Poucart et Pinot, I
de sympathique et d'attirant, de la rudesse, de Tignorance, un manque singulier d'éducation et de connaissances. Au milieu du tumulte des armes, chacun ne pensait qu'à soi-même sans s'inquiéter d'autrui. La défiance était extrême. Forster et son collègue Pétry vivaient dans une petite chambre froide et malpropre; ils couchaient dans un mauvais lit où des punaises les tourmentaient ; ils dînaient et soupaient très mal. On ne pouvait plus acheter ni thé, ni café, ni sucre. Il fallait, à déjeuner, manger son pain sec. Heureux encore, si l'hôtesse donnait quelquefois un peu de beurre !
Néanmoins, le pays, si plat qu'il fût, avait ses beautés, el chaque matin, chaque soir, Forster et son compagnon se promenaient le long du canal, sous des allées d'ormes bordées de vergers et de potagers. Mais le 8 août, ils sortaient précipitamment de la ville et couraient se réfu. gier à Arras. L'armée française, attaquée sur ses derrières, se repliait vers la Scarpe, et l'ennemi cernaitCambrai (1).
Le Liégeois Declaye, gouverneur de Cambrai, était un ancien soldat du 88' régiment (2). En 1790, il avait pris