Cf. le rapport imprimé de Jeanbon et de Prieur
quantité de soldats, sortir de l'état d'humiliation où Ton est présentement (1) ?
Guffroy demande avec fougue qu'on marche révolutionnairement au pas de charge, à l'arme blanche, qu'on renonce aux pétarades de postes, qu'on attaque toujours en masse < comme les Francs, quand ils conquirent le pays que nous habitons ». Lui aussi, prétend que les généraux se contentent d'une guerre stérile de tactique, les accuse de € s'engraisser par de sanglantes parades », les compare à ces empiriques qui « savent nourrir les maladies pour mieux faire bouillir leur pot-au-feu » (2).
Delbrel assure que la défensive érigée en système a causé tous les échecs, qu'elle oblige l'armée à se morceler et par suite à s'affaiblir, qu'elle « flétrit l'âme des soldats », que les troupes, accoutumées à la présence de l'ennemi, s'endorment à sa barbe dans une sécurité profonde et qu'il les aborde à son gré, à son heure, en prenant ses avantages et sur les points qu'il choisit. L'offensive, tel est le vœu de Delbrel : l'offensive va mieux au génie national, et il faut la saisir aussitôt en rassemblant une armée immense contre laquelle les alliés ne sauront tenir (3).
Barère, le porte-voix du Comité et de la Convention, exprime les mêmes idées en phrases souples, habiles, brillantées (4). Il rappelle la furia francese et s'étonn* que la France ne soit plus cette belliqueuse nation qui marchait à travers l'Europe comme un torrent irrésistible et dont la valeur passait en proverbe dans l'Italie trois fois conquise. < Jusques à quand nos généraux
1 . Lettre de Bentabole, 13 août (Rec. Aulard V, 540.) S?. Rougyff, no» i5, 37, 38, etc.