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Réponse de Francœur à Laveaux (A. G

3. Mm« de Blocqueville, Davout, 4879. I, 308. Davout était un modéré. Dans les derniers jours d'avril, les agents de Bouchotte, Huguenin et Garnerin, firent visite à Dampierre qu'ils trouvèrent avec Davout et un aide de camp. Les deux officiers ne cachèrent pas leur aversion pour la Montagne; ils parlèrent de Marat, de Danton, de Robespierre avec indignation ; ils firent l'éloge de Petion, de Brissot, de Guadet; ils vantèrent les vertus de Ro hnd. Au dîner, Garnerin qui s'était chargé de « faire la chouette, » dit que Paris jouissait de la plus grande tranquillité et que le calme serait sûrement de longue durée puisque la Convention avait traduit Marat au tribunal révolutionnaire. Les officiers de Tétat- major et Davout tombèrent dans le pièpre, et répondirent que Marat m<*ritait son sort. Garnerin avait reconnu Davout. « N'ôtes-vous pas, lui dit-il, cet officier de Royal-Champagne qui fut chassé de sou corps et enfermé à la citadelle d'Arras? C'est vous qui, en 1790, aviez pris parti pour les soldats patriotes qui donnaient le premier exemple d'un pacte fédératif entre les citoyens et les troupes de ligne. Je suis étonné de vous voir aujourd'hui si fortement prévenu contre Marat, Robespierre et les jacobins. Ne sont-ce pas les jacobins Robespierre et Marat qui vous ont défendu lorsiue vous étiez victime du pouvoir arbitraire? » —

rétatrmajor et les généraux Le Veneur, D'Hangest, Sabrevois Baussancourt,Desponchés ne cachaient pas Testime et le respect qu'il leur inspirait. Quelques-uns travaillaient l'armée . insinuaient que le camp de César devait écrire à la Convention et redemander son chef. D'autres disaient que c'était une infamie d'appeler Custine à Paris ne fAt-ce que pour trois ou quatre jours, dans l'instant du plijs terrible péril, lorsque tonnait au loin la canonnade, lorsque Valenciennes envoyait pent-étre à l' Vutrichien ses derniers boulets. D'autres affirmaient qu'il serait dédommagé de son voyage et reviendrait avec des pouvoirs illimités, que le peuple de Paris l'acclamait, le portait en triomphe de la Convention à la rue saint- Martin (1).

Soudain éclata la nouvelle de l'arrestation de Custine. L'état-major fut déconcerté, et les agents ministériels

« Je ne suis pas, répondit Davout, prévenu contre ceux qui furent mes défenseurs en 1790; je refusai» alors de servir les projets d'un roi qui était mon bienfaiteur; je refuse aujourd'hui, pour ]a même raison, de servir les jacobins et de soutenir leurs plans qui me parais- •ent désastreux. » Huguenin dénonça Davout. Mais on se souvenait que Davout avait poursuivi Dumouriez fugitif. Le 8 juillet U fut nommé adjudant-fçénéral chef de brigade à l'armée des côtes de La Rochelle où Ton avait besoin d'« agt^nts militaires qui eussent déjà beaucoup d'expérience dans le métier des armes. » Quel.jues jours plus tard il était promu général de division à l'armée du Nord : Gelliez et Varln avaient écrit le 2') juillet qu'il s*était distingué par son patriotisme en toute occasion et qu'il joignait à ce civisme des connaissances militaires. Davout répondit le 29 août en donnant sa démission : « Je ne puis accepter cette place parce que j'ai été noble. » Bouchotte l'approuva, et Dt vont revint en Bourgogne pour « se livrer, disait le ministre, à l'étude militaire et à la pratique des vertus oivlipies jusqu'à ce que le souvenir de son origine ne fût plus un obstacle à la conflance publique qui lui était due personnellement. » (Documents de la guerre; cf. Léon Hennet, Le maréchal DavouL 4885, p. 14-15).

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