‹ Hopitaux de Provence Leur Interne en MédecineChapitre 12 sur 23 · OU TRE · texte numérisé non relu

OU TRE

« il était recruté au hasard, sans souci de son intelligence «ni de sa moralité. » (D' Noir, Progrès médical, 95 juillet 1903.)

L'opinion que les Sœurs des congrégations hospitalières ont le monopole du dévouement reste encore ancré profondément dans l'esprit du public, ignorant que tous les petits soins sur lesquels il fonde le critérium de son Jugement sont toujours laissés au personnel auxiliaire. Nous ne voudrions pas, du reste, aborder ici des points qui ont été naguère le sujet de tantde discussions politiques, mais nous ne croyons pas inutile de réclamer que, quel que soitle caractère du personnel, les administrations ne lui laissent jamais, comme cela se produit fréquemment, prendre dans l'établissement une prépondérance dont les effets nous semblentnéfastes, accordée à une caste intransigeante, et de l'esprit de laquelle les internes ont souvent à se plaindre, surtout lorsqu'elle s'arroge la secrèle mission de leur surveillance !

Nous voudrions critiquer surtout les deux points auxquels le médecin ale droit et le devoir de s'intéresser dans le personnel : l'instruction et la discipline. L’instruction professionnelle des Sœurs hospitalières reste en général fort insuffisante : quelques-unes, certes, arrivent à être fort au courant de leur service, mais la plupart n’obéissent qu'à une routine sans discernement et ne possèdent aucun principe d’asepsie, ni même de l'hygiène la plus élémentaire. Saurait-il en être autrement avec des femmes qui n’ont eu d'autre direction pratique que celle qu'ont bien voulu leur accorder les médecins, sans la moindre donnée théorique pour coordonner et compléter les éléments de leur savoir, et dont l’impersonnalité mème est un écueil pour le chefde service, quiignore tout de leurs antécédents?

HT. -Die

Ajoutons que le pouvoir qui les répartit, sans aucun discernement ni conseil médical, affecte volontiers à une salle de malades une sœur qui ne s’est jusque-là occupée que de la cuisine ou de la lingerie, et vice versa, créant ainsi une désorganisalion contre laquelle tous semblent impuissants.

Sous le rapport de la discipline, les médecins rencontrent dans le personnel religieux deux écueils principaux : une organisation telle que les Sœurs ne peuvent directement obéir qu'à leur supérieure, organe d’interposition entre le corps médical et ses surbordonnés ; un esprit spécial, inhérent sans doute à la règle congréganiste, et qui leur fait refuser avec entêtement tout ce qu'elles considèrent comme une innovation et qui ne leur a pas été enseigné au début de leur carrière.

Quant au personnel secondaire, il reste « recruté au hasard», et, s’il est assez stable pour les femmes, qui, à défaut d'instruction et de savoir, montrent en général de la bonne volonté etsavent se contenter de leur médiocre situation, il n’en est plus de même pour les hommes : peut-on qualifier d’infirmiers ces gens recrutés on ne sait comment, anciens malades sans occupation, ouvriers sans travail — sinon vagabonds sans gîte, — et qui disparaissent après quelques semaines de séjour? Saurait-il en être autrement d’ailleurs si l’on songe que les administrations n’exigent en général aucune connaissance professionnelle et n'offrent à ces employés qu’un salaire dérisoire, sans aucune garantie ?

Devant l'insuffisance de l’état de choses actuel, il y a lieu de chercher à apporter un remède promptet efficace. Nous connaissons trop mal les résultats pratiques obtenus dans les rares hôpitaux de province où le personnel a été

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