‹ Homosexualité et PsychopathiesChapitre 17 sur 39 · TION · texte numérisé non relu

TION

Ce cas nous paraît intéressant à retenir par l’analogie qu’il offre avec ceux où nous avons déjà relevé les rapports fréquents des tendances homosexuelles et des états de manie avec ou sans déséquilibre cyclothymique.

Nous relevons également l'observation suivante publiée en 1913 par J. Roubinovitch et P. Borel (107) dans l’Encéphale, sous le titre : Un cas d’uranisme, enlèvement de

mineur par un inverti.

OBSERVATION 39. — Il s'agissait d’un jeune homme de 18 ans, qui, ayant enlevé un garçonnet de 14 ans, le soumettait, sous la pression de menaces de mort, à divers actes homosexuels. Sur plainte des parents de l’enfant, le ravisseur fut arrêté et expertisé par l’un des auteurs, lequel avait déjà eu l’occasion de l’observer pendant six mois dans son service. Roubinovitch et Borel insistent sur la corrélation de la perversion sexuelle et des troubles mentaux, caractérisés par une instabilité de l’humeur avec déséquilibre cyclothymique illustré par un graphique tracé par le malade lui-même qui se sent tantôt très malheureux, déprimé et anxieux, tantôt au contraire euphorique et faisant preuve d’une vitalité extraordinaire.

Moll (80), qui fit de nombreux travaux sur l’homosexualité, continua l’œuvre de Krafft Ebing (53). Il compléta la « Psychopathia sexualis », dont les dernières éditions ont été complètement refondues par lui, et

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l’enrichit de nouvelles observations. En voici une, particulièrement démonstrative, d’homosexualité périodique.

OBSERVATION 40. — C’est l’auto-observation d’un médecin qui écrit: « Mais, chez moi, le penchant homosexuel se manifeste par intermittence, comme une folie périodique, et, en général, je parviens, tout au moins dans ces derniers temps, à surmonter incontestablement ces accès. Je suis désireux de me marier, mais je n’ose pas aborder cette question sans une explication préalable avec un psychiatre, »

H. Claude (17), dans son rapport au Congrès des médecins aliénistes et neurologistes de 1926, cite le cas suivant d’un malade qui présentait depuis son adolescence, à la suite d’un choc moral (propositions de relations pédérastiques au collège), des crises d’une durée environ de dix mois au cours desquelles s’extériorisaient d’une façon évidente ses tendances schizoïdes habituelles.

Lors du dernier accès qui se traduit par des troubles du comportement, une fugue de Paris à Rome, des violences sur l’entourage, de l’indifférence apparente, une froideur bizarre avec des rires immotivés, on remarque, en outre, dans les travaux de peinture auxquels il se livre, une note érotique évidente : dessins de danseuses à moitié nues aux poses lascives. Un jour, il insulte une infirmière, l’accuse de mœurs dégoûtantes, de coucher avec d’autres femmes dans une pièce voisine. Quelques jours après, il se montre plus hautain, plus distant encore que par le passé, accueille mal les médecins, les met à la porte, se plaint que l’établissement est plein d’homosexuels, qu’il les entend sous ses fenêtres la nuit (pseudo-hallucinations par automatisme mental), il traite même le médecin de pédéraste. (OBSERVATION 41).

Nous retrouvons ici des manifestations délirantes analogues à celles que nous avons relevées dans plusieurs autres observations où il semble que les tendances homosexuelles du malade soient projetées à l'extérieur sur l'entourage qu’il accuse de mœurs contre nature. Notons également ici l’excitation érotique si fréquemment rencontrée dans les états délirants à thèmes semblables.

Dans un cadre nosologique voisin, Paul Abély (1) a publié l’observation suivante d’un schizophrène chez lequel apparurent au début de l’évolution des troubles mentaux des tendances homosexuelles,.

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Chez ce jeune homme de 22 ans, très réservé et timide dans sa jeunesse, est apparue depuis deux ans une asthénie progressive avec insomnie et inquiétude. Puis il devient anxieux, il se sent de plus en plus incapable de penser, il est obsédé par un sentiment d’étrangeté, de transformation; pour calmer son anxiété, il fait de longues randonnées, véritables fugues au cours desquelles il marche pendant des heures. Il est alors l’objet, de la part d’un homosexuel, de propositions non déguisées. Depuis, il est préoccupé par la peur de passer aux yeux de son entourage pour un inverti et fait des interprétations dans ce sens, cependant qu’il se sent en lui-même efféminé et attiré physiquement par les hommes (OBSERVATION 42).

L'auteur attire l’attention sur certaines particularités du comportement de ce malade: signe du miroir, maniérisme stéréotypé avec affectation d’allures féminines, lesquelles lui paraissent sous la dépendance de l’homosexualité nette de ce malade, en insistant par ailleurs sur l'importance de l’émotion provoquée par la conscience de cette anomalie, dans le déterminisme du repliement sur soi-même qui aboutit à l’état schizoïde observé.

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