Hentz et Duquesnoy au Comité, 15 sept. (A. G
généraux et les états-majors qui commettaient ou laissaient commettre des fautes très graves : les aides de camp ménageaient leur monture à cause de la modicité de leurs appointements et du prix excessif des chevaux; ils n'étaient qu'en petit nombre (1), et un général devait, en un jour d'action, se servir de simples ordonnances qui ne le comprenaient pas et qui, par fausse honte, ne lui faisaient pas répéter ce qu'il avait dit. Et vainement Levasseur représentait qu'il fallait écrire les ordres ; on s'inclinait, on reconnaissait la justesse de l'observation, et l'on continuait à donner des instructions verbales (2). Les troupes étaient bonnes; elles déployaient à Tattaque une valeur admirable ; mais, sitôt qu'elles entraient dans un village, elles se divisaient en deux parties : les lâches qui se livraient à toutes les horreurs, au pillage, au meurtre, au viol; les braves qui poursuivaient l'ennemi, mais qui, fascinés par la vue du butin, et devenus cupides, ne tardaient pas à imiter leurs camarades. Si l'adversaire, ajoutait Levasseur, nous assaillait une heure après la prise de l'endroit^il aurait de nous bon marché. Mais les officiers ue prêchaient-ils pas d'exemple? Levasseur n'avait-il pas dû les sabrer,comme il sabrait les soldats, et leur arracher leur hausse col comme il arrachait aux grenadiers leurs épaule ttes (3)?
Le grand coupable était Houchard. De la 'plupart des villes du Nord, les dénonciations affluaient contre lui. Les uns le disaient très mal entouré; les autres le trai-
1. Cf. ime lettre de Varin à Bouchotte (19 sept , A. G.); 11 dit que Bouchard devrait avoir quatre aides de camp, comme la loi Texige, que le général les économise, et pour cause : « La difficulté est de les trouver sans-culottes. »