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Wilzleben, II, 197; Hausser, I, 491; Dohaa, II

Cambrai. York fut cette fois inflexible; il objecta qu'il avait les instructions les plus formelles, les plUs précises de son gouvernement et, le 10 août, marcha sur Dunkerque avec 37.000 hommes, dont 15.000 Impériaux.

Cobourg avait inutilement essayé de retarder le départ de Tarmée anglaise. Il eut recours au roi de Prusse et lui fit adopter un nouveau plan d'opérations : Autrichiens et Prussiens se rapprocheraient, se tendraient la- main; Cobourg attaquerait Maubeuge et Philippeville, tandis que Frédéric-Guillaume bombarderait Sarrelouis ; le duc d'York, trop éloigné des Impériaux, n'oserait assiéger Dunkerque.

Mais l'Empereur et Thugut s'opposèrent au dessein du généralissime. Ils allaient se lier plus étroitement au ministère britannique et conclure avec lui, comme ils disaient, une alliance intime, une union particulière. « Dans la coalition des cours, écrivait Thugut, la nôtre et celle de Saint-James sont les seules dont les intérêts et le but soient parfaitement analogues ; nous voulons assurer notre tranquillité future par l'affaiblissement de la France; les autres verront avec répugnance un dépècement considérable des provinces françaises. »

François il répondit donc à Cobourg que l'Autriche devait montrer aux Anglais, dans la situation actuelle, tous les égards, et remplir avec exactitude les engagements qu'elle avait pris envers eux. Il insinua même que les alliés accusaient le prince d'irrésolution et de lenteur; il lui reprocha de trop dépenser et de demander quatre millions de florins; il lui conseilla d'user de la plus stricte économie et de réprimer par une vigilance assidue les dilapidations et les négligences des subalternes. Cobourg, blessé, offrit sa démission ; il n'avait, disait-il, aucun blâme à se faire et il déployait la plus grande

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activité; mais, puisqu'on lui imputaitindécision et indolence, puisqu'on prétendait que l'administration de sou armée était prodigue, nonchalante, inattentive, il quitteterait le commandement. Qu'un autre, plus capable^ ajoutait-il, vînt exécuter les intentions de l'Empereur; pour lui, il succombait à la tâche, et sa vue, sa mémoire diminuaient sensiblement. François II refusa la démission de Cobourg qu'il jugeait désavantageuse au bien du service.

Cobourg resta. Il tenta, le 27 août, un dernier effort pour obtenir le concours de l'armée anglaise, et affirma, dans une lettre à l'Empereur, que le siège de Dunkerque aurait un malheureux dénouement. Mais François II répliqua qu'il devait éviter toute « discussion désagréable » avec le cabinet de Saint-James : si la cour de Londres soupçonnait le moins du monde un manque de bon vouloir, l'Autriche éprouverait un irréparable dommage; le peuple anglais désirait Dunkerque, et le roi George aurait un extrême déplaisir s'il voyait son fils, le duc d'York, renoncer à cette entreprise et compromettre, avec sa gloire, l'honneur des armes britanniques (1).

Les Prussiens suivaient l'exemple des Anglais. Selon le plan établi dans les conférences de Francfort, au mois de février 1793, Cobourg devait, après le débloquement de Maëstricht et la reconquête de la Belgique, envoyer 15.000 hommes à l'armée qui faisait le siège de Mayence. Mais Cobourg n'envoya que 6.000 Impériaux. Frédéric- Guillaume réclama les 9.000 qui lui manquaient, et, ne les voyant pas venir, rappela les 8.000 Prussiens que

1. Dohna, III, 155-156; Zeissberg, 1, 193-194, 217,233; Witzleben, II, 242, 251, 294.

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Knobelsdopf commandait en Flandre. Le 2 août, il ordonnait à son général de s'acheminer aussitôt sur Luxembourg et Trêves. Pourtant, sur les instances de Cobourg, il consentit, « par rapport au corps d'Autrichiens qui accompagnait le duc d'York », à différer de quelques jours le départ de Knobelsdorf. Les Prussiens demeurèrent dans leur camp de Cysoing jusqu'au 23. Mais le 23, malgré les adjurations du prince d'Orange, Knobelsdorf partit pour ne pas s'attirer, disait-il, la disgrâce de son roi. « Adieu^ braves Prussiens^ » crièrent les vedettes françaises aux chasseurs qui s'éloignaient (1).

Un corps de 3.000 Hollandais et de 5.000 Impériaux qui furent sous les ordres de Beaulieu, releva les Prussiens dans leurs quartiers, à Cysoing, à Bouvines, à Marchiennes, à Orchies, et Cobourg ne perdait pas au change. Mais le zèle des Hollandais commençait à se refroidir. Eux aussi désiraient une augmentation de territoire : au congrès d'Anvers et à la conférence de Hérin, le prince d'Orange n'avait pas dissimulé que les États- Généraux exigeaient leur part du butin, et l'on soupçonnait qu'ils demanderaient à l'Autriche la ligne de démarcation qu'ils avaient en 1715 et le reste du pays de Maëstricht. Thugut répondit que les propositions des Hollandais étaient inconvenantes et déraisonnables, qu'ils avaient tort de réclamer un dédommagement, qu'ils ne s'étaient engagés dans la guerre qu'à contrecœur, après avoir dévoré longuement et avec une patience stoïque les outrages de la France, qu'ils avaient résisté mollement à l'attaque des carmagnoles, qu'ils auraient succombé sans les secours de l'Autriche et

1. Ueber den Feldzug der Preussen, 367; Dohna,!!!, 189,210, 232.

qu'ils sortaient à peine de rétourdissement où les jetaient leurs revers, qu'il était donc étrange que leur premier cri fût un cri d'avidité, qu'il ne leur seyait pas de gêner les grandes puissances par des prétentions exagérées et de comparer leurs minces et médiocres ressources aux immenses efforts de l'Empereur et de l'Angleterre, qu'ils feraient bien d'avoir en vue, non pas un morceau de la Belgique, non pas une portion des domaines de cette maison de Habsbourg qui les avait sauvés, mais une île, une colonie d'outre-mer dont la possession favoriserait l'accroissement de leur navigation et de leur commerce. Mercy appuyait Thugut. Quoi 1 La Hollande visait à des acquisitions aux dépens de l'Autriche, à des avantages qui « morcelleraient le boulevard des provinces belges ! » Mais n'était-ce pas un profit considérable pour elle d'obtenir la sûreté de son propre sol? Qu'elle ne pose plus une pareille question, ajoutait Mercy, et qu'elle se contente d'indemnités pécuniaires qu'elle prélèvera sur l'ennemi commun, c'est-à-dire sur la France ; agir autrement, serait exciter d'interminables discussions de la plus fâcheuse conséquence. Mais les Hollandais, dépités, menacèrent d'abandonner la coalition et ne firent plus la guerre qu'à leur corps défendant. Le prince héréditaire laissait entendre qu'il regagnerait bientôt ses frontières, et, à l'idée de cette défection, Cobourg et Mercy s'indignaient: le prince ne protégeait que quelques lieues de terrain, il avait une tâche facile, et il allait se retirer, livrer la Flandre et les magasins à l'invasion française, mettre les alliés dans un « embarras extrême » €t « faire manquer la fin de la campagne »1 (1).

1. Zeissberg, I, i83; 229. 259, 301 (Thugut à Slarhemberg, 13 et 31 août); Thûrheim, 121, 131, 136; Witzleben, 11,266-267.

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