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Bouchotte à Lamarehe, 13 mai (Charavay, Carwo/, II

tripler inutilement les charges (1). Le premier, il se servit de la poste pour le transport des troupes, et l'entreprise, qui parut singulière, s'exécuta avec une remarquable précision. Le premier, il employa dans la correspondance militaire le tachygraphe bu télégraphe iiiventé .par Chappe (2).

Sa taciturnité, la simplicité de son extérieur, ses laçons un peu niaises le firent prendre pour un homme totalement incapable. Mais il possédait de grandes qualités d'administrateur, une infatigable activité, une application continuelle et raisonnée. Le premier Comité le salut public le surnommait la « statue de pierre » et le « ministre d'Egypte ». Le Comité, répliqua Bouchotte à cette satire, « a donc su apprécier le sang-froid du ministre, sa sobriété de paroles et . sa puissance de travail (3). »

i, Charavay, Carnot, II, 237.

2. Miot de Mélito, Mém. 1>573, I, p. 35-36 ; Miot organisa le transport des Mayençais en Vendée, et il assure qu'il substitua le nom de télégrnphe à la dénomination iinpar;'aite de tachyt^raphe proposée par Chappe.

3. Mémoire de Bouchotte analysés Ah-vl^ Y Amateur d'autographes du l^i^juin 1863. Jean-Baptiste Noël Bouchotte, né le 25 décembre 47t4 à Metz, volontaire au régiment de Nassau (!*' mai 1773) et sous-lieutenant à ce régiment (IH janvier 1775}, sous-lieutenant au Royal- Nassau hussards (23 juillet 1775), réformé comme Français (voirplus haut p. 24, note 1) et attaché au régiment Royal-Cravates avec un traitement de 600 francs en attendant une sons-lieutenance vacante (12 juillet 1776), lieutenant en second dans le 2« régiment de chevaulégers qui avait pris le nom de cavalerie des Évêchés (24 août 1784), devient capitaine de remplac^-ment au régiment des hussards d'Esterhazy (l»»" février 1785), capitaine au titre définitif (17 mai 1788) et chef d'escadron ou lieutenant-colonel par ancienneté, à la suite de « Tabandonneinent » de Cazenuve (2rt janvier 1793). 11 avait reçu le commandement de Cambrai le 10 avril 1792, mais il fit campagne dans le camp en avant de LUle et assista au siège de Lille. On s'est souvent étonné qu'un simple chef d'escadron ait été nommé ministre par la Conven-

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Les généraux et les représentants se plaignirent fréquemment de Bouchotte. Carnot disait une fois qu'on

tion. C'est que Bouchotte fut recommandé par les commissaires qui l'avaient connu dans la Flandre et qui vantai eut son patriotisme (Rec Aulard, 1, 13i), par Belle^arde, Delmas, Duhem, Dufuepnoy et notaminent par Merlia de Douai qui le nommait son ami. C'est que Ton crut qu'il avait fait échouer les desseins de Dumouriez Kur Cambrai, et, en effet, une lettre de Dumouriez, lue à la Convention le soir du 3 avril, chargeait Miaczynski de prendre le commandement de la place. Bouchotte était depuis six mois désij^né au choix de l'Assemblée. Il avait eu 22 voix le 3 octobre 1792 et venait après Pacbe (434 voix) et Du Chastellet (42 voix) ; il n'eut pas une voix à Télection du 4 février 1793, mais il était inscrit comme candidat; le 14 mai's,il fut le concurrent de Beurnonville ; le 4 avril, il réunit l'unanimité de» suffrages. Durant son ministère, le 14 août 1793, il fut promu chef de brigade, non par lui-même, mais par son régi nent. Le 29 juin, le Conseil d'administration du 3« hussards lui demandait s'il cunàervait son ancien grade. Bouchotte répondit, le 12 juillet, qu'il ne désirait d'avancement que par la loi et au tour d'ancienneté, qu'il gardait son grrade de chef d'escadron et attendait avec patience im emploi supérieur. Le 31 août, du bivouac de Saint-Imbert, le Conseil dadmiaistration proposait à la place de chef de brigade vacante par la destitution de Carové le chef d'escadron Bouchotte auquel cette place revenait en vertu de son ancienneté de àervîce, et le ministre de la guerre Bouchotte était prié d expédier en con séquence le brevet de chef de brigade au citoyen Bouchotte I Arrêté le 4 thérmi lor an II, par mesure de sûreté générale, il subit une détention de seize mois. Mais, dit-il lui-même, « l'accusateur public près le tribunal de Chartres, après quatre mois de recherches, fut obligé d'écrire, dans une lettre lue à la Convention le 7 vendémiaire an IV, qu U ne pouvait faire acte d'accusateur sans pièces et sans témoins. » Compris dans l'amnistie du 4 brumaire, il alla vivre à Metz et devint administrateur municipal; mais, en l'an VI, le Directoire le destitua « sous prétexte qu'il avait voulu se populariser en demandant une nourriture suffisante pour les prisonniers civils et qu'on retranchât des termes menaçants d^une invitation à payer des contributions non encore totalement perçues. » Le 18 septembre 1799, Bouchotte, remis en activité par le Directoire, était eùiployé dans le grade d'adjudant-général, et, le 25 septembre suivant, envoyé à l'armée du Rhin. Mais il ne rejoignit pas. Il demandait le grade de général de brigade avec une inspection de cavalerie, et U fut proposé par le ministre. Bonaparte refusa. Vainement, à diverses reprises, Bouchotte sollicita le généralat, réclama du moins le sixième du traitement de ministi'e comme traitement de

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n'entendait plus parler de lui, qu'il semblait ne pas exister. Mais Carnot, devenu membre du Comité, comprit ces mots du ministre, que les circonstances avaient quadruplé le labeur et que, sur toute la surface de la République, la machine militaire était désorganisée (1).

Aux remontrances et aux objurgations, Bouchotte répondait qu'il était à chaque instant arrêté par les sollicitations des municipalités et des administrations dépar-

.'éforme : «Il est, écri/ait-U, des choies de décence; un ancien ministre ne doit pas être exposé à se loger au mois, à courir pour avoir à dîner et à chercher des distractions au café ; il lui faut un chez lui où il puisse prendre ses repas et se faire des occupations utiles. » Vainement il objecta qu'il n'avail rien fait pour lui-môme durant son administration et que le ministre, tiré du militaire, était toujours, à son avènement, investi du grade d'officier- général, qu'Albarade avait été nommé contre-amiral, que lui, Bouchotte, aurait obtenu le grade correspondant dans l'armée de terre, s'il avait paiu le désirer : « Ma modération ne peut être un tort, elle ne peut effacer un droit. » Vaine nent il désira (16 oct, 1809) servir comme adjudantgénéral à rétat-major général du corps d'armée commandé par Augercau. Réformé d*abord sans traite.*nent (20 avril 1794), puis avec traitement de réforme (1797-1799) , il eut le traitement d'activité comme adjudant-général (17 sept. 1799-21 sept. 1801), ensuite comme adjudant-commandant (21 sept. 1801-21 sept. 1804), et, enfin, une solde de retraite de 5.000 francs qui fut convertie le l«f avril 1811 en pension -de colonel. Il n'était pourtant pas satisfait. Â la Restauration, il demanda, inutilement d'ailleurs, la croix de Saint-Louis qui « atteste d'anciens services et qui est un signe de la protection de Sa Majesté », et il faisait les vœux les plus respectueux pour la conservation de Louis XVIII et pour la prospérité et la perpétuité du règne des Bourbons Il demanda, en 1830, une augmentation de pension, et Jourdan, ainsi que la députation de la Moselle, appuyèrent sa pétition en alléguant qu'il était âgé et chargé de famille. Le ministre lui répondit justement (2 oct. 1831) que l'Empire, en fixant sa pension, avait pris en considération sa qualité d'ancien ministre qui était jointe dans le brevet à celle d'adjudant-com mandant et que son gra io militaire ne pouvait, en aucun cas, déterminer une pension de plus de 3.0 fi-ancs. Bouchotte mourut le 7 juin 1840 au ban Saint-Martin. 1. Charavay, Carnot, II, 230; Bouchotte à Marat, li mai {V Amateur a' autographes y i*^ juin 1863).

tementales toujours inquiètes et toujours insatiables. € On ne peut marcher rapidement, écrivait-il, à cause de la multiplicité des affaires, des demandes indiscrètes des citoyens qui voient toute la République dans leur commune, et des contre-ordres; tout cela est une suite presque inévitable dans une Révolution; il faut que nous marchions avec tous nos embarras; le patriotisme est plus occupé de les diminuer que de se roidir contre eux. En vain, on parle raison aux administrateurs et leur dit que, dans une défense aussi étendue, il n'est pas possible qu'il y ait quelques points de la République qui ne souffrent, que Tessentiel est de garnir telle ville de première importance, de tenir telle position essentielle, et qu'en maintenant ces points, l'on sauvera la République, puisque l'ennemi ne pourra pas faire d'établissement solide. Ce sont paroles perdues; chacun ne voit que sa localité (1). »

Il répondait que la nation n'était pas servie pour son argent, que l'esprit de lucre dominait, que, de toutes parts, se commettaient des dilapidations, que les fournisseurs ne se pressaient pas et ne se souciaient que de leur propre bénéfice : « Ils ne veulent que gagner; ils prennent leurs aises pour faire leurs livraisons et n'ont pas l'humeur assez bienveillante pour songer à la République en même temps qu'à leurs affaires (:2). »

Il répondait qu'il n'avait pas à sa disposition d'immenses ressources, qu'il donnait des ordres et de longue date, mais que les besoins étaient si étendus qu'on ne pouvait les satisfaire tous à la fois, qu'il agissait de son

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