Discours du 14 et du 16 août
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etde rOise pour mettreen réquisition les gardes nationales et les jeter dans les forteresses. Ils requirent Favart d'en- Toyer à la frontière la garnison de Lille et de la remplacer par la garde nationale. Bouchotte rappelait qu'aux termes d'un arrêté du Conseil exécutif, 4 000 hommes au moins devaient rester à Lille. Le vieux Favart se plaignait, objectait qu'il n'avait plus que 1.600 volontaires et qu'une cité de 80.000 âmes ne se défend pas avec si peu de soldats, que l'armée s'éloignait à huit ou dix lieues, qu'un adversaire exactement renseigné pouvait passer derrière elle et tomber sur les places, que Lille aurait peut-être le destin de Schweidnitz dans la guerre de Sept Ans, que la prudence exigeait de ne pas jouer ainsi le sort de ce boulevard de la Flandre. Gay-Vernon le traita de radoteur. Les représentants dégarnirent Lille et répondirent au timide Favart : Nous vous couvrons (1).
Mais il ne suffisait pas de dégarnir Lille. Il fallait grossir l'armée du Nord aux dépens des autres armées, lui envoyer les bataillons instruits et bien encadrés qui demeuraient inactifs sur le Rhin et la Sarre. Carnot grondait, murmurait. Il lui semblait qu'une armée qui comptait plus de 100.000 hommes n'avait pas un besoin si pressant de renforts. Pourquoi ne pas modifier simplement les mauvaises dispositions qui l'avaient disséminée
1. Bertbelmy à Houchard, 17, 25, 29 août, et à Gudin, 2 sept.; arrêté de Levasseur et de Beutabole, 17 août; lettre des mêmes à Favart, 14 août; Bouchotte à Houchard, 15 sept. ; Favart à Bouchotte et aux représentants, 22 août et à Houchard, 13 sept. ; Gay-Vernon à Audouin, 3 août (Â. G.)
Cf. Mémoires sur Carnot, I, p. 391. Le fils de Carnot a vu clair en ce point et « refuse » à son père « Tinitiative » de ce plan d'attaquer '€1% masse ; dès le début de la crise, ces mots sortirent de la bouche >de tous.
et diminuée? Néanmoins, il fît tout ce que demandait Houchard. Le général désirait des chevaux d^artillerie ; il les aurait en grand nombre. Il désirait 5 à 6.000 cavaliers; il les aurait aussi tôt que possible. Il désirait des troupes de Tarmée de la Moselle et de celle du Rhin; on ne négligerait rien pour hâter leur arrivée (1).
Le second Comité adoptait donc le plan que Custine développait au mois de juin, que Gay-Vernon appuyait alors avec chaleur, que Sauviac, Tardy, Gobert et les représentants Hentz et De La Porte avaient énergiquement soutenu : appeler sur les rives de l'Escaut et de la Scarpe les meilleures brigades des armées du Rhin et de la Moselle (2). La plupart des conventionnels et tous les hommes de guerre se ralliaient à ce plan et le regardaient comme le seul moyen qui pût rétablir les affaires. « Valenciennes est rendu, criait Couthon, l'indignation dans mon cœur est à son comble, il faut que la France se lève, nous allons faire marcher sur Valenciennes les 100.000 hommes qui allaient à May encel » (3).
< Il est instant, écrivaient Billaud-Varenne et Niou, de porter l'armée du Nord, celle qui dans ce moment doit fixer toute votre attention, à 20.000 hommes de plus qu'on pourrait tirer des armées du Rhin et de la Moselle » (4).
Dans un nouveau mémoire, Sauviac avançait que les troupes de Lorraine et d'Alsace, aguerries, disciplinées, exercées par un chef aussi habile que Custine, devaient € passer dans les points les plus vivement attaqués »,
i. Carnot aux représentaûts, 25 août (A. G.). ?. Valenciennes, iU'iSi.