‹ Homosexualité et PsychopathiesChapitre 29 sur 39 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Homosexualité dans la manie

et la cyclothymie

OBSERVATION 1. — X..., 65 ans, ancien officier, cyclothymique depuis sa jeunesse. Cependant, son déséquilibre ne se manifeste jusqu’à la guerre que par une courte phase de dépression soignée en maison de santé ouverte et de façon intermittente par des troubles de la conduite, qui n’attirent pas l’attention de sa famille ni de ses chefs et ne déterminent aucune intervention médicale (excès chroniques d’alcool, une fugue à Biarritz, au cours de laquelle il contracte la syphilis, enfin sa mésalliance avec une prostituée, dont il se sépare au bout de 3 ans de mariage).

Au début de la guerre, capitaine commandant un escadron de cuirassiers, il refuse d’exécuter certains ordres et passe en conseil de guerre. On s’aperçoit à ce moment que son refus d’obéir est en rapport avec des troubles mentaux. D’après les déclarations du malade, il semble qu’il ait présenté alors un état mixte, avec d’une part anxiété : il avait peur de monter en première ligne avec son escadron dont il était très fier : « Je voyais les blessés qui revenaient du front, si j’y étais allé avec mes cuirassiers, aucun n’en serait revenu », et, d'autre part, excitation coléreuse avec hauteur : « Je n’avais pas à exécuter des ordres qui commandaient à mes hommes de se battre comme des fantassins. »

Il n’est cependant pas réformé, mais envoyé en Afrique, d’où, après quelques mois, on le fait rentrer en France, pour le réformer temporairement d’abord, puis définitivement. Il présente alors une longue phase de mélancolie anxieuse, avec idées d’auto-accusation, de culpabilité, de ruine, idées et tentatives de suicide, pour laquelle il est soigné pendant 12 ans dans une maison de santé de la banlieue parisienne. Il en sort calme, mais pour peu de temps ; quelques jours Après sa sortie, son entourage remarque son excitation et ses excentricités. Il se rend au manège d’une caserne de cavalerie et demande qu’on lui selle un cheval ; il connaît

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