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Auckland, Journal, III

3. Thurheim, 117; cf. Vivenot, VertrauL Briefevon Thuguti I, 28; il semble que Knobelsdorf ait élevé la môme prétention que Thugut juge non seulement très indiscrète, mais absurde et dénuée de fondement.

4. Expression de Grimm {Lettres à Catherine II, 1886, p. 466).

entrepôt sur l'autre côté du canal. Aussi les diplomates autrichiens évitaient-ils dé parler net et franc sur le chapitre des indemnités. Lorsque le nom de Dunkerque était prononcé dans les conversations, ils promettaient de combler le port, de raser la citadelle, de démolir les fortifications, de détruire ce nid de corsaires et d'assurer la sécurité du commerce anglais dans la Manche et la mer du Nord (1). Thugut insinuait à la cour de Londres que des tentatives partielles dérangeraient le plan général et qu'elle n'avait nulle besoin de possessions sur le sol français. Mercy déclarait qu'on ne devait pas marchander la peau de Tours avant que la bête ne fût par terre, qu'il fallait d'abord obtenir de solides succès, écraser la République et les nouveaux principes, rétablir la monarchie, conférer la régence à Marie-Antoinette qui l'avait bien gagnée par ses souffrances et sa fermeté d'âme. Sans doute, disait Mercy, l'occupation de Dunkerque était nécessaire, et la place fournirait à l'aide droite de l'armée combinée un point d'appui. Mais assiéger une ville en deçà de ses campements, n'était-ce pas faire un mouvement rétrograde? Que penserait Paris? Les chefs de la Révolution ne crieraient-ils pas que Cobourg opérait sa retraite? Ne transformeraient ils pas en victoire l'investissement de Dunkerque? Dès lors, et puisque l'entreprise, d'ailleurs secondaire, n'était pas malaisée et ne pouvait échouer, ne valait-il pas mieux raffermir le centre des coalisés pour empêcher que leurs quartiers d'hiver ne fussent percés et culbutés de toutes parts ? Ne devait-

1. Cf. dansPouoart et Finot, II, 49-53, la liste des navires armés 60 course à Dunkerque du 6 février au 29 juin 1793; on y notera, en passant, les noms de quelques bâtiments qui témoignent de l'éphémère popularité des généraux de la République : le Dumouriez, le Postillon de Dumouriez, le Custine, le Vaillant Custine.

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on pas pourvoir au plus pressé, et, au lieu de s'attacher à un siège qui réussirait quand on voudrait, s'appliquer à de grands objets, pousser au cœur de la Flandre, suivre sans relâche ses avantages en plein département du Nord? Pourquoi s'attarder devant des bicoques? Pourquoi ne pas frapper des coups décisifs, ne pas se diriger sur Lille? Les généraux La Marlière et Lavalette étaient décrétés d'arrestation; Duhem quittait la ville; le peuple n'avait pas envie de résister; Lille pris, les Austro- Anglais se rabattaient et « se trouvaient tout portés » sur Dunkerque qu'ils enlèveraient en peu de jours; ils auraient pour l'hiver et pour l'ouverture de la prochaine campagne une position superbe. Et derechef Mercy montrait que les circonstances étaient « uniques », « inouïes », et qu'elles ne seraient jamais plus favorables à la cause commune; que, si les alliés laissaient échapper ce moment le plus précieux que la guerre leur eût encore offert, il ne se présenterait plus que très difficilement; qu'une semblable occasion manquée entraînerait des revers dont les effets seraient incalculables et le repentir éternel; qu'il était urgent d'agir avec promptitude et énergie; qu'en cette conjoncture ce qui était différé serait vraiment perdu ; qu'en déployant diligence et activité, on pourrait, dans l'état des choses, terminer la lutte (l).

Mais le duc d'York répétait que Dunkerque était son point de mire et que l'Angleterre n'entrait dans la coalition que pour conquérir ce port de la Flandre. Dès son arrivée, il avait dit qu'il ne se joindrait à Cobourg que jusqu'à la chute de Condé, et il ne consentit à faire le

1. Zeissberg, I, 51, 141 ; Auckland, III, 15 (conversation de Bentinck avec Mercy); Thûrheim, 85, 114-116, 118-119, 123; Bacourt, 111,403.

siège de Valenciennes qu'à la condition de diriger l'entreprise. « Il n'a d'autre but, écrivait le 23 avril l'attaché militaire prussien Tauenzien, que de s'emparer de Dunkerque; le ministère anglais y tient absolument, et le colonel Murray a déclaré que c'était le grand motif qui avait décidé le Parlement à la guerre ». Cobourg dut céder et, pour garder les Anglais avec lui, tandis qu'il investissait Valenciennes et Condé, il leur promit qu'après avoir emporté ces deux places, l'armée combinée se saisirait de Dunkerque. Le i^" mai, à Quiévrain, Mack, esquissant le plan de campagne, marquait que les alliés, maîtres de Valenciennes, assiégeraient Le Quesnoy et Lille, mais qu'ils marcheraient, au nombre de 50.000 hommes, avec la plus grande rapidité, sur Dunkerque : les munitions seraient facilement tirées de Hollande et d'Angleterre ;on aborderait l'ennemi dans ses lignes et l'on emploieraitavecvigueurtousles moyens qui pourraient mettre les coalisés en possession de la ville ; selon Mack, Dunkerque tomberait à la fin d'août (1). Le 3 août, deux jours après que la garnison de Valenciennes eut déposé les armes, Cobourg, York et Knobelsdorf tinrent une conférence au quartier-général de Hérin. Le duc d'York annonça qu'il devait obéir aux ordres qu'il avait reçus et se diriger sur Dunkerque. Cependant, à la prière de Cobourg, il voulut bien jouer son rôle dans l'affaire ou, comme on la nommait pompeusement à l'avance, dans la bataille qui débusquerait, le 7 août, les Français du camp de César; mais, la bataille donnée, il irait à Dunkerque. Le camp de César fut enlevé sans trop de peine et Cobourg supplia le duc d'York de demeurer avec lui quinze jours encore, de l'aider à prendre

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