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Jeune homme, qui voulez h la fois cultiver les
CaliguJ. §. 38. ) — Le primipilairc était le centurion de la première centurie dans chaque légion.
* « Conjiscabantur alienissimae haereditates , vel existente » uno <fui diceret audissc se , ex defuncto quuni vberel , haeie- •• dent sibi üaesarem esse. » ( Sue ton. in üomitian. §. ia. ) — La même allégation , sous Commode , équivalait à un arrêt de mort pour les personnes contre lesquelles on ne pouvait inventer une autre accusation. ( Ael. Lamprid. in Comm.)
’ TaCIT. J. Agricolae Vit. cap. 43.
l4a HORACE
lettres et l'amitié des grands, soupirez- vous encore après Je bonheur dont, aux pieds d’Auguste/ jouissait Horace?
— Ne puis-je avoir plus de fermeté que lui , et une vertu plus incorruptible ?
— L’espérez-vous , quand vous venez , par choix, vous placer sur la pente irrésistible où l’avait lancé , malgré lui , la nécessité ?
Victime de votre zèle pour la cause nationale, et survivant à la patrie , si votre talent devenait votre principale ressource 1 , s’il attirait sur vous les bienfaits d’un protecteur délicat ; si , pour les reconnaître , il ne fallait que seednder les projets d’une politique avouée momentanément par l’humanité; hésiteriez- vous h suivre des inspirations qui ne contrarieraient pas d’une façon directe vos opinions; h détourner, par exemple , vos concitoyens de se rejeter sans espoir de succès dans l'abîme des troubles et des discordes civiles ?
1 * « paupertas impulit audax
** Ut versus facereqt.*»
(Uokat. Epist. lib. II. epist. U. vers. Si-Si.)
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ET l’empereur AUGUSTE. 143
Non... Que l’inaction, la léthargie où les plongeraient vos conseils dussent consolider la tyrannie et anéantir d’avance les chances que la fortune aurait pu faire naître un jour pour le rétablissement de la libérté ; vous croiriez-vous obligé de le prévoir? Non : l’avenir est si incertain! Vous arrêteriez-vous à une première complaisance?.... une première complaisance a suffi pour asservir la muse d’Horace aux projets de rusurpateur dont son ami était le ministre, et dont il ne put se défendre d’accepter les bienfaits.
Jamais d’ouvrages de commande! 11 est dangereux de servir une puissance injuste ,-lors même quelle veut opérer le bien. Qui peut dire jusqu’à quel point ensuite on ne sera point forcé de la servir?
Jamais d’ouvrages de commande! servez la cause d’une puissance juste, sans attendre ses ordres, sans vous assujettir à ses directions, sans compter sur sa reconnaissance ; mais aussi sans oublier que, sous les intentions les plus pures, couve toujours , inaperçu, le désir d’accroître sa lorce et d’étendre son influence '
1 44 HORACE
Jamais d’ouvrages de commande! nulle profession n’exige pins d’indépendance que celle de l’ccrivain qui veut parler an présent et a
l’avenir : nulle profession n’exige, un désintéressement plus austère, je dirais presque plus sauvage. C’est peu de repousser l'or et les titres : il faut vous rendre .insensible aux caresses des grands-, à leurs louanges, à la juste estime qui leur fait capter vos suffrages : l’admiration même et l'enthousiasme ont des séductions qui peuvent porter atteinte h votre indépendance. ^: -
O vous, hommes privilégiés, que le génie appelle h comparaître comme témoins au tribunal de la postérité ! songez au poids qu’auront un jour vos éloges. Louez l’homme puissant, s’il le mérite : mais h une condition, celle de vous relire, en supposant (et ce.ue supposition peut devenir une prophétie») que les jeux terribles du destin précipitent dans l’exil , dans les fers, sur l’échafaud, l’objet de votre culte... Ses ennemis triomphent; ses amis sont proscrits ; ses images renversées;, au concert des louanges a succédé celui des accusations, et aux flatteurs, les çalom-
'et l'empereur AUGUSTE. 1 45 moteurs : nulle crainte alors , nuis remords ne vous forceront-ils h vous retracter? Laissez a ce prix subsister vos louanges. Vraies , elles remplissent le plus noble ministère de votre sacerdoce moral, elles servent de récompense h la vertu ; fausses à votre insu, elles n entacheront point votre mémoire : hommes , vous avez pi vous tromper; mais la postérité vous pardonnera, vous lui aurez transmis une erreur et non pas un mensonge.