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était dirigée à i)out poiianl coulre les mauvais élèves de Havid, comme les croquis tragiques Tétaient contre les assommants rabâcheurs des traditions littéraires du dix-septième siècle, il nous suffira plus tard d'étudier les œuvres de peinture de Daumier
pour nous convaincre qu'il ne bataillait pas exclusivement pour le compte du romantisme.
Ouoiqu'ilen soil, les coups lonibcrenl directement sur les achersaires de ce beau mouvement d'indépendance et d'ardeur qui régénérait iiu ai't se mourant d'anémie et (rim])ersonnalité. La fa(:on dont est conçue V Histoire ancienne montre au premier coup d'd'il que c'est une protestation de peintre cl dirigée contre des
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peintres. En elVet, chacune des caricatures est composée en tableau, à la façon des forts-en-lhème de l'école, avec toutes les ficelles connues, et une exagération boutTonne de la froide emphase qui règne dans ces » machines » de convention.
La véritable différence ne réside pas dans certains anaclironismes drolatiques : le savant le mieux renseigné sur la vie des anciens par une étude approfondie de leur littérature et de leur art doit commettre encore bien des bévues qui les étonneraient ou les feraient pouffer de rire s'ils revenaient à la vie. Non, les caricatures de Daumier diffèrent des tableaux académiques en ce sens que les traits des personnages, au lieu d'être tracés sur le patron régulier cl artiliciel des types de l'art antique, sont simplement pris au hasard dans le monde réel au milieu duquel nous vivons. C'est ainsi que la Belle Hélène est une grosse commère d'une quarantaine d'années, bien en chair et impudente à souhait; Didon est une vieille qui a de beaux restes, une (été quelque peu cuite et fanée, mais nn corps sufOsamment leulaut pour l'Énée à casque de chicard qui la mène vers la grotte, d'un geste galant; Alexandre est un bellâtre prétentieux et guindé, Diogène un vieux chiffonnier et le reste à l'avenant. Eh ! mon Dieu, qui sait si nous ne sommes pas aussi près de la vérité avec cette fantaisie dévergondée qu'avec la sagesse apprêtée des admirateurs naïfs de l'antiquaille? Les anciens étaient des hommes comme nous; la ride, la verrue, les tics, ont lleuri de tout temps, et l'on peut faire œuvre d'art sans cacher aucune de nos infirmités. Hembrandt en est une preuve entre cent : le grand Hollandais a mis en scène, pour rendre des événements antiques, des personnages laids, souffreteux et mornes, des figures renfrognées, des
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vieillards cassés et sordides, des femmes au visage humble et commun. L'émolion en est-elle diminuée? Le Clirisl est-il moins attendrissant et moins imposant avec sa face plate rongée de fatigue et plombée de fièvre? Au contraire, la scène s'empare de nous plus impérieusement parce que nous sentons que cela es! notre monde, et cela n'empêche pas les acteurs d'être grands quand les circonstances retracées ou leur génie les grandissent. L'anachronisme apparent se trouve être plus près de l'histoire que l'idéal majestueux des pédants. Pourquoi accuserions-nous de mensonge ceux qui comprennent ainsi les personnages célèbres de l'antiquité, puisque nous avons sur les nôtres propres des idées souvent erronées? Nous ne connaissons de Louis XIV, par exemple^ que les portraits officiels qui le représentent sous les traits réguliers et purs d'un demi-dieu. Eu scrail-il diuiiiuié pour nous, si nous le voyions tel quil était, petit et grêlé? Ce serait donc une absurdité de crier à la profanation parce que Mentor a un vieux nez rubicon et Télémaque l'air d'un bon jeune homme. Pour tout homme simplement sensé, et non imlju de préjugés de collège, s'il n'y avait pas dans ces charges une intention bouffonne évidente, nous ne serions pas étonnés, et nous dirions : « iMa foi ! si c'est arrivé, cela n'a pas dû se passer autrement. "
haumicr, en donnant aux héros et aux dieux de simples têtes de bourgeois, ne disait pas autre chose aux artistes; il les avertissait que dans un siècle qui a soif avant loul de vérité, les fictions classiques avaieut l'ail leur temps. Ce n'est pas à dire (|u'il ail donné le coup de grâce à un enseignement (|ui a la vie dui-e, mais enfin, à force de faire rire h ses dépens, à force de nous
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montrer que nous ponvions, sans être foudroyés, prendre des libertés avec l'Olympe, le caricaturiste a obtenu ce résultat considérable : le public ne songeait plus à se moquer de ceux qui chercheraient à l'émouvoir par la représentation de la simple nature, touchante jusque dans sa trivialité.
C'est en cela que nous serions disposés à repousser toute idée de parenté entre les dessins comiques de Daumier, d'où se dégage une morale esthétique, et les simples parodies que Ion en a prétendu dérivées. Pour mettre les points sur les i, il n'y a qu'une apparence de commune entre la bouOfonnerie de YHistoire a?>rieniie et celle à'Orphée aux Enfers ou de la Belle Hélène. Le procédé est le même, non pas l'intention. La leçon est perdue, car il n'y a plus un essai d'interprétation, mais un simple défilé de fantoches. Daumier veut nous divertir aux dépens de ceux qui trahissent une époque, les autres ne cherchent qu'à nous faire rire de cette époque elle-même. D'un côté une satire qui porte un coup très vigoureux à une école obsiructive, de l'autre une facétie amusante, bien que n'ayant plus le mérite de l'invention (1), mais sans but et sans portée.
11 faudrait même aller un peu plus loin et dire qu'il était impossible de charger ainsi l'antiquité si on n'a\ait pas d'elle un sens tout à fait exact et aiguisé. Pour cela, il est bon d'insister sur un trait qu'on n'a jamais relevé chez Daumier. L'artiste connaissait l'antiquité, et même, ce qui pourrait surprendre davantage, il l'aimait. Nous avons déjà j)arlé de ses flâneries d'enfant
(1) On pourrait alléf,'uer que Daumier non plus n'a pas le mérite de rinvention et citer Scarron. Mais les parodies dont nous parlons sont certes inspirées plus directement du Charivari que de l'Enéide ti-avestic.
LE PLBLIC ni; SALON
Un jour où l'on ne paje pas. — Viiigt-ciiiq degrés île eh.ileur.
HONOUK lIAIMlFn.
])armi les marbres grecs. 11 y a plus caracléristique encore. Ce railleur, qui estropiait si cavalièrement les légendes et donnait aux épopées des allures de mascarades, lisait assidûment les tra- <luctions des poètes grecs, surtout Sophocle, et ressentait de l'enlliousiasme pour leurs beautés.
Dans son atelier, où quelquefois un moment de loisir lui permettait d'échapper à la tyrannie du métier, pour serrer de plus ju'ès un rêve d'art que les exigences de la vie venaient ])rutalcment interrompre, il avait disposé quelques moulages des monuments antiques, qui excitaient chez lui une sincère admiration. C'étaient surtout des fragments de la colonne Trajane, de ces têtes de guerriers, de citoyens, de barbares, si vigoureusement accusées, et empreintes d'un souflle de vie si entramant.
On pourrait dire que précisément ces têtes l'attiraient en raison de leur marque réaliste, et que des œuvres plus pures ne l'eussent peut-être pas inspiré au même degré. A cela nous répétons le nom de Sophocle, et nous citerons plus tard des œuvres de Daumier lui-même qui prouvent qu'il savait à l'occasion rendre un sentiment et une scène antiques, non point seulement d'une manière boulVonne, mais encore de façon forte et sérieuse. Mais son tempérament le portait de préférence à la représentation des choses de la vie et nous répéterons, en l'atténuant un peu, le mot caractéristique d'un jeune réaliste de notre temps : un bourgeois vivant l'intéressait beaucoup plus qu'une déesse morte.
Aussi a-t-il donné à ses déesses, à dessein, des types et des allures de bourgeoises, à ses capitaines et à ses héros de ces
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bonnes têtes que l'on rencontre non clans les bois sacrés, mais dans les rues. Hercule nettoyant les écuries d'Augias est un superbe et épais égouttier, y compris les bottes. Alcibiade est un fat que vous avez aperçu plus d'une fois sur le boulevard, se promenant d'un air prétentieux et suivi de son caniche tondu suivant les plus purs préceptes du l'ont-Neuf. Si Thésée est égaré dans un labyrinthe, c'est dans celui du Jardin des plantes.
Toutes les scènes sont composées de la façon la plus variée, et souvent Daumicr y introduit une vie intense, bien supérieure au froid sentiment des œuvres qu'il veut ridiculiser. Ainsi l'entrevue d'Alexandre et de Diogène est toute ensoleillée, et le vieux chiffonnier cynique étalé à terre et fumant sa bonne bouffarde est une très intéressante élude de raccourci. Avec sa faculté surprenante de coloriste déjà relevée plusieurs fois au cours de notre étude, Daumier nous plonge en plein marécage avec Marins à Minturnes. D'une mare croupie^ peuplée de grenouilles, d'araignées, encombrée de roseaux, émerge une tète ricanante, les cheveux et la bai-be ruisselants, entourée de ces ronds concentriques produits par le déplacement de l'eau, tandis que dans le haut et dans le lointain, des soldats romains affairés et déroutés explorent la campagne, tournant le dos à cette cachette. C'est à la fois drôle et puissant.
Un bel effel de grotte aussi, pesante et humide, pour le baptême d'.Vchille. La mère du héros en herbe le tient par le talon et le plonge consciencieusement dans les eaux soml)res du Siyx. .\u nez du petit Achille, une écrevisse s'est accrochée.
Toutes les légendes classiques défilent, et l'histoire romaine comme la grecque sont mises au pillage. Voici, par un paysage
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de neige, Annibal faisant répandre sur les rocs alpins des tonneaux de bonum vinaiçjnini d'Orléaniis : voilà Dédale, observant avec un télescope son fils Icare, qui tout là haut, effacé et diminué, dégringole.
Alexandre, d'un geste théâtral, cède Campasle, un bon gros modèle, à Apelles, un vieux peintre chauve et attendri qui remercie à genoux le conquérant. Anacréon est attablé vis-à-vis d'une petite personne qui, à l'aide de grains de raisin, fait de la bouclie ouverte du poète ^octogénaire un simple jeu de tonneau. Minos, Eaque et Rbadamante sont d'extraordinaires types de juges, soit ventrus, soit desséchés, mais solennels. Enfin on ne peut énumérer tout cela, car on n'analyse pas et on ne décrit pas un éclat de rire. Qu'il suffise d'indiquer le coloris et le mouvement qui font de la série une des plus réussies au point de vue purement pittoresque. 11 y a même à cet égard d'assez curieuses trouvailles. C'est ainsi que certaines pages sont traitées en bas-relief d'une foçon aussi simple qu'ingénieuse. La pierre lithographique recouverte uniformément d'une légère teinte grise, l'artiste dessine ses personnages au moyen de deux sortes de traits; du côté de la lumière une ligne blanche obtenue en grattant avec une pointe la couche grise, du côté de l'ombre une ligne plus foncée, un trait continu, large et mou; et voilà le relief obtenu de façon très éuergique. De plus, un sentiment de vétusté suggéré par la limite irrégulièrement cassée de la surface grise figurant la pierre, et un sentiment de l'art antique par la grande simplicité des lignes du dessin. Ce n'est qu'au second coup d'œil que l'on s'aperçoit de l'extraordinaire bouffonnerie des attitudes et des accessoires : on découvre qu'Achille fume sa pipe sous sa tente, et que Palrocle,
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son brosscur, a le chef affiihlé d'un bonnel de colon. Et l'elVet es( aussi curieux qu'irrésistible. Eh bien, encore une fois, il faut affirmer que l'on ne pouvait frapper si juste, mettre une pareille sobriété dans l'extravagance, qu'avec un sentiment exercé d'une époque. Si Daumier s'est moqué, c'est en parfaite connaissance de cause. Il faisait œuvre de polémiste, mais de polémiste renseigné, « documenté », et qui a de quoi répondre si on conteste ses arguments.
IVailleurs la polémique artistique, cbe/. lui, ne garde pas toujours cette allure détachée et générale de YHisloirc ancienne. Parfois le caricaturiste prend directement les hommes à partie, et alors il faut bien s'expliquer. Ainsi une exellente satire des jurys d'expositions et de concours, parue en 18i0, nous montre le I' célèbre jury de peinture " comi)Osé d'un musicien, d'un géomètre, d'un chimiste et d'un astronome, regardant avec des yeux écarquillés et dans des poses d'embarras grotesque les toiles qu'on soumet à leur examen.
Eaul-il encore faire la parodie d'un tableau de commande, une de ces résurrections de Notre-Seigneur, comme l'État aimait à en envoyer dans les catbédrales de province pour prouver qu'il protégeait l'art? I>aumier, de son crayon le plus gouailleur, nous représente simplement un vaste ciel, et deux pieds nus qui dépassent le bord supérieur du cadre : encore une seconde et ces pieds, suivant leur propriétaire, auront disparu aux yeux des humains.
Une autre fois c'est aux architectes que le caricaturiste s'en prend, avec une arrière-pensée politique, il est vrai; la translation des cendres de Napoléon aux Invalides, la « grande pensée du règne » de Louis-Philippe, fournit roccasion. Le tombeau de
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l'empereur est placé dans une cave, et on l'aperçoit, avec de la bonne volonté, par un minuscule Irou rond pratiqué dans le plancher.
II faut voir comme l'artiste indépendant, comme l'esprit avancé défend ses amis, les méconnus, les originaux ! Au Salon de 1864, il croque sur le vif la perplexité bourgeoise devant le Sp/iiîii: de Gustave Moreau ; rien n'esl comique comme la ))bysionomie aliurie du brave homme qui comprend de moins en moins à mesure qu'il regarde.
Au salon de I860 il a découvert une famille arrêtée devant le tableau de Manet, ne sachant trop si elle doit rire ou se fâcher, mais à mille lieues d'admirer; el franchement .Manet est vengé par cet ahurissement, croqué avec tant de vigueur, des réflexions saugrenues qu'on a pu faire sur son œuvre. Ou bien encore, on voit un artiste qui, éclatant de rire, tire par le bras un ami au visage placide : « Ne soyez donc pas bourgeois comme ça ! Admirez au moins ce Courbet! » La physionomie choquée de l'ami est d'un comique achevé.
Ce n'est pas seulement contre les bourgeois que Daumier défendra ses amis, c'est au besoin contre la critique. 11 s'en fallait qu'elle fût tout entière éclairée et libérale à ce moment où de très vives discussions s'engageaient sur des principes aujourd'hui triomphants. Et ce ne furent pas toujours les plus grands maîtres auxquels on rendit le plus justice. Aussi, le caricaturiste a-t-il croqué, dans sa marche majestueuse, le critique influent tout gonflé de vanité et d'importance, traînant sur ses pas un groupe obséquieux de quémandeurs de réclames. Cette fois la satire fait coup double. Les méconnus de valeur ont du moins la consolation,
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en regardant cette l)onne cliarge, de poutler aux dépens de l'écrivain présomptueux, et des médiocres qu'il a loués.
D'ailleurs, c'est dans ses éludes surcepid^lic si curieux, si remuant, si mélangé, si naïf, si bruyant de nos expositions de pi'iiiliire, que Daumier a rencontré peut-être tout ce qu'il a écrit de plus large, de plus parfait sur notre esprit bourgeois. L'aisance et la sûreté de la touche, la variété et la justesse des expressions, le comique saisissant des types, tout concourt à rendre en quelque sorte palpable cette résultonte d'opinion qui se dégage des foules. 11 faut malheureusement le reconnaître : cette opinion est faite surtout d'ignorance et de timidité. Parfois ce public s'engoue, quand on lui a montré le chemin, et qu'on lui a seriné la formule de l'éloge. Mais il est plus souvent disposé à se scandaliser qu'à admirer. Quand il est en présence d'une nouveauté ou d'une audace, son premier mouvement est de croire qu'on a voulu se moquer de lui; aussi s'empresse-t-il de se fâcher ou de rire sans aulre examen.
('■es défiances et ces engouements ont été plusieurs fois dépeints h grands traits par Daumier, notamment dans ses études des Salons de 1852, de 1857, de 1859, de 186i et de 18G.J. Le premier surtout a suggéré à l'artiste une superbe série de grands croquis, pleins d'air, de couleur. Les bourgeois ([ui se ])osent en connaisseurs, les amateurs d'art classique trouvant que décidément le goût est perdu en France, les indifférents qui n'apprécient dans l'exposition que le bulVel. les j^aysans stupéfnits devant les nudités, la presse des dos et des chapeaux devant un tableau microscopique de M. Meissonier, l'impression de chaleur, de poussière et de bousculade qui règne les jours non payants, tout cela
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est d'une intensité d'expression, d'un relief de dessin quasi-imposants. C'est la caricature magistrale dans toute sa santé et sa force, qui procède avec la largeur et l'abondance de Rabelais, la verve et la sûreté de Molière.
Les croquis du Salon de 1866 ont une pareille force et en même temps une grande simplicité. Cette simplicité même est telle que l'on ne découvre pas tout d'abord combien elle cache d'art dans la composition, de philosophie dans la pensée. Ce ne sont plus de simples jeux de crayon, des fantaisies plaisantes de polémiste, c'est ici un observateur attentif et un peintre robuste qui prend la nature sur le fait et la campe d'aplomb sur le papier sans une fausse louche, sans une faiblesse.
Daumier n'avait pas seulement étudié le public ; son œil malin n'avait pas perdu de vue les artistes, ses frères, et nous pouvons tracer, d'après de nombreux croquis, toute une physiologie du rapia d'abord, et aussi du peintre lui-même, son expression la plus noble. Ou [)lutùt Daumier a commencé par le rapin et a fini par le peintre.
De ces types de rapins barbus et ciievelus, au large sourire, qui seront aussi une des créations spéciales du milieu du siècle, il y en a de bien réjouissants dans les premières années du Chariixiri. Ils gardent, dans leur débraillé, sous leurs feutres à larges bords, je ne sais quelle confiance et quelle bonne humeur. Aujourd'hui les jeunes gens se piquent d'une tenue plus correcte. Ils rougiraient, et ils n'ont pas tort, « d'épater les bourgeois » ; ce genre est trop facile et n'est plus très bien porté. Ils ne rencontreraient plus aussi facilement un tailleur qui se contenterait en payement du portrait « de madame son épouse, fait de souvenir. » Mais