Bouchoite à Houchard, 5 sept* (À* G
2. Bouchotte à Houchard, 25 aQài(A. G.); cf, Rec. Aulard, VJ,
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mieux, qu'il envoyait les habits, les munitions, les armes « avec autant de célérité que le comportaient les soins que nécessitaient les autres armées et dans la proportion de ce que la République possédait. » Isoré le priait d'approvisionner de poudre la forteresse de Lille; le ministre répliquait qu'il ne perdait pas de vue les .demandes du conventionnel, mais, ajoutait-il, « nous ne sommes pas riches de ce côté-là. » On le sommait de découvrir des fusils : € Tous nos moyens réunis, déclarait-il, sont bien inférieurs au nombre d'hommes que nous avons à armer. » Les représentants à l'armée des Pyrénées-Orientales réclamaient des effets d'artillerie ; Bouchotte leur montrait le relevé des ordres donnés et des lettres échangées à ce sujet : « Vous serez, disait-il, à même de juger que je n'ai pas cessé de m'en occuper un seul instant; les retards tiennent à des causes accidentelles qui ne dépendent pas de ma bonne volonté (1). »
Situation difficile s'il en fut jam,aisl La confusion régnait partout. Au 11 octobre, le ministre n'avait pas encore l'état exact de tous les corps de troupes, et inutilement, à quatre reprises différentes, en janvier, en avril, en juillet, en août, il avait exigé des Conseils d'administration des bataillons le registre de contrôle (2). Bouchotte avait beau écrire, soit sur de grandes feuilles, soit, plus souvent sur des billets et de petits bouts de papier : ceci doit être prompt. Il ne pouvait rien contre le désordre universel, et il reconnaît qu'avec leurs six cents em-
1. Boiicbolte à Custine, 12 juin, et à Houchard, 12 août; Isoré à Bouchoile, 14 nov., et réponse de Bouchotte; lettre du 4 février 1794 (A. G. et pollrction Charavay).
2. Jourdenil aux Conseils d'administration, 29 août (lettre qui rappelle les demandes du 31 décembre 1792, du 20 avril et du 15 juil- (et 1793. A. G.).
ployés, les divisions du ministère n'avaient pas même le temps de mettre les affaires au courant (1). Le 15 septembre, il s'émeut, s'écrie qu'il reçoit tous les jours des < nouvelles infiniment pressantes sur la nécessité d'approvisionner promptement Maubeuge >, pr^nd sur le champ des mesures... et Maubeuge faillit être affamé.
Il ne cessait d'envoyer des instructions, de recourir à cette formule : « Donnez des ordres en conséquence. » Il stimulait, il poussait ses auxiliaires, leur prescrivait, à l'entrée de l'hiver et à l'instant où les demandes allaient se multiplier, de € jeter un coup d'œil sur toutes les armées et de prévenir tous les besoins ». Lorsqu'il apprenait que l'armée du Nord avait manqué de pain durant deux jours, il remarquait que les chemins étaient affreux mais qu' « un pareil dcnûment avait lieu d'étonner ». Il faisait aiguillonner par des circulaires la vigilance des commissaires des guerres; il enjoignait aux accusateurs et aux juges de police militaire de punir les charretiers et tous ceux qui commettaient de grands abus dans la livraison des fourrages ; il menaçait l'administration des subsistances et la requérait de surveiller ses agents, de leur imposer travail et bonne volonté, ou de les destituer. Il se plaignait très vivement à l'administration d'habillement, résumait avec force les trois griefs qu'il avait contre elle : l'' pénurie, 2® mauvaise qualité,
1. Bouchotte à Tadjoint de la 4« division, 8 oct. (A G.). Cf. le mot du Comité (Rec. Aulard, VIII, 360) que les bureaux de la «ruerre sont surcliargés de travail. Pour le nombre des employés du ministère, voir La Chesnaie Les bureauxdela guerre sous la Terreur 1887). Le cabier étudié par La Ctiesnaie, donne une liste de 454 noms; mais il date du mois de juin et le 19 novembi-e, 'ians une lettre à Ysabeau, Bouchotte parle de 600 employés. La liste des 454, dit La Chesnaie (p. 10), « apparaît comme un refuge des naufragés de toutes les carrières et un radeau de sauvetage. »
3* cherté de ses fournitures, et assurait que les doléances et récriminations qui retentissaient partout, « provoqueraient de sévères informations et des punitions » (1).
Mais il n'avait pas assez de prestige, assez d'autorité pour obtenir l'obéissance complète et immédiate. Ne ditil pas qu'il n'est qu' « un mannequin à signatures », un « viseur d'un millier de rapports», un« donneur d'ordres de détail qui absorbent tout son temps » et qu'il ne devrait que « délibérer dans le Conseil pour l'exécution des lois et des mesures générales nécessaires à l'action du gouvernement »? Ne dit-il pas encore qu'il voudrait « lier à la responsabilité » les chefs des bureaux, les principaux commis et jusqu'aux expéditionnaires, < lier à la responsabilité » les commissaires des guerres, les régisseurs, les entrepreneurs, et qu'il n'en « a pas les moyens »?
Bouchotte fît donc ce qu'il put. On ne doit pas oublier qu'il conserva Miot dans les bureaux de son ministère, et le futur comte de Melito rapporte dans ses Mémoires que Bouchotte travaillait avec lui plusieurs fois par jour, lui témoignait une entière confiance et ne lui parlait pas politique. Il suspendit un grand nombre d'officiers, mais il ne les suspendit que provisoirement. Il ne prononça que rarement la destitution. < Le ministre, écrivait-il plus tard, a très peu destitué; ses actes étaient ordinairement des suspensions qui laissaient plus de facilité à revenir là-dessus, s'il y avait eu erreur. » Il perdit Custine ; mais Custine l'avait outragé personnellement et se révoltait contre l'autorité ministérielle. Il destitua La Marlière ; mais La Marlière, d'ailleurs vaniteux et avide
1. Correspondance de la On de 1793 (15, 20,25, 29 sept., 1«' oci.^ 10 et 17 brumaire, etc. A. G.).
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de popularité, désobéissait au Conseil exécutif et semblait compromettre la sûreté de Lille. Miot atteste que Bouchotte fut, par ses sentiments, tout à fait étranger aux condamnations des généraux et qu'il détourna le coup fatal de bien des personnes qui ne crurent jamais lui devoir la vie. Ce fut Bouchotte qui sauva Canclaux en déclarant que le général cessait son service et présentait un mémoire pour obtenir sa retraite. Il sauva Jourdan. Il sauva Desaix, frère de deux émigrés et dénoncé par le club de Riom, et, sur les sollicitations de Pichegru qui ne pouvait se passer de son lieutenant, lui laissa le commandement d'une aile de l'armée du Rhin. Enfin, il a, suivant ses propres termes, concouru aux victoires en appelant à la tête des troupes d'habiles généraux. S'il ruina les états-majors, il les reconstitua, les réorganisa sur-lechamp, et souvent avec bonheur. Durant les mois de juillet, d'août et de septembre 1793, les suspensions pleuvaient dru comme grêle; mais de même, les promotions. Châles reprochait à Bouchotte de « multiplier les déplacements » ; mais Bouchotte pouvait dire qu'il € s'occupait activement des remplacements de manière qu'il n'y eût point de lacune ». Son choix se portait particulièrement sur les jeunes gens qui sont « plus propres à servir la Révolution que ceux qui plient sous de vieilles habitudes ». Il nommait, le 3 septembre, Gratien, Proteau, Desjardin, Despeaux, Brun, Cordellier, généraux de brigade, et Drut, Duquesnoy, Alexandre Dumas, Élie, Bidoit, généraux de division ; — le 13 septembre, Hoche, général de brigade, et Balland, Chancel, Doppet et Souham, généraux de division; — le 20 septembre, Ernouf, Marchant, Schlachter, Legrand, Morlot, généraux de brigade, et Colaud, Desbureaux, Favereau et Maisonneuve, généraux de division ; — le 22, Fromentin et Leclaire,
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généraux de division; — le 23, Pellapra et Dommartin, généraux de brigade, et d'Espagne, adjudant général chef de brigade. Si, le 24, il suspend presque tout Tétatmajor des armées de la Moselle et du Rhin, il fait, le 25^ une fournée de généraux de division : Mayer, Michaud, Jacob, Mengaud, Offenstein, et de généraux de brigade : Mouzin, LaSabatie, Guinet, Pinteville, Deverchin, Lorge, Richard, Malye, Jacob, Sabardin, Telt, Vaillant, Vachot, Dorsner, Ortlieb, Sautter, Fébure, Blanc, Pergaud, Blondeau, Clerc. Le 30, il nomme généraux de brigade : Bournet, Robert, Canuel,Chambon et Vimeux (1).
Tel a été Bouchotte, intègre, nullement ambitieux, serviteur actif et infatigable du Comité (2;, absorbé par
1. Miot, Mém,, I, 36 , -proposition de Bouchotte relative à GancUuz, 29 sept. (A. G. cf. Rec. Aulard, Vil, 113); lettres de Boiiciiotte du 17 et du 19 nov. (celte dernière à Ysabeau);mot de Cliàles (Rec. Aulard, VI, 104). Dans une pétition du 9 ventôse au IX, apostillée le 13 par Augereau (collection Ciiaravay), Boucliotte a écrit ces li;?nes : « Bouctiotte mit tous ses soins à procurer des généraux instruits et dévoués à la République. Le général Bonaparte fut nommé général de brigade h. cette époqfue, à Tâge de 23 ans. Les généraux Moreau, Du Gommier, Desaix, Augereau, Jourdan, Marceau, Masséua, Hoche, Brune, Lelebvre, Vaubois, Colaud, Hatry, Marescol, Eblé, Da^obert, Pérignon, Abbatucci, Mortier, Del mas et Du nonceau reçurent des grades de général en chef, de division ou de brigade. L'on pourrait citer cent autres noms qui se sont distingués, quoifjue pas au môme degré, et qui ont été compris dans les promotions de généraux. »
2. On reproche à Bouchotte la nomination de Rossignol et de Ronsin. Mais Rossignol ne fut-il pas le « Kis aîné du Comité i> et, dans une lettre à Robespierre {Rapport de Courtois, 126), Bouchotte ne dit-il pas justement : « La nomination de Ronsln au généralat de Tarmée révolutionnaire, ainsi que de son état-major, fut l'objet de Topinion publique; le Comité, pour s'en assurer, envoya la liste aux Jacobins, où ils furent agréés »? D'ailleurs, le décret du 4 décembre (Rec. Aulard ,IX, 155) réserva la nomination des généraux en chef à la Convention, et le ministre ne put faire aucune promotion d'officiers généraux sans présenter la liste au Comité qui l'acceptait ou la rejetait.
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son immense travail, ne cessant de noircir le papier de son écriture menue et serrée, et, du fond de son cabinet qu'il ne quittait pas, envoyant des ordres de tous côtés, et de tous côtés prodiguant les exhortations. « Au milieu de tout cela, écrivait-il à Houchard, rien ne doit relâcher notre zèle et notre dévouement pour servir nos concitoyens ; il existe une vérité, c'est que la nation veut être libre, et, dans cette volonté, il y a des ressources intarissables. » Calme, imperturbable, craignant de perdre la moindre parcelle de son temps, il vaquait à sa besogne sans riposter aux attaques des journaux et aux pamphlets des partis, sans se plaindre des inculpations de ces ardents députés qui, suivant son expression, croyaieni signaler leur patriotisme en formant des accusations, sans maugréer contre la surveillance qu'exerçaient les commissaires de la Convention. A l'occasion, il tenait tête aux représentants, et lorsqu'ils combattaient la nomination d'Alexandre Dumas, il priait le Comité de « conserver l'unité de gouvernement » et demandait que les décrets de l'Assemblée fussent € la base des actions civiles et politiques ». Mais il reconnaissait volontiers que les conventionnels ne faisaient que leur devoir en contrôlant ses actes, et ce contrôle, il ne le redoutait pas : € le fonctionnaire probe gagne toujours à être examiné. » Il engageait les représentants à suivre de près les opérations militaires, à se rendre aux Conseils de guerre, à interdire aux généraux les négociations. 11 louait leur « conduite militaire qui devait produire un bien bon effet sur le soldat. » Les administrateurs du Bas- Rhin, incarcérés par Saint-Just et Le Bas, se plaignaient à lui; il leur répondit que les deux envoyés du Comité étaient de grands amis du système populaire, qu'ils jouissaient de la confiance des patriotes et n'avaient pris une mesure
rigoureuse que parce qu'ils la jugeaient nécessaire au salut public (1).
Son principal tort fut de livrer les bureaux de la guerre aux ultra-révolutionnaires ou hébertistes et de payer par des condescendances trop fréquentes la protection que lui donnait la Commune de Paris. La Commune, dit un de ses subordonnés, trouvait en lui, à quelques égards, un second Pache. Ne choisit-il pas pour collaborateurs le gendre de Pache, Xavier Audouin, et ceux que Pache avait employés, Vincent, Ronsin, Sijas, Jourdeuil? N'était-il pas un familier de Pache et n'avait-il pas avec son devancier plusieurs affinités et ressemblances, laborieux comme lui, réservé, silencieux, un peu sournois? Les amis de Camille Desmoulins le priaient un jour d'adoucir le ton de Hébert : il les renvoyait au département de l'intérieur en ajoutant qu'il ne se mêlait pas de la presse; mais ignorait-il la campagne de Hébert contre Camille? Il a dit plus tard qu'il n'insérait pas d'articles dans les gazettes, que les journaux ne recevaient les nouvelles de l'armée que lorsqu'elles avaient été lues à la Convention, qu'il ne voulait irriter personne, qu'il ne donnait pas d'argent à Hébert pour calomnier certains députés, qu'il n'était d'aucun parti. Mais était-ce n'être d'aucun parti que de répandre dans les armées près de douze cent mille exemplaires du Père Duchesnel Hébert ne faisait-il pas aux Jacobins le panégyrique de son abonné qui « ne respirait que pour le bonheur de ses concitoyens » et n'avait pas commis « la plus légère faute »? Le sincère et sérieux Miot, si favorablement dis-
1. Bouchotle à Houchard, 5 et 15 septembre (.\. G.) ; au Comité, 4 novembre; aux administrateurâ du Bas-Rhin, 23 novembre (collection Gharavay) ; Bûchez et Roux, Hist, parlent.^ XXXI, 235.
posé pour son chef, n'a -t-il pas affirmé le |dévouement de Boucholte à la Commune et assuré que le ministre prouva maintes fois son attachement à cette faction? Dans la journée du 2 juin, Cambon ne criait-il pas à Bouchotte : « Ministre de la guerre, nous ne sommes pas aveugles; je vois très bien que des employés de vos bureaux sont parmi les chefs et les meneurs de tout ceci (1)1 »
Il est vrai que Bouchotte dut, après la trahison de Dumouriez, rappeler la plupart de ceux qu'avait écartés son prédécesseur Beurnonville. On demandait que les bureaux de la guerre fussent, selon un mot de Brune, de formation toute civique. € Le public, rapporte Bouchotte, se plaignait qu'on ne se servît pas de patriotes. » Mais, s'il n'était pas véritablement liébertiste, s'il ne fut pas impliqué dans la procédure de Hébert et de Ronsin, s'il ne fut même pas assigné comme témoin et s'il a raison de dire que ses ennemis ne l'auraient pas ménagé s'il avait donné prise, il ouvrit la maison de la guerre à des hommes qui mettaient au-dessus du bien public l'intérêt de leur propre parti. « Tu te plains, écrivait-il à Duquesnoy, de certains de mes adjoints et de la méchante qualité des gens qui m'entourent, quoique je sois l'homme du monde le moins entouré, » et il jurait qu'il avait pris ses renseignements, qu'il ne soutenait ni le vice ni les vicieux. Il affirmait pareillement à Cavaignac que s'il y avait dans la foule de ses commis des malhonnêtes et des inciviques, « les intentions en masse étaient bonnes ». Mais il fit de Vincent son secrétaire général, son second, presque son alter ego^ et lui-même reconnaît que Vin-
1. Miot, Mém.y I, 35; Bûchez et Roux, XXXI, 236; Mon. du 24 décembre; Mém, de Garât, p. Maron, 1862, p. 231-232, 264.
cent était « peu travailleur » et ne s'imposait que par son sans-culottisme, par son « habitude de parlage », par son exagération ». Or, on sait jusqu'où Vincent poussait l'exagération. 11 ne se contentait pas d'être arrogant et de faire revivre dans les bureaux, suivant le témoignage de Philippeaux, la morgue et l'insolence de l'ancien régime. Vincent conviait le club des Cordeliers à parcourir les rues de Paris et à massacrer les aristocrates dans leur domicile, après avoir planté devant leur porte iin drapeau noir, signe de la vengeance populaire. Il déclarait que les placards les plus horribles étaient plus républicains que tous les écrits de Mably, et Mercier le qualifie d'atroce, le compare au cannibale. Un contemporain qui le vit dans la prison du Luxembourg, le représente petit de taille, violent, emporté, injuriant ses co-détenus, accablant d'invectives furieuses le général O'Hara, et un jour, dans un accès de rage, saisissant un couteau, se jetant à un gigot cru qui pendait à la fenêtre, en coupant une tranche et criant comme un fréné- . tique : « Que ne puis-je ainsi manger la chair de mes ennemis (1) 1 »
1 . Voir les deux brochures de Bouchotte à ses concitoyens et se» lettres & Robespierre dans le Rapport de Courtois, 125, à Duqiiesnoy, 17 déc. (A. G.) et à Cavaignac, Pinel et Monestier, 4 février 1794 (collection Charavay). Cf. sur Vincent le cahier analysé par La Chesnaie lans les Bureaux de la guerre sous la Terreur, 7, 11-12; Jemmap^s^ 141 ; Mercier, Le nouveau Paris ^ 1862, II, p. 201 ;Almanack des prisons, a^ III, p. 65-66. François-Nicolas Vincent, né en 1767, fils d*un concierge de prison, clerc de procureur, s'était signalé dans le club des Cordeliers par son caractère que Danton jugeait impétueux et violent. Il se vantait d'avoir été l'organe des Cordeliers toutes les fois que cette « avant-garde de la Révolution » avait proposé des mesures rigoureuses aux Jacobins. Membre de la Commune du 10 août, électeur de 1792, et chef de bureau de la garde nationale à la mairie, il entra, sous l'administration de Pache, au
Voilà la tache de Bouchotte. Il eut des mérites indéniables; il entra pauvre au ministère, en sortit pauvre, et il dit fièrement que « les députés qui l'avaient proposé pour cette place connaissaient bien sa moralité tout comme sa répugnance à y venir. » Mais il fut le protégé de Vincent, et, quels qu'aient été ses services, ils n'effaceront pas ce mot de Camille Desmoulins, que « Vincent était le Pitt de Georges Bouchotte. »
ministère de la guerre comme chef de bureau des renvois et fut chargé spécialement par Pache de surveiller les employés, leur bon service et leur exactitude. Renvoyé par Beurnonville, il rentra le 14 avril 1793. Il déclare, dans sa notice, qu'il est « recommandé par les Cordeliers et les vrais Montagnards, Legendre, Audouin, Pache, etc. » Hébert assure {Mém, du 24 décembre) qu'il avait la confiance de Marat et communiquait à l'ami du peuple « toutes les pièces qui servirent à prouver la scélératesse des généraux conspirateurs »•