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« sans parler davantage, elle prit la main de la reyne « (pt’elle fit semblant de baiser, et se retira. » Mais, en sortant de la chambre, sa fureur rentrée éclata : elle prit un éventail de Chine posé sur une table, le cassa en deux, 1& jeta à terre et se mit à trépigner dessus avec rage. L’imagination achève cette sortie : elle la voit partir dans le carros.se chimérique des Lées malfaisantes, fouettant à tour de bras ses dragons volants, et jetant sur le Palais des gestes de maléfice.
La duchesse de Terra- Nova revint, pourtant, quelques mois après, remercier la reine d’une viceroyauté donnée à son gendre. L’entrevue fut à peindre; mais, pour en saisir l’aspect pittoresque, il faut se représenter la duchesse d’.Mbuquerque, la Camarera-mayor qui lui avait succédé. C’était une femme de cinquante ans, plus douce d’humeur, mais aussi rébarbative de visage, « coiffée d’un petit bandeau « de taffetas noir qui lui descendoit aussi bas que « les sourcils, et qui lui serroit si fort le front qu’elle « en avoit les yeux enflés. » — La duchesse de Terra- « Nova étant entrée dans la chambre de la reine. Il parut d’abord un peu embarrassée ; elle s’excusa « de n’étre point venue au Palais sur une longue « suite d’incommodités, et elle ajouta : — J’avoue à « Votre Majesté, que je ne croyois pas pouvoir vivre « après le malheur d’être séparée d’elle. — La reine « lui dit qu’elle s’étoit informée de l’état de sa santé, <1 qu’il ne falloit point parler de ce qui l’avoit chagri-
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Il née, et en eftet, elle passa à un autre discours. Il La duchesse de Terra-iNova regardoit de temps en. « temps la duchesse dWlbuquerque, comme si elle « eût voulu la dévorer, et la duchesse d’Albu- « querque, qui n’avoit les yeux ni guère plus beaux « ni guère plus doux qu’elle, la regardoit aussi de Il travers, et elles se disoient de moment en moment « quelques paroles un peu aigres'. » — Quelle scène pour Goya, le grand caricaturiste de la cour d’Ks-^ pagne, s’il en avait été le témoin ! Une guivre et une tarasque se disputant un poste héraldique !
Le départ de la duchesse de Terra-Nova éclaircit un peu la sombre tristesse du Palais. Le règlement s’adoucit, le cilico de l’étiquette se relâcha de quelques crans autour de la reine. 11 lui fut permis de ne se coucher qu’à dix heures et demie et de regarder , à la fenêtre. M'"° de Villàrs célèbre ironiquement ces conquêtes. — « On se trouve toujours bien du chan- « gement de la Camarera-mayor. L’air du palais en « est tout différent. Nous regardons présentement la H reine et moi, tant que nous voulons, par une « fenêtre qui n’a de vue que sur un grand jardin U d’un couvent de religieuses qu’on appelle \ Incar-