CHAPITRE II
I. L'armée après le départ de Custine.— Proclamation des représentants. — Revue des truupes et acclamations en faveur de Custine. — Harangue He Delbrel. — Desacy au camp. — Disposition des soldats. — Le club de Cambrai. — Lespomarède. — II. Kilmaiue. — Situation alarmante d^s iroupes. — Destitutions et suspensions. — Lamarche ; liO Veneur; D'Hangest, etc. -- Les commandants de forteresses, Tourville, Rosière, Gobert, Lapalière, Neyrod. — O'Moran , Richardot et Jouy. — Seiitimenis des officiers et des généraux. — Le chef d'étatmajor Thuring-. -- Découragement. — III. Plan de Cobourg et de Hohenlohe. — CoUoredo. — Glerfayt et Alvintzy. — La colonne de York. — Conseil de guerre de Cambrai. — Retraite sur Arras. — Dispositions de Kilmaine. -- Affaire de Marquion (8 août). — Panique du gros de l'arméo. — Fautes des alliés. — Kilmaine au camp de Gav elle. — î<a suspension. — Le général BartheL — Lettres de Kilmaiuo et accusations portées contre lui.
1. Custine, mandé à Paris par le Comité de salut public, avait quitté Cambrai le 16 juillet. Dufresse, chargé par Bouchotte de sonder les esprits, prétend que ce départ ne produisit aucun effet, que tout demeura silencieux et que nul sentiment ne se manifesta (l).Mais Custine était aimé du militaire. Dans le premier transport
i. Dufresse à Bouchotte, 18 juillet (A. G.}.
de leur colère, des bataillons avaient déchiré ou brûlé les numéros du Père Duchesne qui le diffamaient, et ils déclaraient hautement qu'il était un brave homme, qu'il réorganisait l'armée, qu'il lui redonnait le courage et la vigueur (1). Un soldat du nom deFraneœur, répondait au journaliste Laveaux, l'un des plus implacables adversaires du général Moustache, que les troupes, lasses de leurs retraites, accablées de leurs défaites, soumises aux plus cruelles épreuves, ne désiraient que la discipline, unique cause de leurs revers, et que puisque Custine leur avait rappris la discipline et fourni les moyens de vaincre, elles lui resteraient dévouées, malgré les clameurs et les délations (2). Davout, commandant du 3* bataillon des volontaires de F Yonne, louait non seulement les talents de Custine, mais son républicanisme, et £6 rendait caution de sa loyauté (3). Les officiers de