‹ Homosexualité et PsychopathiesChapitre 20 sur 39 · LORS ÊTES · texte numérisé non relu

LORS ÊTES

anatomique dans le testicule des invertis, en décrivant de grandes cellules épithéliales analogues aux cellules lutéiniques de l’ovaire dans le tissu interstitiel de quelques-uns d’entre eux, ce qui d’ailleurs, pour Benda (6), Hirschfeld (49), Sternberg, serait une erreur histologique. Différents auteurs ont eu l’idée de modifier l’homosexualité par la greffe testiculaire sans aucun résultat positif.

Dans certains cas bien particuliers et rares, tel celui publié par Hans Binder (7), il semble qu’on puisse incriminer un véritable hermaphrodisme glandulaire pour expliquer l'homosexualité.

Il s'agissait, dans cette observation, d’un schizophrène qui fut élevé à l’école comme une fille. Sorti de l’école, il a le comportement social et les goûts d’une jeune fille, dont il a l'apparence jusqu’à 20 ans, puis, puberté, érections, désirs sexuels dirigés sur des hommes, aventures amoureuses d’homosexuel, port de vêtements féminins. Depuis cette puberté il a présenté des hématuries de type menstruel se reproduisant tous les mois ; gynécomastie. En 1929, vers l’âge de 40 ans, cette menstruation est devenue irrégulière, en même temps sont apparus des troubles de l’humeur avec agitation et anxiété qui l’ont amené à consulter. Quelque temps après, dégoûté par ses organes virils, il pratique sur luimême l'opération du « bistournage » qui nécessite une intervention chirurgicale avec castration complète. Depuis lors, ses tendances féminines se sont accusées et sublimées, Il a demandé qu’on statue sur une modification de son état civil. Sur le rapport des experts qui concluent à une telle ambiguïté physiologique qu’il faut laisser au sujet le soin de fixer son sexe, elle est enregistrée désormais sous le nom de Marthe D... Ce qui justifie le rapport des experts est évidemment le fait que chez cet individu on a pratiqué (Alderhalden lui-même) la réaction d’Alderhalden qui a montré à plusieurs reprises, au temps de la menstruation, des produits de désintégration ovarienne dans l’urine ; seulement, au moment même de la castration, il y a eu présence de produits de désintégration testiculaire. Depuis lors, il n’existe aucune trace de sécrétions internes génitales.

Marañon (76) dont l’œuvre est surtout basée sur l’endocrinologie expose une théorie de la sexualité d’après laquelle l’homme et la femme suivraient sur un rythme et une chronologie différents, une évolution cyclique parallèle d’un stade à prédominance féminine, l’enfance,

DT

vers un stade à prédominance masculine, la vieillesse. Chez l’homme, le remplacement des caractères féminins par les caractères masculins se ferait très rapidement à la puberté pour s’accentuer progressivement suivant l’âge, chez la femme cette transformation d’abord insensible se produirait surtout à partir de la ménopause. Cette théorie découle de la notion d'états intersexuels conditionnés par le mélange en proportions variables, de caractères sexuels anatomiques ou fonctionnels du sexe du sujet et du sexe opposé avec prédominance habituelle du premier. Marañon regarde l'homosexualité comme un état intersexuel. Il insiste d’ailleurs sur la fréquence chez les homosexuels, parallèlement à l’inversion de l’instinct, d’une inversion significative des caractères somatiques.

Sainton (109) étudiant les états intersexuels, en particulier l’hermaphrodisme et le pseudo-hermaphrodisme, écrit que chez certains sujets, il paraît exister, en l’absence de toute conformation histologique anormale, une potentialité hétérosexuelle en rapport avec un trouble hormonal. Il pense que l'homosexualité, réalisant un bermaphrodisme psychique, serait due à un trouble de cette nature.

Avant d’aller plus loin dans cet exposé sur la pathogénie endocrinienne de l'homosexualité, nous indiquerons que la question est extrêmement complexe ; elle comprend en effet un côté anatomique et histologique qui a été bien étudié, tandis que le problème du nombre, de la nature chimique et du mode d’action des hormones entre à peine dans la voie des recherches.

D’après les travaux de Ch. Champy (12) et de ses collaborateurs, travaux résumés dans la thèse toute récente de notre ami Jean Tusques (128), il semble même que l’on doive abandonner, en face du problème des hormones sexuelles, le point de vue habituel qui consiste à opposer nettement les actions des hormones mâles et femelles et à attribuer à chaque sexe séparément ses caractères morphologiques et fonctionnels différenciés. Ces auteurs ont attiré l'attention sur une série de phénomènes de développement et de comportement liés à la présence des glandes génitales ou à leur maturité, mais

communs à l’un et à l’autre sexe, et qu’ils ont nommés « caractères ambosexuels ». L'existence de ces caractères infirme la notion de spécificité des hormones sexuelles, lesquelles, pour eux, ne s’opposent pas par des propriétés différentes mais se distinguent chez le mâle et chez la femelle d’une façon quantitative et non qualitative. La notion de cette ambosexualité des hormones permettrait de comprendre certains faits de morphologie, d’ethologie et de psychologie sexuelle. Tusques cite les cas, étudiés par Pozzi, des pseudo-hermaphrodites ayant une psychologie sexuelle conforme à leur éducation : sujets mâles d’après leurs gâmetes présentant un comportement femelle et vice-versa.

Du reste, les études cliniques et anatomo-cliniques établissent qu’il existe des interactions entre les diverses glandes endocrines, dont l’activité serait soumise par ailleurs à l’action du système sympathique et de certains centres nerveux.

C’est ainsi que des troubles thyroïdiens peuvent avoir un retentissement sur les glandes sexuelles. De même, les incrétions de l’écorce de la surrénale et de l’hypophyse interviennent dans l’apparition ou la modification de certains caractères sexuels.

H. Claude (16) insiste sur le virilisme avec hirsutisme, que l’on observe chez la femme dans les lésions de la surrénale et en particulier sur les formes frustes avec règles pauvres, à suppression précoce, masculinisme et pilosité, troubles psychopathiques fréquents. La nature de ces formes frustes de virilisme surrénal, écrit-il, liées à l’existence d’altérations des cellules dérivées de l’épithélium wolfien ne doit pas être perdue de vue, lorsqu’on est en présence d’un sujet atteint de troubles psychopathiques avec perversions génitales.

Plusieurs auteurs ont bien mis en évidence les relations de l’hypophyse avec le système endocrinien génital.

Castex et Camauer (11) rapprochent des modifications morphologiques consécutives à la castration chez l’homme celles que l’on observe dans les lésions, en particulier les tumeurs, de l’hypophyse et de la région infundibulo-hypophysaire ; ils décrivent ainsi un féminilisme

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