‹ Horace et l'empereur Auguste ou observations qui peuvent servir de complement aux commentaires sur Horace; Par Eusebe SalverteChapitre 4 sur 6 · I IO · texte numérisé non relu

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HORACE

de la poésie lalinc et l’uue des plus brillantes de l’histoire littéraire des peuples civilisés. Est-ce aux hommes comblés des éloges d’Horace, h Fundanius, a Yarius, h Polliou, que le premier siècle de l’empire dut un si noble avantage? Non : ce fut à Ovide , dont la gloire n’eut point Horace pour juge ; ce fut h Tibulle son ami , et à Properce , son contemporain , que tous les deux il aurait dû citer; ce fut ii Horace lui-même et à Virgile qu’il ne désigne encore, après tant de poètes de cour, que comme le chantre gracieux et doux des champs et des bergers * *.

. • A , jE w*

Avjde de tous les genres de gloire , Auguste voulut régner sur le tems même, et, en contradiction avec le calcul généralement adopté 2 , célê-

« molle atque facetum

« Yirgilio aonuerunt gaudentes rurc Camoenae. » ( HorAT. Sermon, lib. I. satyr. X. vers. 44 ”4 5. )

• Encychp. méthod. Antiquité 4. art. Jeux séculaires . —

brer par des jeux séculaires l’anniversaire de la fondation de Rome. Horace, par son ordre , composa un hymne pour cette cérémonie : la simplicité monotone des formules religieuses y est relevée par la noblesse et l’élégance de la poésie ; mais on n’y remarque d’ailleurs que le trait relatif h la loi dont l’influence devait accroître le nombre de mariages, et rendre inviolables les nœuds de l’hyménée '.

Pour obéir à Auguste et sans doute aussi à Livie, Horace chante les victoires de Drusus et de Tibère a ; et ses poèmes, que la force des pensées et la sublimité des images rendent bien supérieurs au Carmen saeculare , se rattachent aussi aux combinaisons d’une politique plus mystérieuse.

L’empereur Claude argua d’erreur la supputation d’Auguste, et célébra de nouveau les jeux séculaires.

■ Horat. Carm. saec . vers, 17-ao. — Od. lib. IV. od. v. vers, a i- 23 .

* Horat. Od. lib. IV. od. iv. et od. xiv.

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Ccst une peine inséparable de la possession d’un pouvoir injuste, que de redouter ses propres appuis. Un jour peut-être l’histoire racontera que le despote d’une nation religieusement attachée a sa dynastie et non à sa personne , craignait de laisser parvenir h l’adolescence les fils dont la naissance avait été l’objet de ses vœttx. Des craintes que les sentimens de la nature ne rassurent pas, le seront moins encore par la reconnaissance ou tout autre considération secondaire. Auguste le sentit, et ce fut le supplice de sa vie entière. A peine sur le trône, il voyait a côté de lui Agrippa que d’immenses services en rendaient plus digne, et que la voix publique proclamait son successeur : moins de six ans après la bataille d’Actium, il lui opposa Marcellus son neveu, dont bientôt il fit son gendre; et dans la jalousie de ce jeune homme, il trouva un prétexte pour éloigner le ministre qui lui faisait ombrage. Mais aussitôt ses craintes changent d’objet; avec l’impétuosité de vertu naturelle h la jeunesse, Marcellus annonçait le dessein de rendre la liberté h Rome : une mort, trop prématurée pour ne pas

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et l'empereur AUGUSTE. I 1 3

inspirer de soupçons 1 , vint affranchir Auguste de cette nouvelle inquiétude. Obligé de rappeler Agrippa, et réduit, comme le lui dit Mæcénas, à la nécessité de lui donner la mort ou de le prendre pour gendre, la prudence le détermine au dernier parti- La naissance de deux fils affermit la fortune d’ Agrippa. Auguste se hâte de les adopter : mesure insuffisante , puisqu’elle n’aura d’eifèt que lorsque les en fans seront parvenus à l'adolescence. Pour se fortifier dans le présent, Auguste élève les fils de Livie ; il veut que la renommée, en célébrant leurs victoires, appelle sur eux l'admiration et la faveur publiques.

Le langage d’Horace jusqu’alors s’était ressenti de l’indifférence de la cour pour Tibère : ce n’était que le Jils de l'épouse d’Auguste , un homme de mérite, un homme distingué a . En annonçant

1 Plin. Hisl. mif. lib. VII. cap. 45. — Tacit. Annal. lib. II. cap. 4>-

* « Claudins Augusti privignus. . . . »

( Epist. lib. 1 . epi*L ni. vers. 12.)

« booo elaroque... Ncront. »

( Epis/, lib. II. epist. U. vers. 1.)

a un ami les succès remportés dans le même tems par Tibère et par Agrippa , le poète nommait celui-ci le premier égard auquel on peut penser que la mesure des vers ne le contraignait pas impérieusement. Aujourd’hui cette lyre , qui avait refusé de chanter les exploits d’ Agrippa, fait résonner les plus pompeux accords pour immortaliser la gloire de Tibère et de Drusus. Sous les auspices d’Auguste, h qui d’abord doivent se rapporter tous les succès, l’un et l’autre sont les vengeurs, les soutiens et l’espoir de la patrie; dignes descendans du vainqueur d’ Asdrubal , dignes élèves de l’ affection paternelle d’Auguste a , il n’est rien que Rome ne doive se promettre de leur génie et de leur fortune, ’

Si nous pouvions , sans trop nous écarter de " i. ‘-'V. . •

Cantabcr Agrippas , Claudi virtpte Ncronis

Armcnius cecidil »

( Epist . lib. I. epist. xn. ven. 16-17.)

« Augusti paterové /’

m la pueras animus Nerones .» •

( Od. lib. IV- od. îv. vers. 17-^16. )

ET 1,’eMPEREUR AUGUSTE. Jl5 notre sujet, achever le tableau commencé, nous moolm'ions Drusus, si magnifiquement célébré, mourafit au sein d'une gloire sans tache, mais laissant après lui le soupçon que ses vertus et spn désir bien connu de rétablir la république avaient alarmé son père adoptif, et précipité sa fin 1 ; nous montrerions Tibère, comblé des mêmes louanges, s'approchant du faite des grandeurs par son hymen avec la fille d’Auguste , puis réduit peu à peu h n’etre qu’un fantôme destiné h contenir l’ambition naissante et déjà, immodérée des deux fils d’Agrippa : indigné de ce rôle, il éclate, et se voit sacrifié aux jeunes Césars, connue Agrippa l’avait été à Marcellus. Rappelé comme lui, et adopté par Auguste après la mort de ses aïeux antagonistes, il voit élever encore, pour les opposer h son influence , et le dernier fils d’Agrippa, et Germanicus en faveur de qui,

* Suétone combat cette opinion ; mais un passage de Tacite prouve qu'elle était très-accréditée à Rome , au lems de la mort de Germanicus. (Tacit. Annal, lib. II. cap. 8a. — Suelon. in Claud. §. i in Tibtr. §. 5o.)

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d’abord, Auguste avait laissé adroitement percer l’intention de l’appeler h l’empire 1 . Par l’enchaînement des jeux de la fortune ou des forfaits de Livie , Tibère enfin gouverne sans rivaux la vieillesse d’Auguste ; et Livie et lui-même sont accusés d’en avoir trop peu patiemment attendu le terme. Tant il est vrai que les précautions d’un despote se trouvent souvent aussi vaines que ses alarmes ont été poignantes!

Et toutefois combien , plus que tout autre, Auguste ne semblait-il pas fait pour échapper h de pareilles alarmes? L’assentiment universel n’avait-il pas consacré sa puissance ? Quand pour chanter ses bienfaits et sa gloire , Horace invoquait sans relâche la musc lyrique, soit qu’il célébrât le prince guerrier et triomphant , ou le pacificateur, le gouvernant juste et paternel ; toutes les bouches, tous les cœurs ne répétaient-ils pas â l’cnvi ses vers et ses éloges ? Nous ne voyons aujourd’hui dans l’histoire d’Auguste que des

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* Ta«T. Annal, lib. IV. cap. 57.

guerres inutiles et injustes, dont un prince aussi étranger aux inspirations du génie militaire qu’aux élans du courage personnel, s’attribuait la gloire sans pudeur ; ses contemporains durent en juger autrement. Pour décider leur approbation, pour entraîner leurs applaudissemens, c’était peu de la soif d’agrandissement et de conquête qui faisait à Rome partie de l’esprit public : dans les convulsions qui avaient accompagné la destruction de la constitution républicaine, et ensuite la chute honteuse d’Antoine, l’ordre politique avait été bouleversé. Les sujets aspiraient h l’indépendance ; les alliés prenaient une attitude hostile ; les hordes barbares, repoussées jadis loin des limites de l’empire , en menaçaientles frontières ou les franchissaient avec audace ; et, par une combinaison si singulière qu’ on la révoquerait en doute si elle n’était pas constatée en fait, et qui tenait k la manière dont les chefs républicains avaient jadis fait la guerre , Rome régnait au fond de l’Asie et son pouvoir pénétrait au milieu de l’Afrique ; et à quelques journées de marche, Rome entendait frémir des peuples indépeudans et ennemis.

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Les combats d’ Auguste et ses triomphes furent donc vraiment nationaux; par eux étaient prévenues les invasions étrangères ; par eux était conservée la force morale de l’état , prestige toujours attaché au succès ; par eux était maintenue la sûreté intérieure contre ces bandes de brigands et d’esclaves fugitifs, comprimées plutôt que détruites par Pompée , disséminées et perdues dans les armées des chefs des guerres civiles, mais prêtes h revivre et h se réunir au premier revers important qui eût affaibli les ressorts de l’auto- 1 rite. s ...

Une faveur égale dut accueillir Horace quand il chantait la félicité dont Rome, jouissait sous le gouvernement d’Auguste.

Piul n’a su mieux qu’Auguste comment on peut fortifier l’usurpation au point de la rendre presque inébranlable , par le charme d’une sorte de prospérité publique , très-limitée , il est vrai, trèsfugitive, très-distincte du bonheur individuel du plus grand nombre; mais très-brillante dans ses apparences, et très-puissante dans ses illusions. L’empire était grand, il ('tait fort; la dignité du

*d-u*aGoog[e

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nom romain était rétablie sans qu’on aperçût qu’elle avait changé de place et qu’elle reposait, non plus sur Y état, mais sur la personne de son chef. Une telle position rassure la timidité et plaît à l’orgueil; elle séduit les deux passions les plus générales parmi les hommes civilisés. Auguste ne laissa point son ouvrage imparfait; il n’hésita point h fonder, sur la prospérité du présent, la stabilité de l’avenir. Indifférent au bonheur des générations futures , il ne fit rien pour celle même qui devait célébrer son apothéose et obéir h son successeur; ou plutôt il fit tout contre elle en lui préparant des chaînes indestructibles, une tyrannie sans limites, et Tibère.... Mais ses contemporains se félicitaient de mourir avant lui et de laisser leurs enfans sous sa protectiou bienfaisante; ils comparaient les agitations , les désastres de la première moitié de leur vie , h la paix, a la sécurité dans lesquelles s’en écoulait la seconde moitié; et entraînés par un égoïsme dont ils se dissimulaient facilement l’inspiration, ils croyaient n’avoir plus de vœux h adresser aux dieux.

L’homme de goût sait par cœur les beaux vers

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que ce sujet fécond inspira k Virgile er à Horace. Rapprochés de ceux d’Ovide , ils font ressortir la différence de la louange et de l'adulation. Par les flatteries dont il enivre l’usurpateur, Ovide nonseulement affaiblit l’admiration et l’intérêt dus k son talent et k son infortune ; mais il rapetisse son héros k force de vouloir l’agrandir : rien n’empêche, en le lisant, de comparer Auguste k Domitien encensé par Martial avec autant de prodigalité et d’impudence.

J’accorde aux vers d’Horace, sur le bonheur public , l’inspiration de la vérité. Echo d’un sentiment universel, oui, dans le présent, il disait la vérité : tout au plus pouvait-on lui reprocher les exagérations de l’enthousiasme poétique.... La postérité , qui juge les siècles et non pas les années et les jours, a donné un autre nom a des exagérations dont le règne de Tibère prouva si cruellement la fausseté. Sa justice toutefois a-telle été complète? La mémoire d’Octave ne doitelle plus rien aux trop brillantes couleurs d’Horace et de Virgile?

ET l’eMPBREBR AUGUSTE.

Des circonstances uniques dans l’histoire appellent au maniement des affaires publiques un homme qtii sort h peine de l’enfance. 11 sc distingue d’abord par une férocité que des monstres vieillis danslesforfaitsn’ontpas surpassée. Justice , humanité, pudeur, il foule tout aux pieds. 11 reçoit des éloges sur sa piété , quand il usurpe les honneurs divins, et dans ses débauches, outrage la croyance nationale et les dieux; sur sa valeur, quand , dans presque toutes les expéditions où il parait en personne , ses partisans ont besoin d’alléguer sa mauvaise santé pour le justifier d’avoir fùi, de s’être caché, tantôt dans une caverne, tantôt dans un marais 1 ; sur sa clémence, quand

■ « Philippensi praelio morbus , fuga , et triduo in palude » latebra aegroti.... latebra , naufragia Sicula, et cdia ibi quo- » que in spelunca occultatio.... » (Plin. Hist. nat. lîb. Vil cap. 45.)

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il refuse de mettre tin terme aux proscriptions dont l’horreur a fatigué jusqu’à ses collègues de crime, quand il massacre de sang froid les prisonniers de guerre que la victoire d’un autre a mis en sa puissance, quand il veut amuser ses yeux du spectacle d’un père et d’un fils contraints a combattre Fun contre l’autre 1 ; sur la justice de son gouvernement, quand un vil affranchi * *, chargé par lui de régir la Gaule, et convaincu d’extorsions et de vexations atroces , n’a qu’k lui abandonner le produit de tant de rapines pour se voir absous, comme ayant servi Rome en appauvrissant des barbares ; sur le zèle enfin qu’il apporte au rétablissement des mœurs, quand, au milieu d’un festin , son impatiente brutalité déshonore sans mystère l’époux h la table duquel il est assis, quand ses amis et son épouse même doivent, parmi les épouses et parmi les vierges, chercher et choisir des victimes dignes d’être sa-

• Sue ton . in Aug. §. i3.

• Licimus... — Dio. Cass.... — Xiphilin. in August.

cri/iécs a sa lubricité, quand ses défenseurs donnent pour excuse h des excès qu’ils ne peuvent nier, une politique habile qui ne tend a corrompre les femmes que pour trouver en elles autant d’espions et de délateurs de leurs maris *.

Des promesses, des sermens, des traités, des alliances, il n’en fait qu’avec le dessein prémédité

de manquer de foi. Parvenu à la suprême puis- * sance par ces voies détestables, il poursuit sa marche artificieuse ; il ne cesse de mentir au peuple et aux magistrats. Habile à corrompre tout ce qu’il y a de bon et de juste dans les lois et le

’ « Adultérin quidem exercuisse ne amici quidcm ne gant ; » excusantes sane non libidine , sed ratione commis sa, quo fait cilius consilia adoersariorum per cujusque mulieres cognos- » cerei,... Foeminam consu/arcm in triclinio viri coram in » cuinculum abductam , rursum in convioium rubentibus au n riculis , incomptiore capillo reductam.... Et conditiones quaet> si/as per amicos qui maires familins et adultas aetate. virgines a denudarenl atque perspicerenl , tanquam Thoranio mangone » vendente.... Circa libidines haesit; postea quoque , utferunt , » ad vitiandas virgines promptior, quae sibi undique etiam ab » uxore conquirercntür. » ( Sueton . in August. §. 69. et 71.)

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gouvernement, si ce fut avec des formes républicaines qu’à son début il établit la tyrannie, parvenu à la vieillesse , il fait servir aux vues du despotisme une institution qui honorerait le prince le plus sage : il ordonne, dans tout l’empire, le cadastre 1 des propriétés publiques et particulières; mais c’est afin de lever une contribution tellement arbitraire que les citoyens, pour s’en affranchir, préfèrent d'acquitter un impôt désastreux , dont jusqu’alors il avait, sans fruit, demandé au sénat de continuer la perception.

Assiégé de terreurs , il frappe , comme conspirateurs , des esclaves , des insensés , des misérables dont la vieillesse et la nullité attestaient l'impuissance a . Sur un soupçon futile, il fait ap-

■ « Ilomines misit in diversas partes orbis, a quitus praedia » prioatorum hominum atque adeo ipsarum civitatum descri- >. herentur, etc. » (D10. Cass. — XiphiL in ytugust.')

* « Conjurationes.... L. Andasii... neque aclaU neque ter- » pore integri.... Asinii Epicadi ex gente Parthina llybridae; » ad rrtremum Tclephi , mulirris servi nomenclatoris . 1 fSuet . in August. §. 19.)

et l’empereur auguste. ta5

pJiquer h lft torture unjnagistrat supérieur 1 ; et , furieux de n’en pouvoir tirer aucun aveu, il lui arrache les yeux de ses propres mains, et ordonne ensuite qu’on l’égorge. Un sénat complaisant at-ü couru au-devant de ses désirs de vengeance ? l’hypocrite se plaint ; il regrette qu’on l’ait trop bien servi a . Implacable envers ses ennemis, il

* « Q. Gallium praetorem , in officia salutationis , tabulas » duplices veste tectas tenentem , suspicatus gladium occu- » lere nec quidquam satis , ne aliud inveniretur, ausus inqui- » rere. Paulo post per centuriones et milites raptum e tribu- » nali servilemin modum torsit, ac /aient em nihiljussitoccidi, » prius oculis ejus sua manu effossis. » ( Sueton. in August. §- a 7-)

* u Auguste accuse Cornélius Gallus d’ingratitude et de malveillance ; il lui interdit l’entrée de sa maison , et celle des provinces impériales. Bientôt les délations, les accusations, les décrets rigoureux du sénat contraignent Gallus à se donner la mort. Auguste alors loue la pieuse alTection de ceux qui ressentent si vivement scs injures : mais en même tems U pleure , il s’afflige de sa condition et de ce qu'à lui seul il n’est pas permis de se ficher, autant qu’il veut , contre ses amis.

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est ingrat envers ses amis; les deux hommes à qui il doit tout 1 meurent successivement dans une disgrâce que couvre à peine un voile honorable. Enivre d adulation , il s’aveugle assez pour croire que, dans la fange de l’esclavage, il pourra transplanter les vertus qui ne se plaisent que sur les plus hautes cimes de la liberté'. 11 s’indigne de la dépravation des mœurs qu’autorisentses exemples; et sous le despotisme , il veut faire revivre la censure républicaine. Mais à la voix publique qui préservait de l’arbitraire cette magistrature essentiellement démocratique a , il substitue , conformé-

( Sur ton. in AugusL §. 66.) Le professeur Q. Caecilius donnait des leçons de littérature à Attira, femme d’ Agrippa; devenu suspect au mari et congédié par lui, il se retira près de Cornélius Gallus qui l'admit dans son intimité. Ce (ait figura parmi les torts les plus graves , inter graoissima crimina , qu’ Auguste reprochait à Gallus. ( Sueton. de lllustr. Grammat. §. (6. )

* Agrippa et Mæcénas.

* La censure fut établie à l’époque de la décadence de l’aristocratie , lorsque les plébéiens furent admis à s'unir par des

ET L’EMPEREBR AUGUSTE. 137

ment au code des despotes , les rappoi ts de ses agens secrets. Ce fut alors que, noté comme dissipateur et célibataire scandaleux , uu chevalier romain prouva qu’il avàit accru plutôt que diminué son patrimoine , qu’il était marié et père de trois enfaas : « Désormais, César, s’écria-t-il, » quand vous voudrez avoir sur des gens hon- » nêtes des reuseignemens exacts, dernandez-les »■ k des gens honnêtes. » Ce mol, qui devrait devenir le principe fondamental de toutes les institutions de police, ou du moins retentir aux oreilles du prince ou du magistrat forcé d’écouter les récits d’un espion 1 , ce mot , quoique juste ,

mariages aux patriciens , et bientôt après à commander les armées avec le titre de tribuns militaires.

* Claude renouvela les méprises d’Auguste quand il s’avisa d’exercer la censure ; ses espions le servirent si mal que presque tous ceux qu’il notait se trouvèrent innocens. Ceux qu'il taxait d'être célibataires , ou sans enfans , ou tombés dans l'indigence , prouvaient qu’ils étaient opulens , mariés et pères de famille. Un homme accusé d'avoir attenté à sa propre

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resta impuni ; et les flatteurs comblèrent de louanges l'admirable clémence du monarque .

Ce modèle des princes sages, ce politique consommé, ce restaurateur des mœurs et des lois, ce digne maître de l’univers; conteinplons-le dans son intérieur. Sordidement avide, il extorque de l’argent à des subalternes; et pour doubler le présent d’un affranchi, commettre un faux matériel , ne lui semble qu’une plaisanterie ». Jus-

vie avec un poignard, se déshabilla et montra que sur tout son corps il n’y avait pas une seule cicatrice. ( Sueton. in Claud. Caes. §. 16.)

1 « Mira etiam Caesaris Augusti et laudata patientia , etc. «

(Macros. Satum. lib. II. cap. 4.)

* Toutes les fois qu’ Auguste entreprenait quelque ouvrage, son affranchi Lkinius contribuait aux frais avec libéralité.

Dans une de ces conjonctures , il promit par écrit une somme considérable , mais exprimée de manière qu’il restait un blanc sur le papier. Auguste , profitant de l’occasion ( occasions usus). doubla la somme énoncée , en ayant soin de remplir le blanc avec art et de bien contrefaire l’écriture ; et il exigea cette somme double , sans que l'affranchi osât refuser ou seulement se plaindre. (Machob. Satumal. lib. II. cap. 4 -)

que dans l’âge respectable de la sagesse , bravant les reproches de l’opinion publique, il conserve 1 l’habitude d’un jeu effréné. Sa propre famille offre le spectacle d’un déréglement dont on osé penser qu’il a pu être le premier auteur. Sa fille, par le scandale de ses jeux nocturnes au forum * , semble de loin préparer Rome à l’affreuse publicité des turpitudes de Messaline. Sa petite-fille marche hardiment sur les traces de sa mère. Après les avoir maladroitement dissimulés pendant un teins assez long, il dévoile plus maladroitement encore des excès qu’il devait réprimer d’abord ou feindre d’ignorer toujours; et suspect d’être animé par la justice moins que par une jalousie incestueuse, en punissant il se déshonore, comme il s’est déshonoré en ne punissant pas. Dominé par des affections qu’il lie sait

• Sueton. in Atigusl. .§. 70. et §-71. — « Aleae rumorem » nulht modo expavit , etc. »

a SENEC.de Beneficiis. Ifb. VI. cap. 22. — l’UN. Ilisl. mil. lib. XXI. cap. 3 . — Dxo Cass. — Xiphilin » in Augusi.

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ni combattre ni diriger, il sacrifié successivement a la jalousie d’enfans ambitieux, son premier ministre et son fils adoptif 1 * : à ce fils adoptif, et • à une épouse qu’il doit soupçonner d'avoir hâté la mort de ses deux petits-fils (s’il n’y a pas coopéré lui-même *)■, h une épouse qui n’évitera pas l’accusation d’avoir attenté aux jours de son époux 3 , il sacrifie le dernier de ses petits-fils; il n’ose plus voir qu’à la dérobée , il ose à peine aimer en secret ce jeune proscrit; et le mystère de sou affection coûtera la vie au confident qui l'aura divulgué. 11 meurt enfin, suspect de s’être ménagé un successeur qui le fit profondément

1 Agrippa et Tibère turent éloignés de Rome par Auguste, parce qu’ils inspiraient Je l'ombrage, l'un a M. Marcellus, fils J'Octavie; l'autre à Lucius et à Caïus César.

* Tac.it. Annal, lib. I. rap. 3. — « Incusatae liberorum » mortes, luclusque non tantum orbitale tristes ». (Pus. Hist. nat. lib. VU. cap. 45.)

3 Tacit. Ann. lib. I. cap. 5. — Ou prétendit que Livie

lui avait fait manger des figues empoisonnées. (Dto. Cass.

Xiphilin. in August. )

et l’empereur AUGUSTE. 1 3 1

regretter. Il meurt, coupable sûrement de n’avoir laisse' à Rome, dont il se disait le père, aucune institution propre à la préserver de toute l’atrocité et de tout le délire du despotisme , des Tibère, en un mot, des Caligula, des Néron.,.

Horace ! Virgile ! est-ce votre Auguste que j’ai peint ? est-ce celui que , sur votre parole , tant de générations ont admiré, et dont l’image n’a pas encore entièrement perdu l’auréole de gloire dont vous l’aviez décorée ? Non. C’est l’Auguste de l’histoire. <

Des traits sous lesquels Mæcénas s’offre k nous dans les vers d’Horace et de Virgile, rapprocherons-nous la sévérité avec laquelle l’ont traité Sénèque et Juvénal? Non: nous respecterons les illusions de l’amitié et de la reconnaissance ; nous supposerons que la postérité fut rendue rigoureuse envers Mæcénas, parla certitude que ses talens politiques et administratifs, plus que

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les exploits guerriers d’ A grippa, avaient servi et

consolidé l'usurpation d’Auguste.

Mais ne devons-nous pas au charme de la poésie une autre illusion, plus innocente encore et non pas moins mensongère ?

Sous l’abri que lui offrent , en mariant leur ombre hospitalière 1 , un pin élevé et un peuplier au blanchâtre feuillage , près d’une fontaine dont fonde murmurante égide en pureté le crystal, et la glace en fraîcheur*; la coupe en main, le front ceint de guirlandes, les yeux tendrement attachés sur la beauté dont le sourire l’enflamme, un poète chante tour à tour et V énus , et le dieu du vin, et les muses, et la gloire des armes, et les douceurs du repos , et les leçons de la sagesse , et lescharmesde la vertu. Ami délicat et adroit moraliste, s’il surprend les faiblesses de ses amis , c’est en

" Qui pinus ingens ilbsijne populus, etc. »

(Hou at. Od. Ub. U. od. lit. vers. &-io.)

« O fons BUmlmiic splcndidinr vitro, etc. »

(llOHAT.. Od. lib. Ul. od. xiu. vert. i. c t 6-1».)

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et l’empereue AUGUSTE. 1 33 se jouant; s’il corrige leurs defauts, c’est en riant avec eux Il sait egalement jouir du luxe et s’en passer ; et aussi libre à la table de Mæcénas , à la table d’Auguste que sous la treille modeste 1 2 qui défend des feux du soleil son repas solitaire, c’est avec raison qu’il se peint sous les traits d’Àristippe 3 ; cTAristippe, ce sage aimable, toujours à sa place dans toutes les positions; capable de trouver le bonheur dans l’existence la plus simple; et ne démentant pas sa sagesse lorsqu’il s’ouvrait, par quelques complaisances, un accès h la table splendide de Denys , et acceptait du tyran des vêteinens de pourpre , des trésors, des esclaves d’une beauté ravissante. Les stoïciens, dont le poète épicurien a tourné en ridi-

1 « Omne vafer vitium ridenti Fîaecui amico

» Tangil , et admis* us circura praecordia ludit. » (Puis. Satyr. I. vers. 116-117.)

a « sub arcta

« Vite bibentem. >»

(Horat. Od. Ub. I. od. xxxvm. vers. 7-8.)

3 Horat. Epist. lib. I. epist. xvn. vers. 1S-29.

cule les exagérations , condamneront sans doute le chantre de la volupté, celui qui, sc plaignant ou se vantant, d’être , de préférence à tout autre, en butte aux traits de mille et mille amours 1 , opposa souvent l’inconstance aux rigueurs que déplorent ses vers, ou s’en consola par la facilite et le raffinement des plaisirs ». Mais que des juges impartiaux écartent de son caractère une licence qui lui était moins propre qu’elle ne tenait k la dépravation contemporaine : ils reconnaîtront l’homme élevé par la raison au-dessus des préjugés , l'homme indépendant par principes, qui apprécie à leur juste valeur et l’opinion du vulgaire et la faveur des hommes puissans , et les grandeurs et les richesses ; le sage désintéressé qui redoute moins une disgrâce que l’esclavage

* « Amore qui me praeter omnes expetit , etc. * *

(Horat. Od. lih. V. od. il. vers. 4-7.)

• Mille pupllariim f pucrorum mille furores. »

(Sermon, lib. II. satyr. III. ver*, penuïtimo.)

• Horat. Srrmon. lib. I. satyr. II. — Sueton. in Pila Ho-

ratii.

.et l’empereur auguste. i35 brillant d’un secrétaire intime de l’empereur, et qui repousse l’opulence dont veut le combler un ami généreux; l’ami fidèle qui aime vraiment, mais toujours sur le pied d’égalité , un bienfaiteur tout puissant;' qui, toute sa vie, lui consacre un culte invariable et ne survit que peu de teins au regret de l’avoir perdu. Un stoïcien serait difficilement plus estimable : en supposant qu’il fut plus sage, est-il possible de croire qu’il vécût plus heureux?

Tel, h notre imagination séduite par ses chants immortels, se présente le poète de Tibur. Il en coûte d’effacer quelques traits d’une peinture si riante. Est-il certain cependant qu’Horacc ait joui constamment de cette harmonie morale , de ce parfait accord entre les principes, les désirs, les passions, les devoirs, les convenances personnelles, sans lequel la paix de l'amc et le bonheur deviennent impossibles ? Je puis en douter : car je le vois courir au-devant du reproche qu’on ne manquera pas de lui adresser sur l’empressement avec lequel il se rend h l’invitation d’un homme en place , dans l’instant

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même où , plein d’enthousiasme , il a exalté le charme d’un repas sobre et indépendant Je puis en douter; car je le vois revenir à deux reprises sur la sagesse du système qu'il a puisé dans l’exemple d’Aristippe 3 ; il a donc besoin de se persuader lui-même ! 11 n’y parvient pas : je lé vois flétrir sa propre inconséquence et la philosophie pratique d’Aristippe, dans lu personne du parasite Mænius 3 , censeur sévère tour k toqf et zélé panégyriste des excès de la gourmandise., suivant qu’il lui avait fallu se çonteuter d’un mets grossier ou qu’il avait trouvé le secret de s’asseoir k un splendide festin. La parité est exacte. Qu’auraient même répondu fiorace et \ristippe , si Mænius eût demandé lequel est le plus intame de flatter des monstres tels que Deuys le tyran et le triumvir Octave , ou d'a-

• Hoiivr. Sermon, lib. II. satyr.vu. vers, ag-35.

’ E P ,st - lü) - L e P ist - »• 18-19. — Epist. xvu.

vers. i3-ïg.

1 Epist. lib. I, epist. xv. vers. a6~46.

muser un amphytrmn qui , après lout, n’a souvent de blâmable qu’une dose d’impertinence proportionnée k ses richesses ?

Un homme avoue « qu’aprés avoir annoncé n les plus belleâ résolutions, il ne vit ni sage- » ment ni agréablement; non que quelque cala- » mité soit venue diminuer son aisance ; mais » malade d’esprit bien plus que de corps , il ne » veut rien c'couter qui puisse le guérir ; il s’ir- » rite contre les amis fidèles qui tentent de » l’arracher a sa funeste langueur; il cherche ce » qui lui nuira , il fuit ce qu’il sait lui devoir » être salutaire; dans son inconséquence, il re- » grette k la ville le séjour de la campagne , et » k la campagne le séjour de la ville » '.

Voila Horace peint par lui-même k la fin de son neuvième lustre a ; à une époque où il jouis-

1 Horat. EpisL lib. I. epist. VIII. vers. 3-ia. — Horaces’adresse encore le reproche d'aimer la ville i la campagne, et la campagne à b ville, dans la satyre vu du livre 11. vers aU-ag.

* T.’épître vin du livre 1 fut adressée à Celstis Albinovanus .

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sait de toute la force de son génie , où la nature , la fortune et la gloire ne lui laissaient rien h désirer. Si de tels aveux n'appartiennent point h l’homme, mécontent de soi , à l’homme tourmenté du contraste de sa position avec ses sentimens, humilié de sentir l’être créé libre par la nature rendu esclave par sa faiblesse , et le poète philosophe transformé en écrivain suivant la cour ; il faut renoncer h découvrir dans les inspirations de l’esprit, le cri de l’ame, le langage du coeur.

Qu’il y a loin encore de sentir sa dégradation a s’en relever! Le poète, continuera treize années à traîner sa chaîne. : il ne la brisera même pas au moment où , tout finissant pour lui , l’adulation qu’il professait devait aussi finir ; ses dernières paroles nommeront Auguste, son héritier... Quoi! Horace , n’as-tu donc pas un parent , pas un ami ,

lorsque celui-ci accompagnait Tibère dans sa campagne en Arménie : Horace avait alors ou ans. L’épîtrc III du même livre , adressée à Julius Floros, fixe la date de l’épUre à Celsus , puisque ces deux personnages servaient ensemble dans l'armée de Tibère.

et i’empereur Auguste. i 39 pas une connaissance estimable? et pour t’adresser tes propres paroles, alors que lu meurs riche, ne peux-tu affranchir de la pauvreté quelque indigent vertueux 1 ?

Virgile mourant voulait prouver sa tendresse h son frère , sa reconnaissance à Mæçénas et aux amis qui devaient revoir et publier l’Encide : Virgile néanmoins testa aussi en faveur d’Auguste , et lui laissa le quart de sou bien. Malgré les chagrins jaloux et peut-être la disgrâce que lui avaient attirés les fantaisies adultères de son maître , Mæcénas a l’institua également son héritier. On en peut conclure qu Auguste aimait ces sortes d’hommages : les dons ne déplaisaient point h sa cupidité , et les derniers soupirs de l’adulation flattaient encore son amour propre.

1 « Cur eget indignu* quisquam , te divite ? »

( Hokat. Sermon, lib. U. satyr. II. vers. io3.)

’ « Caeterum consuetudine Maccenatis, profiter uxoreni » f/us, non perinde delectabatur ut antea.... Maecenas , quum » vis pmpfer ux-orem indignatus esset, tamen eum haeredem » relii/uil. » (DlO Cass. — Xiphilin. in August.)

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Mais en acceptant (ce qui équivalait a onlonner ) ces testamens serviles , il voulait surtout en établir la coutume ; il voulait que le monarque se trouvât l’arbitre de toutes les successions; avoué par la justice, s’il les retenait; généreux, s’il daignait restituer h des parens frustrés une portion de leur héritage. Son espoir ne fut pas trompe : l’usage acquit force de loi. L’adulation posthume devint une précaution nécessaire , quelquefois même une obligation . Caligula cassa , comme en-, taches d ingratitude , les testamens des primipilaires qui n’avaient pas institué pour héritier, ou Tibère ou lui-même ; pour que tout autre testament fût déclaré nul et l’hérédité acquise au fisc, il suffisait qu’un délateur témoignât que le testateur avait , de son vivant , dit qu’il voulait nommer César sou héritier. 1 Dômitien , sur ce point.

* Trstamenla primipilarium qui ab initio prinripatus Ti- » berii, neque ilium , neque se haeredem reliquissent , ut inqrata « rescidit.... Item caetervrum ut irrita et varia, quuscumque » quis diceret haerede Caesarr. mari destinasse. « ( Suetùn. in

ET L’EMPEREUR AUGUSTE. l4 >

suivit l’exemple de Caligula ";et Domitien toutefois s’enorgueillissait de se voir , dans le testament d’Agricola, associé à la fille la plus chère , à l’épouse la plus vertueuse ; et Tacite dut écrire sur le bronze de l’histoire : Ce n’est jamais un bon prince , celui qu’un bon père institue son héritier. a .

C’est l’indépendant Horace, le soldai de Brutus , qui l’un des premiers a donné ce honteux exemple.

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