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ments, puisque, dans beaucoup d'officines, ceux=ci sont préparés par des gens qui n’ont aucun titre officiel à le faire. Sitrop de pharmaciens ont tort de s'en remettre à des «professionnels », parfois mème sans les surveiller, ce ne saurait être une excuse dans le cas dont nous nous occupons.
Cet exercice illégal s'aggrave encore du fait que l’hôpital, dans beaucoup de villes, fournit les médicaments pour le Bureau de bienfaisance de l'endroit — ce qui a l'approbation de la circulaire Bourgeois — et aussi aux employés et fonctionnaires de la ville. C'est surtout là que l’illégalité devient patente, bien qu'il nous faille remonter, pour la constater, à la Déclaration du Roy du 95 avril 1777 :
«Art. 8. — .. Ne pourront... même les hôpitaux... avoir « pharmacie, si ce n’est pour leur usage particulier et inté- « rieur ; leur défendons de débiter aucune drogue simple «ou composée sous peine... »
Admise donc l’illégalité du système actuel, comment y pourrons-nous remédier ? Admettrons-nous que l’administralion puisse s’en remettre à un pharmacien de la ville qui préparerait en son officine les médicaments pour les envoyer à l'hôpital? Non, certes; l'établissement doit posséder en lui-mème et les médicaments et le préparateur, pour parer à loute perte de temps et répondre à tous les besoins urgents. D’autre part, nous devons craindre que ce système — entraînant presque fatalement la fourniture des médicaments à l’adjudication — ne fasse livrer des préparalions moins soignées qu’il ne convient. A notre avis, l'hôpital doit recevoir directement les produits de la droguerie, et c'est à l’hôpital qu'on doit en faire le contrôle elles uliliser.
RTE
L'hôpital devra-t-il donc s'attacher à demeure un pharmacien qui ne pourrait, en conséquence, avoir d'autre officine ouverte? Cette méthode, quelquefois employée d’ailleurs, offrirait certes une sécurité, mais aurait l’inconvénient d'exiger une rétribution trop onéreuse pour l'établissement, d'autant plus qu’il faudrait adjoindre des aides au pharmacien.
Nous proposons donc un moyen qui pourrait être reconnu légalement et parerait à tous les inconvénients que nous venons de signaler: la création de postes d'internes en pharmacie, en nombre variable selon les besoins et dontles titulaires jouiraient d'avantages matériels analogues à ceux accordés aux internes en médecine.
On devrait exiger des postulants un nombre minimum donné d'inscriptions, établir un concours lorsqu'il serait possille, et ce n’est qu’alors qu'on pourraits'en remettre, pour la surveillance, à un pharmacien de la ville. Nous croyons qu'il serait possible detrouver, parmi les étudiants non internes des hôpitaux des villes de Facultés, un certain nombre qui accepteraient ce service ; un tel système offrirait les garanties professionnelles désirables etn’entrainerait pas pour l'hôpital les lourdes charges qu’exigerait la présence d’un pharmacien spécialement attaché à l’éta blissement.