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Le Publiciste, n« 242 ; Fersen II

3. Hec. Aulard, V, 371 et 393. Il est probable que Gasparin, qui donna sa démission le 24, quitta le Comité, non parce qu'il était malade, mais parce qu'il ne put sauver LaMarlière, son ami, que Bouçhotte avait appelé le 22 à Paris.

peut nous sauver » et il leur recommandait de ne jamais fléchir, d'user sans ménagement de l'immensité du pouvoir national dont ils étaient investis. « Notre gouvernement, disait Gasparin du premier Comité, n'apas assez de ressort; il faut absolument un centre à notre machine si nous voulons qu'elle aille ; notre situation militaire n'est pas bonne et j'en attribue la cause aux tiraillements produits par les volontés individuelles (i) » Le second Comité eut le ressort qui manquait au premier ; il fut le centre de la machine ; il ne souffrit pas les tiraillements produits par les volontés individuelles. D'emblée, il prit le parti du ministre contre le général, de Bouchotte contre Custine.

Le premier Comité avait négocié. Danton faisait décréter que la Conventionné s'immiscerait en aucune manière dans le gouvernement des autres puissances ;- il jetait partout, comme s'exprimait Cambon, des germes diplomatiques, et il se flattait d'annoncer bientôt à l'Assemblée des propositions de paix honorables et la dissolution de la ligue de ces rois qui, bien qu'unis contre la France, n'oubliaient pas leurs prétentions réciproques et la vieille haine qu'ils se portaient mutuellement. Lorsque Dampierre était mort, n'avait-on pas trouvé dans sa poche une lettre de Proli qui, l'invitait, au nom de quelques membres du premier Comité, àparlementer avec les alliés et à leur insinuer adroitement de se retirer après avoir reconnu la République (2)? Le second Comité fit la guerre à outrance. Il modifia les instructions données à Forster et à Petry qui durent prendre dorénavant un

1. Gasparin à La Marlière, 15 juin. (A. N. w. 297); Rec. Aulard, V,

2. Déposition de Sambat et avou de Proli au procès des Hébertistes B uchez et Roux {Hist. parL XXXI, 385 et 389) .

ton belliqueux et menaçant (i). Il arrêta de ne plus envoyer de ministres plénipotentiaires et d'ambassadeurs, mais de n'avoir auprès des puissances étrangères, à l'exception de deux peuples libres, les Américains et les Suisses, que des agents secrets, des secrétaires de légation, des chargés d'affaires qui n'emporteraient pas d'instructions écrites et n'auraient que des pouvoirs et lettres de crédit. Il décida que la lutte serait sans pitié : on devait faire; disait Laveaux, un désert, non pas d'hommes, mais de vivres autour de la France, enlever ou brûler tous les magasins, toutes les provisions ; « aller municipaliser Pétersbourg et le Kamtchatka, sous prétexte de la République universelle, ne peut que nous perdre (2). » L'attention du second Comité se tournait surtout dans les mois de juillet, d'août et de septembre, vers la frontière du Nord. Lorsqu'il apprit la red^dition de Condé, il essaya de sauver Valenciennes qui tenait encore et il arrêta que le ministre renforcerait l'armée du Nord de 15.000 hommes d'infanterie et de 6.000 de cavalerie. Le i*"" août, dès qu'il sut la capitulation de Valenciennes, il ordonna que Bouchotte enverrait ausitôt que possible au camp de Paillencourt les chevaux qui manquaient à l'artillerie, 3. 000 sabres de cavalerie 3.000 brides et mors. Il fit décréter par la Convention qu'un camp serait formé entre Paris et l'armée du Nord. Il enjoignit d'approvisionner Lille et demanda l'état exact des munitions de guerre et de bouche que renfermait la forteresse. Il dépêcha le 7 août un courrier extraordinaire au commandant de Bouchain pour connaître la situation de cette ville et les positions de l'ennemi. Il chargea deux mem-

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