‹ HondschooteChapitre 22 sur 68 · CHAPITRE V BERGUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V BERGUES

I. Plan d'invasion de la Flandre maritime, — Marche des Anglais. — Combat de Linselles (18 août). — Le corps d'observation de Freytag- — Ses succès. — Prise d'Oost-Cappel et de Rexpoëde (21 août). — Sommation de Wallmoden et réponse de Carrion (22 août). — Prise d'Esquelbecq et de Wormhoudt. — Investissement de Bergues. — Quartiers du corps d'observation. — II. Mesures de Bouchard. — BartheL remplacé par Jourdan. — Jourdan à Casse!. — Conseil de guerre. — Jourdan à Dunkerque. — Il est rappelé. — Situation défavorable d» Freytdg et de York.

I. Bouchard avait. pris, dès son arrivée, quelques mesures de défense. Il envoyait le général Romanet (1)

1. Joseph Romanet, chevalier du Gaillaud, né le 4 décembre 1748^ à Limoges, volontaire au régiment de Pèrigord (!«' mai 1764), souslieutenant (18 août 1766), lieutenant (17 avril 1770), lieutenant de la compagnie colonelle (17 juillet 1774), incorporé au régiinent de Gonti ou 81« (26 avril 1775), capitaine en second (24 juin 1780), capitaine commandant (22 juin 1789), lieutenant-colonel du 4o« (2 juin 1792),. nommé colonel par Oampierre (7 avril 1793), promu général de brigade (15 mai 1793), suspendu (15 septembre 1793) et reconnaissant « qu'il doit sacrifier son goût |et ses intérêts au bien de la chose publique parce qu'on n'a pas aux hommes de la caste dans laquelle ih est né, la confiance désirable au succès des armes de la République, »-

avec un détachement de 3.000 hommes — 9 bataillons d'infanterie et 300 dragons — à Mons-en-Pévèle, entre Pont-à-Marcq et Douai, en lui prescrivant de fortifier cette position. Il confiait à Jourdan une division mobile de 7.000 hommes et le chargeait de surveiller Tennemi de Douai à Lille. Mais il sentait qu'il fallait faire autre chose, tenter un grand effort^ donner au Comité de salut public une preuve de son activité. Le 13 août, il eut, en présence nie Gay-Vernon, un entretien avec Carnot. Ce dernier croyait qu'il était possible de conquérir la Flandre maritime et d'opérer sur ce point une diversion efficace, « intéressante ». C'était son plan favori, son idée fixe, et les mots « marcher sur Ostende » revenaient comme un refrain dans sa correspondance. Malgré la honteuse expédition de Furnes, Carnot répétait que c'était ée^we de ne pas envahir un pays où les ennemis n'avaient personne et où les Français auraient en abondance les denrées de première nécessité qui leur manquaient. Ses mesures et celles de Houchard « se trouvèrent parfaitement semblables ». Barthel eut ordre de se rendre secrètement au camp de la Madeleine pour concerter cette entreprise avec Béru, Dupont et Jourdan (1). On convint que Jourdan partirait de Lille avec 10.000 hommes, les 3.000 de Romanet et les 7.000 qu'il commandait, et se joindrait à Béru et à Dupont pour attaquer les Hollandais à Menin et les rejeter en Belgique, sans toutefois s'enfoncer dans le pays. « L'intelli-

réintégréel employé à l'armée de l'intérieur (13 juin 1795) et en Eure-et-Loir (14 septembre 1795), suspendu de nouveau (19 octobre 1795) et pensionné (31 mars 1796), mort à Paris (11 décembre 1829.

1. Bouchard à Bouchotte, 12 et 17 août (A G ); cf. plus haut, p. 17 et pour l'expédition de Fumes et d'Oàtende tant recommandée par Carnot, VatencienneSf 99-111, ainsi que Charavay, Carnot, II, 371, 373, 430, 438.

gence et la bravoure de Jourdan, disait Bouchard, sont connues, et il servira sûrement la République avec le même zèle qu'il a montré dans le cours de la guerre. » Pendant ce temps, Barthel agirait entre la rive gauche de la Lys et la mer; il tirerait des places les meilleurs bataillons; il rassemblerait 12.000 hommes en répandant le bruit qu'il les menait à Arras pour couvrir Paris; puis il entrerait dans la Flandre maritime, à Furnes, à Nieuport, à Ostende, dont il brûlerait le port; il aurait soin de mettre à la tête de ses colonnes un officier du génie qui connaîtrait la région, les postes retranchés qu'elle renfermait et les moyens de les emporter sans effusion de sang; on tournerait l'adversaire et le prendrait à revers pour essuyer aussi peu de pertes que possible, et, après avoir ramassé, râflé tout ce qu'on pourrait, on se replierait sur la frontière (1).

Cette expédition, assurait Bouchard, se réduirait à un coup de main. Contre son attente, le coup demain allait devenir une véritable expédition. Le 15 août, Colaudlui écrivait qu'au dire des paysans d'Abscon, les habits rouges levaient leur camp de Denain et marchaient sur Dunkerque. Deux jours plus tard, Bouchard mandait au ministre que les Anglais se dirigeaient en grandes forces vers Ypres et Tournay, qu'ils voulaient sans doute assiéger Dunkerque et, pour s'en saisir, combiner les attaques par mer et par terre, qu'il était naturel que l'idée leur vînt de s'emparer d'une ville qui n'était qu'un camp retranché, que la Flandre maritime serait dorénavant le théâtre de la guerre (2).

Page 1