DE LA MOUT
A travers ces jeux de la forme persiste la moralité dominante ; celle de la fraternité humaine se retrouvant avec efl'roi entre les bras de l’impartiale Destruction.
11 y a trente ans, Grandville entreprit de refaire la Danse Macabre à l’usage du xix' siècle. Üu y voyait un squelette déguisé en groom, eu avocat, en pharmacien, en garde national, parcourir les rues et visiter les maisons du Paris moderne. Mais la foi manquait à cette parodie des austères images du vieux temps. La Mort, dans les froides lithographies de Grandville, prend la forme prosaï([ue du IkWs, ce spectre bureaucrate qui gère le cimetière comme un arrondissement silencieux.
Lu dehors de la Dame Miiaibre, c’est presque toujours sous l’elligie d’un squelette que la Mort se montre dans les allégories de la poésie et des arts. Tantôt elle s’habille en chasseresse et part pour la curée humaine, le cor à la bouche et le faucon s'ur le poing. Tantôt elle parade aux obsèques royales, appuyée sur une grande lance et ceinte de la couronne du roi mort. Pétrarque la promène sur le char de triomphe des anciens Césars ; Albert Durer la met à cheval, une horloge de sable à la main, derrière un cavalier pensif qui s’enfonce dans une forêt téné-
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