CHAPITRE Vn
Aspect du pays. — Les six corps de rarmée. — SoMafà et généraux. — Vandamme, Hédouville, Landrin, Damesny, Leclaire. — Combat d*Arneke (5 septembre). — Marche des colonnes françaises. — Landrin devant Wormhoadt et Esquelbecq. — Inaction de Dumesny. — Vandamme à Reninghelst. — > Hédoaville à Poperinghe, à Roasbrugge, à Oost- Gappel. — Houchard et Jourdan à Houtkerque. — Golaud à Proven. — Jourdan à Herseelo et à Bambecque. — Reculade de Prûschenk et de Dachenhausen. — Marche sur Rexpoëde et prise de ce village. — Retraite de Freytag. — Le maréchal hanovrien capturé, puis délivré par Wallmoden. — Surprise de Rexpoëde et fuite de l'armée française sur Bambecque (6 septembre). — Journée du 7 septembre: préparatifs d'attaque, Vandamme et Diepenbroick. — Bataille du 8 septembre. — Hédouville vers Bergues, Landrin à Dunkerque, Dumesny devant Tpres. — Échec de Dumesny. — Les trois colonnes : Golaud, Jourdan et Leclaire. ■— Tentatives de la colonne JourJan. — Le représentant Delbrel. — Blessure de Jourdan. —La charge. — Péripéties. — Retraite de Wallmoden. — Ge que fit Houchard et ce qu'il aurait dû faire. — Réflexions sur la bataille d*Hondschoote.
Le pays où les Français allaient combattre les Anglo- Hanovriens n'a pas changé d'aspect. Il est encore, tel qu'il était alors, entièrement plat, et ne présente pas,de Cassel à la plage, une colline, une éminence considérable. Entre les Dunes et le canal de Bergues à Fumes, il est plus bas
que le niveau de la haute mer : mais les Dunes le protègent contre rinvasion des flots. Cette plaine immense est très coupée. Des bouquets d'arbres, des bois, des haies, des fossés arrêtent et retardent la marche d'une armée. « Le pays, dit justement Berthelmy, est abominable ; on ne voit pas à quatre pas devant soi ; on ne se bat pas ; on se poignarde. » Il y a des routes, des chaussées pavées et bonnes en toute saison, comme la route de Dunkerque à Lille par Bergues et Cassel, comme la chaussée qui mène de Bergues à Hondschoote en suivant le bord du canal. Cependant, les chemins de la campagne, nombreux d'ailleurs, tortueux, difBciles à distinguer les uns des autres, sont impraticables durantrhiver et même après de fortes pluies, dans la belle saison. L'artillerie et la cavalerie ne peuvent sur un pareil terrain, rendre de grands services, et peut-être offrent-elles plusd'obstacles que d'avantages. Ajoutez qu'une foule de rivières ou de ruisseaux traversent la région dans tous les sens. Le plus remarquable de ces cours d'eau, TYser, coule de l'ouest à Test, et passe à Esquelbecq, à Wormhoudt, à Wilder, à Bam^ becque et à Rousbrugge ; sa rive gauche, couronnée par un petit coteau d'une pente très douce, domine légèrement sa rive droite ; il est large de trois à quatre mètres, mais guéable en beaucoup d'endroits, et les villages ont des ponts de pierre qui ne furent pas détruits en 1793. C'est entre l'Yser et le canal de Bergues à Fumes que sie livrèrent les engagements qui précédèrent la bataille d*Hondschoote. (1)
1. Gf sur Hondschoote qu'il faut prononcer Bonscoote comme Honchard l'écrivait bonnement — la correspondance de Galvert, la Gesch. der Kriege in Europa, II, 78-15, lé récit du Hessois dans VHoyer's Magazin, 1802, 11,5, p 38-40 ;Ditfurlh, Die Hessen^ 109-124; Sichart, Gesch der hannov, Armee,iy, 267-292; Lehraann, Sc^amA^r*/,
L'armée française qui s'avançait pour débloquer Dunkerque, s'étendait sur une ligne de dix lieues, de Bailleul à la mer. Elle comptait six corps :