Acte III, se. t
n'aime ses enfants? Non; cela montre seulement que le vieil lToraçejî^^as.^our^ sa patrie les mêmes sentiments que pour ses fils : iTarmesës~ëîTrahts areû-itcibt'êssé^et émotion, comme nTJTïîTes aimons tous; mais il aime sa patrie avec une sorte de fermeté décidée à tout faire et à tout souffrir pour elle.
« Dans le vieil Horace, l'amour paternel éclate surtout quand, d'accord avec le devoir, il n'a plus à se contraindre. Voyez cette scène où il sait enfin que son fils a fait triompher Rome et qu'il est vainqueur et vivant :
0 mon fils, ô ma joie, ô l'honneur de nos jours I 0 d'un Etat penchant l'inespéré secours ! Vertu digne de Rome, et saug digne d'Horace ! Appui de ton pays et gloire de ta race ! Quand pourrai-je étoulTer dans tes embrassements L'erreur dont j'ai formé de si faux sentiments? Quand pourra mon amour baigner avec tendresse Ton front victorieux de larmes d'allégresse i ?
« 11 pleure alors sans plus vouloir se cacher, ce vieux Romain qui, au départ de ses fils, s'accusait d'avoir les larmes aux yeux; il pleure, et ses larmes de joie nous touchent plus vivement encore que ses larmes d'inquiétude, parce qu'elles nous découvrent le fond de cet amour paternel qui, jusqu'alors, se dérohait à nos yeux avec une sorte de pudeur... Dans Géronte ^, comme dans don Diègue et le vieil Horace, l'amour paternei se montre mêlé de tendresse et de fermeté, de force et de faiblesse, tel qu'il est enfin; mais, dans ce mélange, Corneille a toujours soin de soumeltre le sentiment faible au sentiment fort, la tendresse au devoir, et la loi morale reste supérieure à l'homme, dont elle contient le cœur sans l'étouffer. Il y a entre Géronte et don Diègue ou le vieil Horace les différences qui séparent les personnages comiques des personnages tragiques ; mais c'est le même fond de sentin^ents et d'idées^. »
Une seule réserve nous sera permise, dùt-elle sembler jaradoxalc. Certes, la supériorité morale du vieil Horace sur le jeune Horace — si vrai d'ailleurs, plus vrai même que son père, hislnriquement — éclate à tous les yeux et nous n'aurons garde de la méconnaître. Peut-être, cependant, s'est-on trop liabilué à insister sur les différences (pii les séparent, sans marquer les ressemblances, moindres sans doute, qui le"