‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 5 sur 159 · Mi.'helet, Histoire romaine · texte numérisé non relu

Mi.'helet, Histoire romaine

1. N'jus snipruntons ces détails à VHisloire romaine de M. Duruy.

de la tradition : « II m'était, érrit-il, beaucoup moins permis dans Horace et dans Pompée, dont les histoires ne sont ignorées de personne, que dans Rodogune ou dans Nicomède, dont f)eu de gens savaient les noms avant que je les eusse mis sut* e théâtre'. » Aussi respecta-t-il le récit de Tite-Live dans ses traits généraux. Il est vrai qu'au cinquième acte, trop docili; esclave de l'unité de lieu, il a dû laisser dans le lointain le peuple, ce personnage colleclif et gênant, dont l'intervention pourtant, selon la remarque de Schlegel, eût été si pathétique, pour faire juger le jeune Horace, dans la maison de son père, par le roi seul, à peine entouré de quelques comparses. Mais cette légère inexactitude historique n'a guère plus d'importance que l'anachronisme du vieil Horace s'agenouillant, au mêmiacte, devant le roi. Qu'importent ces disparates à peine perceptibles dans un tableau dont l'ensemble est si antique par l'esprit, si « historiquement vrai2)>?0ui, Corneillle semble s'être assimilé l'esprit de Tite-Live, non pas seulement dans ce cinquième acte, qu'on a jugé parfois plus historique que dramatique, mais dans le corps entier d'une tragédie dominée par une double majesté, celle de la puissance divine, celle de l'autorité paternelle.

Comment donc un critique, d'ordinaire plus avisé, Gustave Planche, a-t-il pu écrire : « Si l'on compare les pages de Tite-Live à la tragédie d'Horace, l'infidélité est flagrante; le poète a négligé tout le côté religieux du sujet qu'il avait choisi »? Serait-ce parce que les féciaux n'interviennent pas dans la conclusion du •'aité ? Mais leur intervention était inutile au drame, où jouent au contraire un grand rôle les oracles et ces livres sibyllins qui, promettant aux Romains l'empire du monde, exaltaient encore leur crédule orgueil et leur dédain de l'étranger. Comme ils se sentent le peuple favori des dieux, comme la religion du foyer, s'élargissant peu à peu, leur avait enseigné la religion de la patrie, ils avaient pour les dieux un culte fdial et de tous les instants, qui se confondait avec le patriotisme^. Les femmes ne sont pas seules à invoquer ou à remercier les dieux, dans leurs inquiétudes ou dans leurs joies ^, Ne semble-t-il pas que le vieil Horace vive dans une sorte de communion intime avec les dieux, et que ces dieux, toujours présents, lui communiquent, tantôt la sérénité de sa résignation, presque fataliste,

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