LES PAYSAGISTES
Le premier copie la nature, le second copie le premier.
lOMilii: DM MIEli.
quoi, nous avons beau èlre jeunes, nous sommes toujours les vieux de ceux qui nous suivent, même d'une année. Aussi quand nous nous imaginons que vers le milieu de ce siècle on était beaucou[» plus insouciant qu'en ce moment, peul-èire nous tromponsnous. Ceux qui nous suivent ont un genre de folie qui nous échappe, de même que nous paraissons à tort trop graves à ceux qui nous ont précédés.
Toujours est-il que les liôtels, la correction britannique, le ninl. étaient choses beaucoup moins fréquentes chez les peintres, au temps où Daumier les étudiait, et dans le milieu même où il vivait. Aussi a-t-il pu nous tracer des tableaux pleins de bonne humeur et d'abandon de toutes les scènes de la vie artistique à son époqne, grandeur et décadence, succès et déception. Lorsque dans les C/'Of/msd'erpressionoadansles Scènes f/i-olesque-s nous assistons à des présentations, entre amis, de célébrités inconnues, nous sentons combien les amoui's-propres sont chatouillés ; il est toujonrs flatteur d'être présenté à quelqu'un, fût-ce à un de ces bourgeois qu'on exècre. Les misères du métier et ses enthousiasmes, les moments de confiance en soi-même et les moments de découragement, tout cela a été analysé très finement par Daumier. Voici la vieille fille, artiste par nécessité, qui pour vivre fait des portraits dont la ressemblance est garantie. Un peu plus loin, dans la série intitulée Silhouettes, c'est un type extrêmement réussi, une trouvaille : le peintre, devant une toile de grande dimension, sue et peine, se dégingandé : il est en voie d'accoucher d'un chefd'œuvre; cela vient très bien, seulement au bout de deux heures de ce travail enfiévré il s'aperçoit... qu'il a oublié sa palette et ses pinceaux. C'est le dernier mot de Vintentionisine. Combien de