‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 4 sur 159 · Ibi'Jem · texte numérisé non relu

Ibi'Jem

admirait, avec un enthousiasme rétrospectif, ce « rhant tout barbare » et remarquait même qu'ici « la rudesse du génie national a repoussé les embellissements des Grecs ». 11 ajou tait, s'avançant d'un pas bien hardi sur ce terrain peu sûr : « Sauf la diversité des embellissements poétiques, le combat des Horaces et des Curiaces répond à celui de Romulus et lîémus. De même que Romulus et Rémus sont deux formes <la même mot, Horace doit être une forme de Curiace. Ainsi cliez nous, Clodion, Hlodion, suivant la véritable orlho« graphe; Clotaire, Hlotaire; Clovis, Hlodowig; Childéric, llildéric; Hildebert, Childebert; Chilpéric, Hilpéric, etc. Ciirialias {à cuvid) veut dire noble, patricien {jnmis curiotus). Ce combat n'est autre que celui des patriciens des deux pays. L'hymen et la guerre se mêlent, comme dans l'histoire des Sabines. Ici, l'héroïne est une Romaine; elle intervient aussi, mais trop tard, pour séparer les combattants. La guerre finit, comme le combat de Romulus et Rémus, par un parricide : Horace tue sa sœur; Rome tue Albe, sa sœur et sa mère, ce qui est peut-être la même chose, individualisée par la poésie, un nom de femme pour un nom de cité*. »

Avouons que Tite-Live semble donner raison d'avance à Niebuhr et à Michelet, lui qui, dès le début, confesse l'incertitude de cette histoire, lui qui ne sait même pas si les Horaces étaient les champions de Rome ou d'Albe. L'histoire enseigne pourtant que le combat dont Corneille a tiré un si merveilleux parti se livra l'an 83 de Rome, 670 ans avant Jésus-Christ, sur la voie Appienne, dans un pré situé à michemin d'Albe, à cinq milles de Rome. Ce qui est le plus probant, c'est que le peuple avait gardé, longtemps après, la mémoire de cet événement décisif; c'est qu'il montrait, ici, près de la porte Capène, deux grands tombeaux de forme pyramidale, dans le goût étrusque, les tombeaux des deux lioraces; là, le Poteau de la sœur, tigilliim sororis, auquel Hoi'ace devait être attaché et sous lequel il passa, comme sous un joug; souvent refait, mais toujours conservé religieusement, ce poteau existait encore au quatrième siècle de notre ère 2. C est qu'enfin, pour arracher à l'arbre de malheur le glorieux assassin, sa famille dut s'imposer des sacrifices expiatoires, sacrificla piaciilaria gentis Horalise, dernier, mais irrécusable témoignage d'un grand crime pardonné en considération d'un grand exploit.

En tout cas, Corneille n'a jamais mis en doute la réalité

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