M"^"-' Fragonard mourut en 1824, à l'ùge de 77 uns
ce qu'il y a de charme dans ces œuvres exquises. Mais avec le temps qui s'écoule, un triage s'opère, et chaque figure se remet à son plan. Très apprécié de son vivant, trop dédaigné ensuite, exalté maintenant par quelques-uns, Fragonard reviendra à sa vraie place parmi les meilleurs peintres de genre, l'un des plus spirituels, l'un des plus harmonieux du xvni' siècle, et restera le chantre de la Jeunesse et de l'Amour.
Ne pourrait-on pas, à l'exemple de M^'^ Gérard, user d'une image : A la fin d'un beau jour qui a fait s'épanouir les fleurs brillantes et mûrir les fruits savoureux, le soleil à son déclin, lance encore dans l'espace d'éclatants rayons, les plus dorés peut-être, répandant l'harmonie sur ce délicieux moment de la journée, mais l'on sent qu'il va bientôt s'éteindre dans de prochaines ténèbres... Appliquons la comparaison à la peinture de cette fin de siècle qui brille d'un si vif éclat, et Fragonard à l'un de ces rayons d'or, plein de feux, d'harmonie, riche en divines colorations, mais c'est le dernier effort d'un art prêt à disparaître. La nuit qui vient, sous la forme de l'École de David, en faisant évanouir les dernières lueurs, va rafraîchir et purifier l'atmosphère, redonner de la vigueur à l'Art et préparer une aurore nouvelle, d'où naîtront le Romantisme et l'amour du vrai, en un mot, l'École moderne.