, c'est Jésus-Christ descendu du
ciel qui traite directement avec lui, et qui promet ^
sa postérité la couronne de Hongrie, pour rançon de
n y a dans l'histoire des résuiTections de types et de caractères qui feraient croire aux Avalars de la Fable indienne. A quinze cents ans de distance, Attila reparaît au Nord sous une nouvelle forme, raccourci dans son action, resserré dans un moindre cercle, mais animé de la même fureur destructive. Charles XII, roi de Suède, au dix-septième siècle, est un Attila fourvoyé.
Fas plus- que dans le roï des Huns, il n'y eut rien d'humain dans ce soldat implacable qui faisait la guerre comme on fait de la gymnastique, par pur besoin de tempérament. A dix-huit ans, il entra sous la tente, comme un moine entre dans sa cellule, pour n'en plus sortir : Hic sunt tabemacula meaj hic habitabo in œtenium ! Vrai moine, en effet, qui semblait avoir prononcé des vœux terribles entre les mains d'une de ces Walkyries sanguinaires que son pays avait adorées. La femme, que l'Écriture appelle « plus forte que la mort, » la femme, qui énerva Samson, charma César et fit pleurer Alexandre, n'entra jamais dans ce cœur fermé comme une citadelle. Il resta vierge comme la Mort, la seule maîtresse qu'il eut jamais. La comtesse Aurore de Kœnigsm^rk, une des beautés du siècle, envoyée par le roi de Pologne, son amant, pour attendrir le conquérant irrité, n'obtint pas de lui un regard. Un jour, le rencontrant dans un sentier étroit, elle descendit de carrosse et s'avança vers lui. Le roi la salua brusquement, tourna bride et disparut. Ce fut la seule audience qu'elle put en avoir.
Cherchez bien, vous ne trouverez pas une veine de chair dans cet homme de bronze : ni table, ni lit, ni plaisirs. Le sang le sèvre du vin : pendant cette campagne de vingt ans qui fut sa vie, il ne but jamais, comme David au désert, que l'eau du torr t puisée dans un casque. Son habit de gros drap bj i à boutons de cuivre lui durait autant qu'un froc à
moine ; il le râpait sur son dos. Les rois des contes de fées ne quittent jamais leur couronne ; lui, n'ôtait jamais ses bottes que pour dormir çà et là. Il avait la superstition de ces bottes de cent lieues qui lui faisaient parcourir l'Europe à grandes enjambées : il ne parla que d'elles au roi Auguste dans la conférence qu'il lui accorda à Gutersdorf, après sa défaite. Au Sénat suédois, qui le suppliait de rentrer dans le royaume, privé depuis si longtemps de son roi, il répondit qu'il enverrait à Stockholm une de de ses bottes pour trôner et gouverner à sa place : facétie de lion botté qu'on ne lui fit pas répéter.
La guerre fut sa religion ; il s'imposait, pour la pratiquer plus dignement, des macérations ascétiques. Un jour on lui dit qu'une femme avait vécu plusieurs mois en buvant de l'eau pour toute nourriture. L'envie le prit de subir cette rude abstinence, comme le caprice aurait pu venir à Mithridate d'essayer un nouveau poison. Cinq jours entiers il resta sans manger; puis il fit un repas d'ogre, et reprit son train de vie habituel.
Le mysticisme de la gloire peut seul expliquer un tel caractère, une telle abstraction des joies et des passions de l'humanité. On eût dit qu'il avait fait vœu de pauvreté comme de continence ; l'argent n'était pour lui qu'un moyen de fondre des balles et de forger des canons. — Un transfuge livonien, fait prisonnier et condamné au gibet, proposa d'échanger sa vie contre le secret de faire de l'or. Il en
ns sa p ^ttrou' cellent Lee. La tâte de landers urdel'e
son rëf ues méd
impillés du sceau royal à leurs quatre >le monoaie Spartiate, qu'où dirait faite r les besoins urgents de la guerre, avec : d'armures ramassés sur un champ de idus au feu d'un bivouac, z cette orgauisatioQ excentrique ; tous ; même pas le ressort de l'arabition.
kne de ses conquêtes, il distribue aui ivinces qu'il prend, il ne daigne point couronnes qu'il a fait sauter. Son it pas de ce monde; il combat pour n vue d'un idéal tout abstrait et tout ! conquérants les plus effrénés ont un I ou une convoitise. Attila lui-même larines de loup les voluptés romaines.
tendue tient dans le crâne étroit de
rêve une Asie muette, vide, dépeuaelle il pourra régner et se coucher ■" irles XII, lui, ne veut de la terre q' [t d'un camp et le terrain d'une batail!
ES Xtl. 129
i Hord à l'Orient ne trahit
pas un dessein d'agran-
e d'avenir. Il est attaclié
à son cheval, comme son ami Mazeppa, et se laisse
emporter à travers le monde.
Vainqueur ou vaincu, son indifférence est la môme. Une défaite fait autant de bruit qu'une victoire, et il ne demanda jamais à la guerre que du bruit et de la fumée. Sa bravoure n'avait rien d'ardent ni dépassionné : le danger était son élément; la paix l'aurait tué, comme l'eau douce empoisonne les poissons marins. II lui fallait pour vivre le bruit du canon et l'âcreté de la poudre. Après la défense de Beoder, où il soutint, en Roland furieux, l'assaut d'une armée ; quand il tomba enfin sous le poids du nombre, le visage meurtri, les sourcils brûlés par la poudre, il souriait aux janissaires qui l'emportaient, calme, heureux, visiblement soulagé, comme un homme que le sang étouffe, et qui respire après une saignée.
« La pièce est finie, allons souper! n dit un de ses généraux, lorsque la guerre, fatiguée de jouer avec lui, le frappa, pour en finir, d'une balle à la tempe. Ce mot est un jugement ; il définit ce règne théâtral qui n'eut, à vrai dire, rien de réel, rier d'historique, et ne fut qu'un drame romanesque joué par un homme pour sa propre gloire. Ce fut la fantasia du désert arabe transportée dans les steppes du Nord : charges à fond de train, brandissements
d'épées, salves de Le tourbillon passe velle... Est-ce une' de passer î
Que reste-t-il de dans l'oreille comn n'ébranle nile cœu épée n'avait pas d laissé son entaille.
militaire plutôt que l'arme d'un grand homme. Une armée errante, qui ne colporte ni un Dieu, ni un principe, ni une civilisation nouvelle, passe comme une tribu nomade dans le silence du Sahara. Mais si la gloire du héros suédois est stérile, son caractère restera un des étonnements de l'histoire. Un roi de dix-huit ans partant de sa capitale pour se battre jusqu'à la mort, sans pause, sans trêve, sans retour, et se lançant dans l'Europe avec une poignée d'hommes, comme Alexandre à la tête de son carré de Macédoniens, dans l'infini de l'Orient, éblouira toujours l'imagination. On comprend qu'une sultane en ait rêvé au fond du sérail. Elle l'appelait son lion. H Quand donc, disait-elle au sultan Acbmet, aiderastu mon lion à dévorer le czar? »
j L'époque où s'agita cette destinée excentrique
; rehausse encore son prestige. C'est au milieu de
[. l'Europe politique et diplomatique du xviii' siècle
j que Charles XIl fait son apparition fabuleuse '
Y dieu de l'Edda. Il était évidemment égaré dans
lu Nord barbare trouvé, après sa se, ce n'est pas r, mais dans ce andinave, où les ijour, et, le soir leurs membres l'Odin, mangent ierimner, et se I ruisselants de
i3i LOUIS XI.
répétée. Il se battit bravement à Montlhéry, à Liège et dans la guerre de l'Artois. Légèrement blessé au siège d*Arras, il en plaisante dans une lettre, avec une verve narquoise qui illumine, un instant, sa sombre figure du clair sourire d'Henri IV. — « Monsieur le grand maître, mercy à Dieu et à « Nostre Dame, j'ai pris Arras et m'en vais à Nostre « Dame de la Victoire; à mon retour, je m'en vais en « vostre quartier, et vous meneray bonne compai- (c gnie. Au regard de ma blessure, ça esté le duc de « Bretagne qui me Ta fait faire, parce qu'il m'appe- (( loit le roi couard. Aussi bien vous sçavez de long- « temps ma façon de faire ; vous m'avez veu autre- « fois. Et adieu. » Les défaillances de son agonie furent celles d'une âme en peine des comptes qu'elle allait rendre, plutôt que les transes d'un vil caractère. Tel court au-devant de la mort violente, Tétreint, la provoque, qui tremble et tourne le visage contre la muraille, lorsque la mort naturelle vient le chercher dans son lit.
Son avarice se réduisait à sa personne. Qui lit les mémoires des dépenses de sa maison croit feuilleter le livre de comptes du froid logis d'Harpagon. On y trouve une note de vingt sols « pour deux manches neufves à son vieil pourpoint, » et une autre de « quinze deniers pour une boite de graisse pour graisser ses bottes. » Cet étalage de lésine masquait la dépense la plus large et la plus prodigue. On pourrait comparer cette ladrerie apparente à ces
ea telles qu'on en voit encore lors est sordide : une enseigne ^e par la crasse, se balance au , une tonne de harengs pourrriëre le vitrage trouble aux i maillfis de plomb, on entrevoit une blême figure sée de lunettes et allongée sur un vieux re- . On rogne des liards sans doute, on met à la , tirelire dans ce taudis sombre. Etitrez-y,... l'or l'il- . lumine; il y regorge et il y ruisselle, il crève les i sacs, il fût craquer les balances. Le maître du lieu "'■"'"gue les millions dans des spéculations colos- Du fond de son comptoir, il lance des navires 33 mers de l'Inde et soudoie les rajahs de la sie. — De même, ce roi accoutré d'un tricot de et coiffé d'un bonnet crasseux fut le plus riide iur d'argent que la France eût vu jusqu'alors, le économie, nulle épargne. Cette vieille tradilu Trésor enfoui et couvé par un dragon, que la Mythologie semblait avoir léguée à la royauté, il la rejette et il la méprise, u 11 prenoit tout et dépen- D doit tout, n dit Comines. Mais cet or que la Chevalerie, sa rivale, dépensait à monter ses tournois et à parer ses armures, lui l'employait à acheter I, à gagner des ennemis, à soudoyer des Bs. — Dans son voyage d'Arras, il emprunta d'un de ses valets la somme de trois cent vingt livres seize sous huit deniers, « pour l'employer à ses plaisirs et voluptés, » et il distribua
TKl
quinze millç écus d'or pour se tirer du mauvais pas de Péronne. Ce fut lui, on peut le clire, qui dé- * couvrit la circulation de l'argent. Ce roi réputé avare est le premier banquier du budget moderne. Quant à la cruauté de Louis XI, elle fut moindre peut-être que celle de bien des princes de son temps, mais à coup sûr elle fut pire. Le sang humain souille davantage celui qui le distille froidement goutte à goutte, que celui qui le répand par torrents, dans un accès de colère. Il faut sans doute tenir compte du siècle de fer qu'il eut à forger, des séditions qu il eut à vaincre, des trahisons qu'il eut à châtier. Mais, cette part faite au feu de son temps, il reste un roi qui partageait, sur la question ordinaire et extraordinaire, Topinion de Perrin-Dandin :
Et cela fait toujours passer une heure ou deux.
Ce qui distingue sa cruauté, c'est son humeur goguenarde. Il jouait avec les têtes qu'il faisait couper. Dans une de ses lettres, il raconte, en se gaussant, comme quoi il a fait décapiter maître Oudart de Bussy, un conseiller au parlement qui l'avait trahi. — « Et, dit-il, afin qu'on cogneust bien sa « tête, je l'ay faict atourner d'un beau chaperon « fourré, et est sur le marché de Hesdin, là où il (c préside. » Ailleurs, pressé' d'expédier un seiTÎ^'ur infidèle, il recommande jovialement à son sénécl .1, M. de Bressuire, de « faire les préparatifs des no es
potence. » Il inventait des sope méchante de ces tyrans italiens peler les artistes de la torture.
ui pesaient sur les prisonniers comme des corniches sur leurs cariatides, les chaîne:, atroces qu'il faisait forger en Allemagne et qu'il appelait « ses fillettes, n auraient fait honneur à l'imagination d'Ezzelin. Ce même livre des Comptes, que nous oQvrions tout à l'heure, étale un luxe lugubre d'écrous et de fers, des pages entières en sont surchargées ; cela grince et cela résonne : il y a là de quoi meubler des Bastilles. — « A m^stre Laurens B Volme, pour un grant fer trampéz à double fern rure, et une grant chaisne à sonnette au bout, « qu'il a faiz et livrés pour enfermer messire Lan- « celot de Berne, 38 livres, — Pour deux fers à « grans chaisnes et bouUes, pour enfermer deuz pri- H sonniers d'Aras que gardoit Henry de la Chambre,
■ 6 livres. — Pour ung fers rivés à crampes , à « chaisne longue et une sonnette au bout, et pour 0 brasselets pour aultres prisonniers, 58 livres. — « Pour ung fers à bouter les deuz bras, les jambes, n et à bouter au col et parmi le corps, pour ung pri- « sonniers, 16 livres. — A maistre Lauren* Volme, 0 cy devant nomm^, la somme de quinze livres trois « sols tournois, pour avoir fourni du sien, par l'or- « donnance et commandement dudit seigneur, pour tt avoir faict faire au Plessy-du-Parc trois forges à
■ faire une caige de fer que ledit seigneur y avoit
« ordonné de faire. » — L'histoire, appliquant à Louis XI la loi du talion, Ta enfermé aussi dans une cage, et elle le promène, à travers les siècles, comme une bête féroce d'espèce basse et de poil douteux.
On lui pardonnerait encore ses noyades turques, ses étranglements vénitiens et les arbres chargés de pendus de son manoir de Plessis-les-Tours. Mais il y a tel fait ignoré, telle exécution secrète, telle victime obscure qui crie contre lui avec une voix plus perçante que les milliers de martyrs du sac de Dinant ou du massacre de Liège. Ce Jean Bon, par exemple, qu'il avait d'abord condamné à mort, et auquel par grâce spéciale, il se contenta de faire crever les deux yeux. « Il fut rapporté que ledit « Jean Bon voyoit encore d'un œil. En conséquence « de quoi, Guinot de Lozière, prévôt de la maison (c du roi, par ordre dudit seigneur, décerna commisce sion à deux archers d'aller visiter Jean Bon, et, (( s'il voyoit encore, de lui faire parachever de pocher « et estaindre les yeux. » Un empereur du bas-empire, conseillé par un eunuque, n'aurait pas fait pis.
Je trouve encore, dans Béroalde de Verville, une anecdote qui, vraie ou fausse, prouve le renom patibulaire qu'avait laissé le vieux Sire. Voici ce conte atroce au fond, comique à la surface, et narré avec l'étrange gaieté que mettent ces vieux conteurs à dire les histoires de sang et de corde. Est-ce insoucianc( * est-ce ironie ? On ne devine pas.
« Loys XI avoyt donné l'abbaiye de Turpenay
sant du revenu, se fai-
Furpenay. Il advint que
ï-Toura , le vray abbé,
présenter au roy et lui
strant que canonicque-
estoyt pourveu de l'ab-
e usurpateur lui fùsoyt
H tort contre toute raison, et, partant, qu'il invoc-
<i quoit Sa Majesté pour lui estre faict droicl. £d
<i secouant sa perruque , le roy lui promit de le
« rendre content. Ce moyne importun comme tous
n aaimaulx portant cucule, venoit souvent aux issues
0 du repas du roy, lequel, ennuyé de l'eau benoiste
« de couvent, appela son compère Tristan et lui dit :
0 — Compère , il y lia îcy un Turpenay qui me
« fasche, ostez le moy du monde. — Tristan, prenant
u un froc pour un moine ou un moine pour un froc,
u vint à ce gentilhomme que toute la cour nommoyt
« monsieur de Turpenay; et, l'ayant accosté, feit
e tant qu'il le destouma; puis, le tenant, lui feit
tt comprendre que le roy vouloyt qu'il mourust.
« Il voulut résister en suppliant et supplier en résis-
«tant; mais il n'y eut aulcun moyen d' estre ouy.
'I II feul délicatement estranglé entre la teste et les
u espaules, si qu'il expira; et trois heures après, le
" compère dit au roy qu'il estoit distillé. 11 advint
" cinq jours après, qui est le terme auquel les âmes
u reviennent, que le moyne vint en la salle où estoyl
«le roy, lequel le voyant, demoura fort estonné.
liO
« Tristan estoyt présent. Le roy l'appelle etluy souffle <: en Taureille : « Vous n'avez pas faict ce que je « vous ay dict ? — Ne vous en desplaise, sire, je l'ay <( faict. Turpenay est mort. — Hé ! j'entendoys de « ce moyne. — J'ai entendu du gentilhomme!... — « Quoy ! c'est doncques fayct? — Oui, sire. — Ores, <( bien. » Se tournant vers le moyne : « Venez icy, « moyne. » Le moyne s'approuche. Le roy lui dit : « Mettez-vous à genoilz. » Le pauvre moyne avoit « paour. Mais le roy luy dict : « Remerciez Dieu qui « ne ha pas voulu que vous feussiez tué, comme je « Tavoys commandé. Celluy qui prenoyt votre bien « Tha esté. Dieu vous ha fait justice ! Allez. Priez « Dieu pour moy et ne bougez de votre couvent*. » Ceci dit, il faut convenir que le renard a fait œuvre de lion, et que ce mauvais homme fut un très-grand roi. Il eut la passion de l'État. La France lui doit ses plus belles provinces. L'âpreté que le paysan apporte à joindre le sillon au sillon, et à son lopin de terre le morceau voisin, il la mit à compléter et à arrondir son royaume. Ce fut l'ardeur et le mobile de sa vie, le zèle qui la dévora. Il parle , dans ses lettres, des villes ou des provinces qu'il convoite comme les amants de leurs maîtresses. Jamais l'ambition n'a brûlé d'un feu si acerbe. Quelle acre allégresse res-
\. Le Moyen de parvenir, chap. Lxxxvm. Brantôme d i son chapitre sur Don Juan cfAustrie {Vies des grands d '^^ laines étrangers ), rapporte à peu près la même anecdote.
pire cette lettre écrite après la conquête du Roussillon I « Je m'en vais délibéré de faire bonne chère « et de me récompenser de la payne que j'ay eu tout « cet yver en ce pays. Je m'en vays mardi, et pîcque- «t rai bien. Si vous avez rien de beau à mettre en «foire, si le déployez, car je vous assure que je « m'en vais bien bagué... je me semble que je n'ai « pas perdu mon estoc. » On dirait le cri de joie du chasseur qui rentre au donjon portant un cerf f sur ses épaules , la tête passée entre les piçds noués I de la bête. Il faut l'entendre encore, après la mort l du Téméraire, aspirer à la Bourgogne avec la flamme f du désir. « Je n'ay autre paradis en mon imaginait a tion que celui-là. J'ay plus grand faim de parler à i « VOUS pour y trouver remède que je n'eus jamais « à nul confesseur pour le salut de mon âme. »
Cette grandeur du but atténue la fourberie defl moyens. A cette époque la patrie est si étroitement identifiée avec le Roi, leurs intérêts sont si mêlés, leur avenir est si bien le même, qu'il devient quelquefois difficile de distinguer nettement en Louis XI le mauvais homme du monarque habile. Dans cette lutte contre les grands vassaux qui remplit son règne, le droit est pour lui, sinon la moralité. Il se battit à armes déloyales contre une armée de félons ; il se fit traître contre les traîtres et parjure contre les parjures. Le duc de Bourgogne, le duc de Bretagne, le connétable de Saint- Pol, le comte d'Armagnac, son propre frère le duc de Guienne, braconnaient en
pleine France et la rasaient jusqu'au sol. C'était la chasse au roi, une chasse fépdale, violente et sauvage. — « J'aime tant le royaume, — disait le duc de Bourgogne, — qu'au lieu d'un roi, j'en voudrais six. » — Et le duc de Guienne : — « Nous lui mettrons tant de lévriers à la queue qu'il ne saura où fuir. » — Il fuyait, cependant, rapide, oblique, inépuisable en détours , trompant les pistes , brouillant les voies , multipliant sur sa route les pièges et les dédales; et d'année en année, l'un des chasseurs tombait pris dans une embûche , ou désarçonné par derrière ; jusqu'à ce qu'enfin le grand veneur de cette chasse civile, Charles de Bourgogne, roula sous la flèche d'un archer lorrain, dans le fossé de Nancy. Alors l'humble roi, si longtemps traqué, vint visiter ses filets et dépouiller ses chasseurs. Ceux qui soufflaient encore , il les mit en cage comme le comte de Perche, ou il les décapita comme le duc de Nemours et le Connétable ; puis il mit la main sur leurs seigneuries et les dépeça royalement. Quelle curée ! la Picardie, la Bourgogne, le Roussillon, la Provence, le Maine et l'Anjou ! Tous ces rudes batailleurs qu'il avait défaits auraient pu lui dire ce que la tète coupée de Klephte dit, dans le chant grec, à l'oiseau de proie qui la ronge : « Mange, oiseau I repais-toi de (( ma force ! repais-toi de ma bravoure I ton aile en tt deviendra plus grande d'une aune, ta serre d'un c( empan. » Sa sépulture qu'il régla lui-même semble être l'emblème de son règne : il voulut être sculpté
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surson tombeau en habit de chasse, Tépieu i ture et un lévrier à ses pieds.
Le droit est de son côté dans la guerre ad méat obstinée qu'il soutint contre ces reb sympathie hésite à s'y ranger. 11 luttait ce traîtres, mais ses trahisons sont plus viles, s£ est plus noire que celle de ses adversaires. ( pas le masque d'acier poli de la dissimula lienne, c'était un masque mobile, grîmaçan perfide et au faux sourire. 11 protestait, il j des reliquaires, il prenait à témoin son vieux ourlé d'amulettes ; il accolait ceux qu'il aur; étouiïer ; il » se ruait à genoux, n comme dit nique, « se signant depuis la tète jusqu'aux p la perversité de l'hypocrisie il ajoutait la laidi pantomime. Nulle âme moins royale que ce rot. Le sens de l'honneur lui faisait défaut, i Chine un proverbe que les mères apprennen Gis dès le berceau, et auquel ce peuple ab peut-être son incurable bassesse : « Siao-sii tisse ton cœur. » Ce proverbe était le sien ; traduit en son gaulois: « Quand Orgueil ch devant, disait-il, Dommage suit derrière. » tait ce vil dicton, lorsqu'après Péronne, le Bourgogne l'emmena piteusement à sa suite cager Liège, la ville qui avait levé son drai quand Charles lui demanda ce qu'il fallait fa cité rebelle, il répondit par ce cruel apologuf • père avait un grand arbre, près de son Ii