‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 26 sur 159 · Court de littérature dramatique · texte numérisé non relu

Court de littérature dramatique

LNTRODUGTION 37

euste sérénité d'un magislrat, et comprend Tamour palern e .1 même, non comme une passion, mais comme un devoir ^■' Tout a été dit sur le patiiotisme sloique, mais large et clément, de ce grand vieillard cornélien, digne frère des don Diègue et des Géronte, auxquels M. Saint-.Marc Girardin le compare, dans une page magistrale qu'on ne saurait paraphraser sans l'affaiblir :

« Dans Corneille, l'amour paternel a un caractère particulier de fermeté et de grandeur. Au premier abord, il semhle jjue don Diègue^eM^vied Hm'ace'liianqjjëïïr^ tendr^isse ; ils nôht pas, du moTns, ce^qTrTcliez nous passe pour le signe de la tendresse, je veux dire cette faiblesse et cette agitation que nous appelons sensibilité. Mais prenez ces grandes âmes dans les moments où elles ne se surveillent plus, dans les moments où quelque coup inattendu ôte à l'homme l'empire qu'il a sur lui-même; prenez le vieil Horace quand ses fils partent pour le combat :

Ah! n'attendrissez point ici mes sentiments : Pour vous encourager ma voix manque de termes ; Mon cœur ne forme point de peusers assez fermes; Moi-même en cet adieu j'ai les larmes aux yeux. Faites votre devoir, et laissez faire aux dieux 2.

« Voilà la tendresse comme doit la ressentir une grande âme qui se trouble et avoue son trouble. Ce vieillard, qui paraît impitoyable et dur, sait même consoler sa fille et sa bru, et les consoler comme on console, c'est-à-dire en prenant part à leurs peines, en les ressentant. Ainsi, lorsqu'en dépit des Horaces et des Curiaces, Rome et Albe ont paru vouloir chercher d'autres combattants:

Je ne le cèle point, j'ai joint mes vœux aux vôtres.

Si le ciel pitoyable eût écouté ma voix,

Albe serait réduite à faire un autre choix.

Nous pourrions voir tantôt triompher les Horaces,

Sans voir leurs bras souillés du sang des Curiaces s.

« Ainsi, tout^Romain qu'il est, il auraji— mieux aimépour ses tîT£5îô|ns dë^25lIê-i*' J!12ii^ dangers, et il ne^câclie pKglTsés fiTTis la doiilèïïr'îp^^U^TèggEntiBr iVhtis les'dreui le VerrtBnt et la gloire de Kome 1 ordonTre : il se soumet. Dirons^ nous puurcela que le vtgît Horace almfe aUaux sa patrie qu'il w ' ^ " — —

1. Saint-Marc Girardin : Cotirs de liitévature drajiialiciue, I, t. S. Acte II, se. VIII.

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