‹ Honoré Daumier, l'homme et l'œuvreChapitre 24 sur 82 · I.IIOMMI'; KT I/fEl VP.E · texte numérisé non relu

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roman, ils nous laissent nue (i'n\re (Itiral)Ie, snr la(]nelie des suites de générations s'exercent à penser et apprennent le gonl de re qni est bon et élevé. Cela vaut mieux, après tont, que Icspluspiciuaiiles anecdotes. Pour celles-là, on peut les demander, en général, aux artistes médiocres : il faiil liicu (|u'il leur resie cpichpie chose.

Daumier, comme tous les maîtres, semijl" avoir pris pour devise ce beau vers de Victor Hugo:

Ami, cache l,i vie, cl i-cpaiuls Ion i-s]>ri(.

Sa vie élait unie et assidue; quant à son esprit, il étail comme une source limpide, brillante, et s'est répandu sans relâche pendant plus de quarante ans sur notre société, en innombrables « séries ».

11 est à peu près impossible de diviser rigoureusement les séries de Daumier, et ce sera une des ditTicullés pour faire un catalogue 1res clair et très méthodique de ses œuvres lithograpbiées. Klles toucl)ent à tant de sujets qui vont s'entrc-croisant et ont entre eux des affinités, (pie parfois on ne saurait les séparer; mais on ne pourrai! non plus, à cause de certaines nuances, les ranger sous le même chef, i'renons pour exemple une des matières qui ont le plus souvent inspiré la verve de l'artiste : la vie bourgeoise. Certains chapitres sont de pure observation; d'autres ont une tendance |)lus parliciiiièrcniciit piiilos(iphi(pie ; d'aulres enfin \out jusqu'à la satire sociale la plus vive. Ce serait faire un contre-sens (]ue de les classer sous la même étiquette ; les bourgeois. De même, l'immense répertoire de comédie (it d'histoii'c ([iii purlc le simple (ilre {Y Actualilrs reid'erme, lui aussi, des choses fort diverses, de véritables séries, sans cesse interrompues et reprises sans cesse avec \\\w curieuse suite dans les idées. Knlin, un thème fécond,

IIO.NOIŒ n.VU.MlEit.

comme les Gens de justice, a été commencé de développer en 1832 et terminé à peine après 1870. Le tout, sous des titres fort divers, qui peuvent dérouter, par leur fantaisie et leur caprice, l'esprit logique nécessaire pour faire un bon catalogue. Ces titres ne sont pas toujours justifiés; parfois leur seule raison d'èlre réside dans l'inspiration d'un rédacteur en chef et dans la nécessité de varier, pour les lecteurs, les noms des rubriques. Aussi n'en devra-t-on pas toujours tenir compte pour uu classement général. Le titre de Carkaturana, par exemple, que portent la plupart des Robert Macaire, n'indiquerait-il pas une œuvre de fantaisie plutôt qu'une satire sociale? Ne serait-ce pas cependant commettre une faute que de les classer dans cette division-ci plutôt que dans la première?

Sans vouloir témoins du monde tracer la besogne à ceux que tentera ce curieux travail, nouscroyons quel'onpeut, pour faciliter l'étude de cette œuvre si touffue, adopter cinqgrandes divisions.

Dans la première, on rangerait toutes les compositions qui ont trait à l'art et à la fantaisie ; dans la seconde, celles qui se distinguent par une intention de philosophie générale ; dansla troisième, les études de mœurs, les descriptions pittoresques de la vie bourgeoise et parisiciiue avec ses mdle incidents ; une autre comprendrait la politique et l'histoire au jour le jour. Enfin il faudrait peut-être une catégorie spéciale pour les études d'observation ou de philosophie qui sont plus particulièrement satiriques. On peut objecter que la satire est répandue dans toute l'anivre de Dauniier. Cela est vrai ; mais parfois elle est plus accentuée dans certaines parties. Ainsi, \q?, Bas-bleus et les Dworceuses pourraient sans doute être rangées dans les études de mœurs bourgeoises; pourtanl. leur poriée est-elle lu même que <'clle des Baiijncusrs ou des

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