‹ Honoré Fragonard (volume 2)Chapitre 13 sur 82 · LE VILLAGEOIS QUI CHERCHE SON VEAU · texte numérisé non relu

LE VILLAGEOIS QUI CHERCHE SON VEAU

D'après un dessin au crayon noir pour les Contes de La Fontaine

la deuxième, plus nombreuse, au lavis de sépia, compte cinquante-sept dessins reliés avec un manuscrit des Contes pour un amateur inconnu. Enfin une troisième série d'une douzaine de dessins beaucoup plus finis, faite en vue de la gravure, mais qui est restée inachevée \

L'importance de ces travaux dans l'œuvre de Fragonard nous oblige à les examiner séparément et avec soin.

La première suite en date est celle que M. Walferdin tenait de la famille de Fragonard et qui a figuré à sa vente. Elle se compose de quarante-deux compositions au crayon qui ont servi de prototype et furent, nous venons de le dire, tracées pendant les loisirs d'un séjour à Rome sous les yeux de Bergeret. On ne sait qu'admirer le plus dans ces dessins vivement faits, de la grâce facile de la composition ou de l'esprit qui y pétille. Plusieurs, la Jument du compère Pierre, la Chose Impossible , la Mandragore, la Gageure des trois Commères, les Troqueurs, les Lunettes, sont aussi terminés que le comportait la liberté de l'exécution; d'autres, moins travaillés, sont restés à l'état d'indications avancées, mais tous ont une franchise d'allure et une gaieté singulières. Remarquons encore la Servante justifiée, r Ermite, F Oraison de saint Julien, le Mari battu et content. Jamais l'artiste ne fut mieux inspiré que dans cette illustration et n'a davantage montré ses facultés d'invention et d'interprétation amusante.

La plus importante série par le nombre et la beauté des dessins, est la seconde, qui se trouve insérée dans un manuscrit des Contes. Quel amateur pria Fragonard de recommencer pour lui cette collection ? Est-ce encore Bergeret ou plutôt son fils qui n'avait pas partagé l'animosité du père et que nous

\. — Nous négligeons à dessein six compositions à la sépia peu terminées, formant double emploi avec les suivantes.

Page 1