‹ Homosexualité et PsychopathiesChapitre 33 sur 39 · ROUES · texte numérisé non relu

ROUES

déposée, et un brigadier de la police est venu me chercher. J’ai tout avoué et si javais été un malhonnête homme, j’aurais tout nié. La femme de chambre voulait se plaindre parce que le jeune homme s'était oublié, il avait été à la selle dans son vase de nuit alors que les cabinets étaient à côté. Il était venu lire le journal dans ma chambre et il s’était mis tout nu. Il m'avait dit de me mettre à l'aise. Il m'a dit qu’il n’était pas à son coup d’essai, qu’il avait couché avec une petite cousine. Il m’a surexcité, énervé, je me suis frotté à lui et la nature s’est produite. En un quart d’heure j'ai fait cet acte abominable, odieux, dont j'ai souffert depuis comme un damné; pour cinq minutes de plaisir que jai voulu me donner, cela m’a causé une affaire formidable. »

Au cours de l’examen, on remarque, en outre de l’excitation déjà mentionnée, la pauvreté du fonds mental du malade. Au point de vue physique, on note un souffle systolique à la pointe du cœur, un peu de parésie faciale du côté droit avec exophtalmie, de la vivacité des réflexes tendineux ; la langue est un peu instable et tremblante, tremblement que l’on retrouve plus marqué au niveau des extrémités, il existe des troubles dysarthriques, mais les pupilles sont égales et réagissent bien à la lumière et à l’accommodation.

Une ponction lombaire est pratiquée le 8 décembre 1931 et donne les résultats suivants : tension (Claude) 29-10, couché. Albumine, 0 gr. 32. R. Pandy et Weichbrodt négatifs. Leuco, 0,2. Benjoin, 00000.02220.00000. Elixir parégorique, 0.0.0. B.-W., Meinicke négatifs. Dans le sang, B.-W., Meinicke et Kahn sont négatifs. L’urée est à 0,44. |

Il reste dans le service jusqu’au 22 décembre 1932, date à laquelle il est transféré dans une autre maison de santé.

Pendant son séjour à Neuilly-sur-Marne, on observe les mêmes signes d’excitation intellectuelle avec troubles du jugement qui se traduisent par une graphorée puérile avec réclamations réitérées auprès de lautorité administrative pour obtenir sa sortie. Il ne se rend nullement compte du caractère pathologique de son état, mais estime qu’il a commis une faute et que son internement constitue une peine qui a assez duré. On ne remarque rien du point de vue de son excitation sexuelle, sauf peut-être une tendance à l’exhibitionnisme manifestée lors du traitement pour une affection intercurrente. Nous lui avons fait subir une série d’injections intra-musculaires et, à chacune d’elles, il éprouvait le besoin, pour faciliter disait-il, la piqûre, de remonter sa chemise jusqu’au menton pendant qu’il laissait tomber son

pantalon à ses pieds.

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