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« se trmiv.a plus. 11 fit courir après de tous les côtés; « mais elle avoit si bien pris ses mesures, qu’elle « échappa. »
Mais Saint-Simon, est pour ainsi dire un témoin posthume, il parle d’après des confidences reçues pendant son ambassade en Espagne, trente ans après la mort de la reine. Son récit ressemble au procèsverbal d’un crime impuni, dressé d’après des ossements exlmmés d’un endroit secret. Sur le moment même, au lendemain de la catastrophe, les témoins oculaires se perdent en conjectures et en réticences; ils cherchent à tâtons ; leurs accusations se croisent et se contredisent.
Le poison joue un grand rôle au xvii® siècje; il intervient dans ses affaires, aussi souvent que dans le dénoùment de ses tragédies. Ces Cours chauffées à la température des. sérails produisaient des crimes orientaux. Mais ce qui caractérise les coups de foudre qui les décimaient, c’est le peu de bruit qu’ils font en tombant, le fatalisme avec lequel les rois les accueillent, lorsqu’ils éclatent sur leurs maisons mêmes, le grand silence qui bientôt se forme et • s’épaissit autour d’eux. 11 semble qu’on ait peur de trouver la figure d’un des dieux de la terre, en écartant la nuée qui les couvre. On passe, on d^ tourne la tête , on lève les bras au ciel ; à peine oset-on échanger un nom à voix basse.
L’ambassadeur de France annonçant à Louis XIV la mort de sa nièce, n’exprime d’abord que des
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soupçons indistincts. « Le coumer, — dit-il, — porte B à Votre Majesté la plus triste et la plus déplorable B de toutes les nouvelles. La revue d’Espagne vient B d’expirer, après trois jours de coliques et de vo- B missements continuels. Dieu seul. Sire, cognoist là . B cause d’un événement si tragique. Votre Majesté B aura connu par plusieurs de mes lettres les tristes B j)résages que j’en avois. J’ay veu la reyne quelques B heures avant sa mort. Le roy son mari m’a refusé B deu.x fois cette grâce. Elle m’a demandé elle-même fl avec tant d’instance qu’oii m’a fait entrer. J’ay B trouvé, Sire, qu’elle avoit toutes les marques de la B mort ; elle les cognoissoit et n’en estoit point B effrayée. Elle estoit comme une sainte à l’égard de B Dieu, et comme un héros à l’égard du monde. Elle B m’a commandé d’assurer Votre Majesté qu’elle B estoit en mourant, comme elle estoit pendant sa B vie, la plus fidèle amie et servante que Votre Ma- B jesté pût avoir. » L’ambassadeur essaya pourtant de constater l’empreinte que le crime avait laissée sur la reine; mais on fit bonne garde autour de la morte ; des ordres mystérieux la mirent sous séquestre. Il voulut assister â l’autopsie du corps ; on repoussa sa réclamation ; il aposta au seuil de la chambre mortuaire des chirurgiens chargés d’y pénétrer dès qu’elle s’ouvrirait et d’examiner le cadavre : les précautions étaient prises ; la porte resta scellée comme la dalle d’une tombe. Quelques jours plus tard, les soupçons de l’ambassa-
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deur se précisent; il dénonce à Louis XIV un- groupe entier de coupables. « Ce sont, Sire, le comte d'Oio- « pesa et don Kmmanuel de Lira. Nous n’y mettons « point la reyne mère; mais la dncliesse d’Albu- (I (|uerque, dame d'honneur de la reyne, a eu une « conduite si suspecte, et' a mar([ué une joie si « grande, dans le moment mesme (pie la reyne .se « moiiroit, (pie je ne puis la regarder (pi’ avec lior- « reur, et elle est créature dévouée à la reyne « mère. » — 11 désigne encore Krancliini, le médecin de la reine, qui a persisté, malgré .ses avis, dans lin traitement homicide, et (pii le fuit depuis l’événement comme s’il redoutait son regard. « En « sorte. Sire, que sa conduite m’est suspecte. Je « sçais de plus qu’il a dit à une personne de ses « amis qu’il estoit vray (pie dans l’ouverture du « corps, et dans le cours de la maladie, il avoit « remarqué des symptômes e.\traordinaires, mais « qu’il y alloit de sa vie s’il parloit, et ([ue ce qui « venoit d’arriver l’avoit obligé depuis longtemps à « souhaiter passionnément son congé. »... « Le « public se persuade présentement le poison et « n’en fait aucun doute ; mais la malignité de ce « peuple est si grande que beaucoup de gens l’ap- « prouvent, parce que, disent-ils, la reyne n’avoit « pas d’erifans, et ils regardent le crime comme « un coup d’iitat qui a leur approbation... 11 est « très vray. Sire, qu’elle est morte d’une manière « bien horrible. »
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En France, le crime parut évident. Louis XiV annonça olTiciellement l’empoisonnement de la reine d’Espagne. Ce fut à souper, selon sa coutume ; c’était là qu’il prononçait ses plus graves paroles. Il avait fait de scs repas une solennité, et de sa table un autel. Assis seul, presque toujours silencieux, sous un dais, derrière un balustre, entouré des dignitaires de la coupe et de la serviette, il semblait accomplir une fonction sacrée. Alors s’il élevait la voix devant la cour assemblée, on eût dit un pontife interrompant un office pour [iromuIgCier un dogme nouveau. On lit dans le journal de Dangeau : « Le roi a dit, en soupant : « La reine d’Espagne est morte empo’i- M sonnée dans une tourte d’anguilles ; la comtesse « de Panitz, les caméristes Zapata et Nina, qui en ont M mangé après elles, sont mortes du môme poison. » La parole l'oyale se réperwta d’échos en échos avec les variations du soupçon. M'"' de Sévigné, qui se souvient de la Brinvilliers, écrit : « Gela sent bien le fagot. » — Mademoiselle, dans ses Mémoires, accuse « le duc de Pastronne d’avoir parlé « de la reyne bien mal à propos. Ses discours « ont bien contribué à son malheur, et à sa fin « tragique. « Elle dit ailleurs : « Le comte de Mau- « selle (Mansfeld?) est celuy qui fut cause de sa <1 mort, à ce. qu’on m’a dit. » — iM""’ de Lafayette, qui avait vu mourir la mère, ne doute pas de l’empoisonnement. « A la vérité, dit-elle, la manière « dont la reine d’Espagne mourut ajouta quel-
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« que chose à la douleur de Monsieur, car elle mou- « rut empoisonnée. Elle en avoit toujours eu du « soupçon, et le mandoit presfjue tous les ordinaires « à Monsieur. Eiilin, Monsieur lui avoit envoyé du « contre-poison qui arriva le lendemain de sa mort. « Le roi d'Espagne aimoit passionnément la reine ; « mais elle avoit conservé pour sa patrie un amour « trop violent pour une personne d’esprit. »
Témoin de l’agonie de la mère, M'"* de Lafayette eut à raconter encore -la mort de la lille. Nous lui devons de connaître la touchante Æssemblance des deux sacrifices. Lorsque l’ambassadeur d’Angleterre, appelé au lit de mort de -Madame Henriette, lui demanda si elle. était empoisonnée : — « Je- ne « sais, — dit M'““ de Lafayette, — si elle lui dit « quelle l’étoit, mais sais bien qu’elle lui dit qu’il (I n’en falloit rien mander au roi son frère, qu’il fal- « loit lui épargner celte douleur, et (ju’il falloit sur- « tout qu’il ne songeât point à en tirer vengeance, « que le roi n’en étoit point coupable. » — Ainsi, elle ne fut pas seulement a douce envers la mort, comme H elle l’était envers tout le monde, » selon les paroles de Bossuet, elle fut douce encore envers le meurtre et la trahison. Peut-être aussi l’aimable princesse voulut-elle mourir gracieusement, comme elle avait vécu : peut-être avait-elle compris qu’il n’était point décent tle mourir empoisonnée à la cour de France, et que lorsque la Mort s’y présen-
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tait sous une forme étrange, il fallait la recevoir en silence, et lui garder le secret.
La reine d’Espagne ne fut pas moins « douce en- « vers la mort » que sa mère. Elle imita son exquise réserve et son saint .silence. Elle jeta d’elle-même sur sa tète mourante le voile des victimes vouées aux dieux infernaux. « La reine, dit 11“"’ de « Lafayette, pria l’ambassadeur de France d’as- « surer Monsieur qu’elle ne songeoit qu’à lui en « mourant, et lui dit une infinité de fois qu’elle M mouroit de sa mort naturelle. Cette précaution « qu’elle prenoit augmenta beaucoup les soupçons « au lieu de les diminuer. » — Qu’il est noble et pathétique, ce martyre de la bienséance royale et de la dignité du trône ! Qu’il est touchant, cèt acquiescement résigné au secret d’État qui a décidé sa mort et qu’elle subit sans le comprendre ! C’est l’Iphigénie de Racine ajustant à son front les bandelettes du sacrifice.
Cessez de vous troubler, jous n’ôtes point tralii ;
Quand vous commanderez, vous serez obéi.
Marie-Louise emporta avec elle l’ombre de raison et la lueur d’âme qu’avait encore Charles II. Il stir^ vécut dix ans, si l’agonie est la vie. On le remaria à Marie-Anne de Neitbourg, sœur de l’impératrice-.
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mais ce mariage in extremis, sans espoir de postérité, ne fut (ju’une machination politique. C’était l’Intrigue autrichienne entrant dans le lit du mourant pour s’emparer de son héritage, lin grand poëte a transfiguré cette pâle et douteuse figure ; la seconde feinme de Charles II serait restée, sans lui, dans les limbes obscures de l’iiistoire; la reine de Ihiy-Blas rayonne de l’immortelle beauté des élues de l’art. Comme l’Euphrosine de Gœthe, elle peut dire : « Là- (I bas, dans le royaume de Perséphone, flottent en <i masse pêle-mêle les Ombres séparées de leur « nom; mais celte que le poëte chante, celle-là « marche à part, dans une forme qui lui est propre, « et se joint au chœur des héros... Un poëte aussi M me forma, et ses chants complètent en moi ce que « la vie m’avait refusé. » • — Mais, en écartant cette forme idéale, l’histoire ne trouve qu’une femme avide et violente, obsédant de captations le chevet d’un mari malade. Vouée à l’Autriche, la nouvelle reine soutenait âpreinent les droits de l’archiduc Charles à la succession de l’Espagne. Transfuge de sa propre race et de la cause qu’elle avait d’abord soutenue, la reine mère portait au trône le fils de l’électeur de Bavière; tandis que Louis XIV, appuyé par une puissante faction intérieure, envoyait au seuil du noyaume une armée le réclamer pour son petit-fils. Ainsi enlacé d’inextricables intrigues, harcelé par des querelles domestiques, bourrelé de scrupules que la conscience de sa mort prochaine trans-
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fôrmait en épouvantements, l’être misérable sur l’empire duquel le soleil ne se couchait jamais, offrait au monde je spectacle d’un moribond au pillage'. Comme Charles-Quint, son aïeul, il assistait à ses funérailles ; il se sentait, pour ainsi dire, démembré avec son royaume. Autour de lui, tout était pièges, trames, complots, ambitions attendant sa mort comme une échéance. 11 pouvait lire chaque matin, dans l’œil perçant des ministres et des diplomates, le froid calcul de sa fin prochaine. On eût dit un mourant déjà couché sur la table de l’amphithéâtre et entouré de chirurgiens prêts à porter sur lui le scalpel. Les traités de partage se dressaient et se débattaient sous ses yeux ; chaque*parti les lui faisait signer et déchirer tour à tour. — Le Romancero raconte que le cadavre du Cid, sanglé sur son coursier, gagnait des batailles : lui, cadavre vivant, dont des mains sacrilèges tiraient les gestes et remuaient la tête imbécile, il présidait machinalement à la, curée de l’Espagne.
Sa décadence physique prit, dans ses dernières années, l’aspect d’une dissolution ; son corps n’était qu’un nœud de maladies compliquées : à trentehuit ans, il avait le masque d’un octogénaire. Un portrait de Garreno, peint vers cette époque, le montre à l’état presque cadavérique : les joues creuses, l’œil fou, les cheveux pendants, la bouche
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convulsée. Un eirarenient de visionnaire idéalise cette tète ravaf'ée ; on croitvoir Harnlet, au cinquième acte du drame. Aucune horreur ne manqua à son agonie. Pour achever sa raison blessée, la camarilla le livra de nouveau aux magiciens et aux exorcistes. Le Diable fut évoqué et interrogé devant lui; il affirma que la maladie du roi était produite jiar un sortilège : une drogue composée avec un cerveau humain et administrée dans du chocolat avait desséché ses nerfs et vicié son sang. Pour guérir du philtre infernal, il devait avaler chaque jour une tasse d’huile consacrée. L’Inquisition intervint et arrêta les sorciers; elle surprit le confesseur du roi dans cette sombre intrigue ; mais Charles II ne se rendit plus de ce cauchemar. Comme Oreste aux Fuiies, il appai’tint dès lors aux Démons. La nuit, trois moines veillaient et / psalmodiaient autour de son lit, pour en chasser les
fantômes.
Lorsqu’il se levait de ce lit de vertige, c’était pour ' errer des journées entières dans les Sierras qui environnent l’Escnrial, pareil à ces âmes en peine qui rôdent autour de leur sépulture. Là, du moins, le bruit du monde se disputant son empire n’arrivait plus jusqu’à lui ; là il n’entendait plus le glas de sa dynastie sonner comme un tocsin dans l’Europe en armes. 11 aurait pu s’écrier, comme David fuyant au désert,: h Ma force s’est desséchée comme l’argile, je <1 compte tous mes os; eux, ils me regardent. — Ils « se distribuent mes vêtements et les tirent au sort. »
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L’Espagne l’aimait malgré tout ; elle se rattachait passionnément à cette chétive incarnation de son intégrité et de sa puissance. Il était le seul lien de tant de royaumes, la seule fiction qui empêchât cet immense empire de se désagréger et de se dissoudre. Ses misères d’esprit et de corps ne faisaient qu’accroître l’aflection du peuple. Les nations ont de ces tendresses ; elles aiment les princes dont elles ont pitié ; elles pardonnent tout à ceux qui ne savent pas ce qu’ils font.
On sait l’amour de la France pour Charles VI, pour ce pauvre roi fou qu’elle surnomma le Bienuimô, comme une mère invente des noms tendres pour l’enfant malade. Au milieu des effroyables calamités de l’époque, pas une plainte ne s’élève contre l’être passif et irresponsable, de qui viennent pourtant tous les maux. On s’inquiète de sa santé, on redemande à Dieu, à la Vierge,, aux Saints, au Diable même sa raison perdue. Les sauvages émeutes d’Assommeurs qui rôdent, en vociférant, dans les rues sombres du vieux Paris, font silence lorsqu’elles passent sous les fenêtres du Louvre. Elles appellent « le chier sire, » il apparaît tremblant et docile : il se fait une pause de douceur, de compassion, de tendresse: « Vive le roi! m L’émeute reprend sa marche et se remet à tuer. A sa mort, ce fut un deuil et une lamentation unanimes : « Ah ! très- (1 cher prince, — criait le peuple de Paris, — jamais <i nous n’en aurons un si bon ! tu vas en repos ;
LA COUK D’ESPAGNE
« nous demeurons en tribulation et douleur. » Ainsi, la France à l’agonie oubliait de se plaindre pour s’attendrir sur l’insensé qui la faisait mourir. — (( Pauvre fou ! » — dit le roi Lear à son bouffon fidèle qui le suit, en grelottant, à travers la neige et la nuit — , « pauvre fou! il est encore une partie de « mon cœur qui souffre pour toi ! » Qu’elle est plus touchante, celte bonne parole, lorsque c’est un peuple qui la dit à son- roi !
L’Espagne, comme la France, aima jusqu’à la mort son roi « ensorcelé » Hcrhizado : c’est le surnom qu’elle lui avait donné. Elle ne lui imputait ni les misères, ni les opprobres, ni les ruines, ni les dilapidations de son règne. Sa folie lui donnait le prestige de l’enfance et de l’innocence, lin jour pourtant, le peuple de jMadrid afi’amé par des ministres accapareurs, envahit la cour du Palais et demanda à voir le roi. La reine parut au balcon et dit que le roi dormait. « 11 a dormi trop longtemps, » — s’écria une voix partie de lafoule, — « il est grand temps qu’il « se réveille. » Alors la reine se retira en pleurant, et, quelques instants après, le roi apparut. 11 se traîna vers la fenêtre d’un air égaré, et salua son peuple en remuant les lèvres, lin grand silence se fit comme dans la chambre d’un mourant; puis des cris d’amour s’élevèrent de cette multitude qui, tout à l’heure, hurlait de colère. Elle salua celui qui allait mourir et se dispersa tranquillement.
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Aux approches de son dernier jour, le génie funèbre qui, depuis deux siècles, possédait les princes de sa race, inspira tà Charles II, une démarche étrange. La curiosité du cercueil, l’amour de la mort, l’envie malacfive d’entr’ouvrir les portes du sépulcre et de contempler ses mystères, étaient héréditaires dans sa dynastie. Son plus lointain aïeul, Charles le Téméraire, portait'dans le carnage un sombre délire ; les vapeurs du champ de bataille l’enivraient comme celles d’un vaste banquet. « Voilà une belle vue ! » disait-il en poussant son cheval dans l’église de Nesle encombrée de morts. — Jeanne la Folle, mère de Charles-Quint , promena en litière par toute l’Espagne le cadavre embaumé de son mari l’Archiduc ; elle l’étendit dans le lit nuptial et le veilla cinquante ans. — Charles-Quint, à Saint-Just, célébra la répétition de ses funérailles. — Philippe 11 s’enterra vivant dans la crypte de l’Escurial, près de sa bière dressée dans un coin, comme un des meubles de sa famille. Quelques heures avant d’expirer il se fit apporter une tête de mort et posa sur elle la couronne royale. — Philippe IV se couchait souvent dans le cercueil qu’il s’était fait fabriquer d’avance, comme pour en prendre la mesure, et voir comment il y dormirait. — Ces rois, qui vouaient l’Espagne