C-c cœur impitoyable à ma perte s’obstine
Et dit qu’il m’aime encore alors qu’il m’assassine !
Que les pleurs d’une amante ont de puissans discours , Et qu’un bel œil est fort avec un tel secours î Que mon cœur s’attendrit à cette triste vue .
Ma constance contr’clle à regret s évertue. N’attaqucx plus ma gloire avec tant de douleurs.
Et laissez-moi sauver ma vertu de vos pleurs.
Je sens qu’elle chancelle , et défend mal la place ;
Elus je suis votre amant , moins je suis Curiacc :
Foiblc d’avoir déjà combattu l’amitié , '
Vaincroit-elle à la fois l’amour et la pitié ?
Allez , ne m’aimez plus *, ne versez plus de larmes ;
Ou j’oppose l’ofFensc à de si fortes armes :
Je me défendrai mieux contre votre courroux , lit pour le mériter , je n’ai plus d’yeux pour vous. Vengez-vous d’un ingrat , punissez un volage. . .
Vous ne vous montrez point sensible à cet outrage î * Je n’ai plus d’yeux pour vous , vous en avez pour moi 1 En faut-il plus encor? Je renonce à ma foi. . . Higourcuse vertu dont je suis la victime ,
Ne peux -tu résister sans le secours d’un crime? Camille.'
Ne fais point d’autre crime , et j’atteste les Dieux Qu’au lieu de t’en haïr , je t’en aimerai mieux t Oui , je te chérirai , tout ingrat et perfide ,
Et cesse d’aspirer au nom de fratricide.
Pourquoi suis-je Romaine , ou que n’es-tu Romain f Je te préparerois des lauriers de ma main.
Je t’cncouragerois au lieu de te distraire ,
Et je te traiterois comme j’ai fait mon frère.
Hélas ! j’étois aveugle" en mes voeux aujourd’hui ;
J’en ai fait contre toi , quand j’en ai fait pour lût-... •
Il revient : quel malheur , si l’amour de sa femme Ne peut non plus sur lui que le mien sur ton amc J -
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HORACE