‹ Hommes Et DieuxChapitre 57 sur 84 · LES COMÉDIES · texte numérisé non relu

LES COMÉDIES

Après long travail et usaige, ■

Voicy la mort qui le convie.

Elle n’esi, pas mcfins douce au pauvre Messager qui cliemine vers ht ville, ployé en deux par sa lourde balle. 11 a la sueur au front et le souille aux dents; U. rappelle- ces patients du Dante, qui rampent sous d’énormes pierres dans les èenliers du Purgatoire, s’arrêtent çà et là, respirent longuement et murmurent d’une voix si basse que le poëte les entend à peine : Pin non posso! « Je n’en puis plus! » — Pas de borne où déposer .son fardeau , pas de Cyrénéen pour le porter à sa place. Mais la Mort survient, charitable et compatissante; le rictus de sa bouche grimace un vggiie sourire de bonté. Elle défait doucement les dures courroies de la besace du pauvre homme, et lui adresse ce miséricordieux appel :

Venez, et après moi tiinrchcz,

Vous (]ui ôtes par trop chnrgès.

C’est assez suivi les inareliés,

Vous serez par moi décliargés.

Le Fou, non plus, ne craint pas la Mort. Elle lui a pris sa marotte et sa cornemuse, et elle l’emmène avec de grotesques gambades. Le boullbn lui rend grimace pour grimace, et part, en piroüetlant, avec elle. Qu’importe à cet homme de farce et de joie? 11 n’a pas vécu, il a passé sur la vie, fantastique et superficiel comme l’Ombre chinoise. Qu’y a-t-il de changé dans sa destinée? Lorsqu’il gît à terre entre les

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