LES LO MI. S DE EL ES
nains velus qui thésîiuriseut dans le crcu.v des pierres, des nixes aux dents vertes qui gardent au fond de l’eau les âmes des noyés, des ogres qui mangent la cliair fraîche , des vampires qui boivent le sang chaud, des vierges-serpents qui rampent dans des souterrains, des preneurs de rats qui emportent les petits enfants, des sorcières à califourchon sur des chats d’I'ispagne, des mandragores qui chantent sous les potences, des /lomonnilcs (jui vivent, comme des sangsues, au fond d’une bouteille... toute une mythologie folle et sinistre, dont le diable est le Jupiter et dont le sabbat est l’Olympe. Cette .sorcellerie excentrique n’a sans doute ni l’ harmonieuse beauté de la Fable grecque, ni l’éclat du conte de l’Orient. Et pourtant, que de poésie dans ses cauchemars! que d’aurores boréales dans cette nuit du Nord ! que d’apparitions délicieuses surgissent à chaque détour de la forêt des légendes! — C’est la Willis dansant du bout de .ses pieds morts sur l’herbe pâle des clairières; c’est l’Ondine folle et sans âme peignant ses cheveux d'or au bord des fontaines; c’est la Femme- Cygne qui dépouille, lorsqu’elle vient à terre, s:i robe de plumage; c’est la Walkirie qui raye de ses patins d’argent l’opale à perte de vue des glaces Scandinaves; ce sont ces volées de lutins et de farfadets, dont les noms seuls brillent comme des gouttes de rosée au soleil : Origan, Marjolaine, Saute-aux- Champs, Saute-Buisson, Saute-au-Bois, Verd-Joli, Jean-le-Vert, Jean-des-Arbrisseaux, Fleur-de-Pois ,