‹ Homosexualité et PsychopathiesChapitre 21 sur 39 · PRO · texte numérisé non relu

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diencéphalique. Pour ces auteurs, l’explication du mécanisme par lequel se produisent les phénomènes de transformation corporelle et psychique dus à la suppression des glandes endocrines génitales doit se voir dans le rôle principal qui revient au centre nerveux hypothalamique du cinéreum. Ce centre ou plutôt ces centres, car il y aurait deux centres distincts quoique très voisins l’un de l’autre, présideraient au développement testiculaire et à celui des caractères sexuels. Leur théorie repose sur l'existence d’une phase indifférenciée au point de vue sexuel de l'embryon, qui possède alors (5° semaine), à la fois des canaux de Müller, mâles et femelles. La phase de différenciation sexuelle se déroule pendant les dix semaines suivantes, mais il reste toujours des îlots embryonnaires du sexe opposé, capables d’évoluer à n’importe quel moment si la glande prédominante disparaît. Comme cette phase de différenciation se fait à un moment où les endocrines (habituellement incriminées) n’ont pas encore commencé à fonctionner, Castex pense que ce sont les centres nerveux diencéphaliques qui détermineraient cette différenciation sexuelle. Il y aurait du reste action réciproque entre ces centres et les glandes sexuelles. A l’état normal, les hormones auraient une action frénatrice sur ce centre, qui empêcherait ainsi le développement des restes embryonnaires et des caractères sexuels du sexe opposé. Et aussi une lésion de ces centres troublerait l’influence morpho-régulatrice qu’ils ont sur le psychisme et le développement corporel.

Marañon rapproche de certains caractères intersexuels des invertis l’existence d’une haute taille qu’il assimile au gigantisme acromégalique dont on sait la nature hypophysaire, et qui s'accompagne si souvent de troubles de la sphère génitale. Il illustre cette affirmation en donnant l'exemple d’Oscar Wilde, chez lequel Bernard Shaw, « observateur de génie », retrouvait les malformations acromégaliques dont Lady Wilde, mère d’Oscar, était atteinte.

En 1931 Parhon (86), dans une communication à la Société Médico-Psychologique, rappelle les étroites relations qui unissent les fonctions génitales avec la région

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infundibulo-hypophysaire et les troubles de ces fonctions avec les altérations de l’hypophyse ou du système nerveux de voisinage (rôle stimulant du lobe antérieur de l’hypophyse sur la maturation sexuelle, infantilisme hypophysaire, troubles génitaux des géants acromégales). Il attire l’attention sur plusieurs cas, où il a observé en même temps des phénomènes d’homosexualité et des lésions ou des symptômes hypophysaires, et en particulier celui d’un jeune étudiant atteint de manie avec délire érotique, s’appelant lui-même la dame turque, chez lequel il observa une conformation acromégalique des plus nettes. Ces faits montrent d’une façon incontestable, écrit-il, que des phénomènes d’inversion sexuelle, non seulement somatique mais psychique, peuvent se trouver étroitement liés à des troubles hypophysaires ou de la région nerveuse voisine, de la base du cerveau. Pour Parhon, on doit vraisemblablement expliquer aussi de cette façon les phénomènes d’inversion psychosexuelle qu’on a pu observer à la suite des traumatismes de la tête. Il est intéressant de rapprocher de ces notions les troubles hypophysaires constatés par P. Abély, Passek et Couléon (2), dans la manie où précisément nous avons observé dans plusieurs cas des tendances homosexuelles.

Les théories considérant l’homosexualité comme liée non seulement à un déséquilibre hormonique, mais aussi à certains troubles nerveux, sont également intéressantes à retenir pour expliquer le mécanisme de certains cas d’homosexualité consécutifs à des infections neurotropes, comme nous aurons l’occasion d’en exposer par la suite. Trelles (127), dans un article sur le support nerveux de la sexualité, attire l’attention sur l’existence de centres diencéphaliques, qui comprendraient un dispositif régulateur de l’instinct, et il conclut que les lésions de ce centre, par tumeurs ou encéphalite, peuvent déterminer des perversions sexuelles et même l’homosexualité.

Trelles indique, par ailleurs, le rôle de la corticalité dans les modalités du comportement sexuel. Les lésions du lobe préfrontal, comme l’a signalé Lhermitte (61),

s’accompagnent parfois d’une impulsivité érotique brutale très particulière, dont nous pourrions rapprocher certaines de nos observations. Mais nous n’avons pas des documents anatomo-cliniques qui nous permettent de formuler des conclusions dans le sens d’une lésion nerveuse analogue.

Nous avons insisté assez longuement sur les théories pathogéniques faisant appel aux troubles hypophysaires ou de la région nerveuse de voisinage, région infundibulotubérienne, centres végétatifs du diencéphale ; l’exposé que nous avons fait montre la complexité des mécanismes invoqués. Dans ces mécanismes entrent en jeu, d’une part, la partie glandulaire ou lobe antérieur de l’hypophyse, d’autre part, les centres nerveux diencéphaliques ; ces deux facteurs, pouvant intervenir sur l’activité des glandes sexuelles, ou inversement être troublés par des modifications de l’incrétion de ces glandes. De plus, il existe des intéractions entre l’hypophyse et les centres nerveux hypothalamiques, comme il en existe entre les diverses glandes endocrines, peut-être par l’intermédiaire de centres végétatifs.

Récemment, J. Lhermitte (62), dans un rapport sur les syndromes anatomo-cliniques dépendant de l'appareil végétatif hypothalamique, a essayé de faire une discrimination de ce qui revient aux lésions hypophysaires et aux lésions hypothalamiques, après avoir montré l’importance des connexions anatomiques et physiologiques et des interactions physiologiques hypophyso-diencéphaliques. Pour lui, l’acromégalie, le gigantisme, le nanisme, la maladie de Cushing, seraient d’origine hypophysaire, tandis que le diabète polyurique ou insipide, la narcolepsie, l’hyperorexie, la polydypsie, la glycosurie, l’obésité et les lipodystrophies seraient des syndromes infundibulo-tubériens de même que le syndrome adiposo-génital et la macrogénitosomie précoce. Cette classification montre qu'on devrait incriminer davantage, du point de vue lésionnel, les centres hypothalamiques que l’hypophyse dans la pathogénie des troubles qui font l’objet de notre étude. J. Lhermitte, dans son rapport, attire l’attention, comme l'ont fait Castex et Camauer, sur le problème d’une

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