‹ Honoré FragonardChapitre 25 sur 45 · Ponhe ou pochette, sorte de petit violon · texte numérisé non relu

Ponhe ou pochette, sorte de petit violon

soutenues dans l'âme des spectateurs », ou encore qu'ils « épuisaient dans leurs mouvements, leurs attitudes et leurs entrelacements tout ce que la volupté peut désirer de plus expressif ».

Le 8 décembre 1772 eut lieu l'inauguration du nouveau théâtre de Mlle Guimard, au plafond orné de la main de Taraval, dans l'habitation qu'elle venait de se faire construire à la Chaussée-d'Antin et que Ton appela aussitôt le Temple de Terpsichore. Cette date nous donne à peu près celle des travaux de décoration exécutés dans l'hôtel .

C'est donc dans le courant des années 1770 à 1772, — les Concourt donnent la date de 1773, comme celle de la rupture, — que Fragonard dut s'occuper à peindre « le salon du petit palais de volupté » de la danseuse.

« L'hôtel de Mlle Guimard est presque achevé, écrivait Grimm. Si l'amour en fit les frais, la volupté môme en dessina le plan et cette divinité n'eut jamais en Grèce un temple plus digne de son culte. Le salon est tout en peintures. Mlle Guimard y est représentée en Terpsichore..., etc. »

Notre artiste en effet, à tout seigneur tout honneur, commença par le portrait de la déesse, panneau principal encastré dans les fines boiseries devant lesquelles défilait tout Paris. Ce portrait, conservé dans sa fraîcheur et sa grâce décore aujourd'hui la galerie d'un de nos collectionneurs parisiens.

C'est une délicieuse peinture, exécutée dans la gamme la plus claire, dans les tons les plus frais, et dans la manière calme et soignée dont il a usé pour les panneaux de Grasse, qu'il peignait alors pour Mme Du Barry. La danseuse est en pied, esquissant un pas, la main sur son cœur, revêtue d'un pimpant costume de bergère, son costume des Caprices de

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