‹ Horace, tragédie. Éd. nouv. à l'usage des classes, avec une introd., des éclaircissements et des notesChapitre 50 sur 159 · ACTE 1, SCÈNE I "ï · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE I "ï

Ff se laissant ravir à l'amour maternelle,

S 's vœuTseront pour toi, si tu n'es plus contre elle. ^ 69

"^ JULIE

Ce discours me surprend, ^'que, depuis le temps Qu'on a contre son peuple armé nos combattants, Je vous ai vu pour elle autant d'mdillerence Oue s d'un sang romain vous aviez pris naissance, l r -^dm rai il vertu qui réduisait en vous Go

Vos p us hors intérêts à ceux de votreépoux; R ie vous consolais au milieu de vos plaintes, Gomme si notre Rome eût fait toutes vos craintes.

J ; ;4. ..' SABINE

Tant qu'on ne s^sl choqué qu'en de légers combats, TroD faibles pour jeter un des partis à bas, S qu'un espoir ^de paix a pu flatter ma peme^-- Oui, j'ai fait vanité d'être toute Romaine.

■ • :t .,r. o/^ionianip h Voltaire: car « le mot de ravir,

''/iLSQMoT;'''neP;r'^e"dToinf^^^ on n'est point ravi à n-lq-

quand il signuie joie, "c y t , . . j j ^ ^^ méprise de Vullaire

est ev'dente. Se i^i^l^^' >; ,' ^ ^^^^^^^^ „,, „„„d,.e lorsqu'il écrit

tin, qu' c'«y^|'^''n o^MVPrné Dir muîV mais par se laissant. » On trouverait l^t S^^^i^rrri^y^^T:^ grand^nombre d'e.emp.es de à au Ue«

^^P""" •■ Je me lai-^fai conduire d cet aimable guide, (Racine, Iphi,,én!c, II, i) Amour est ici féminin, comme aux vers 115 d'Horace et 921 d'AgésUas : Quand vous ferez agir toute l'autorité VeVamour conjugale et <l9 la paternelle. . J .....rn^ Miivants de Vaugelas, écrits à deus dates différentes, nous

Les deux P/,^ 'f f ?7J'"' ^r, masculin plus rare d'abord, ne. tarda pas à montrent que Icmido J" ^.^ >^« f^.^i; ^,,,,,i„ «^ féminin 11 est vra.

prédominer : « U est ">Q'" «" y -.^ plutôt du féminin que du mastulin,

II le veut éUver, illo peut mettre d bas. (Polyeucte. Ill, 2.) 72. Flatter, très usité au xvii' siècle pour adoucir:

L'heur de vous obéir nattera sa douleur. {Rodogune, 926.) lieiéiiice d'un mot /m((er«i7 mes douleurs. (Racine, Bérénice, IH, 2.) Ne croyez pas que. pour consoler ou pour flatter votre douleur, je veuille exagérer la >ertu de\-elle que vous pleurez. (Fléch.er, Oraison funèbre de AJadamê de âloniausier.)

f2 HORACE

Si j'ai vu Rome heureuse avec quelque regret, Soudain j'ai condamné ce mouvement secret, / à Kl si j'ai ressenti, dans ses destins contraires, / 75

J Quelque maligne joie en faveur de mes frères,/ Soudain, pour i'étoutïer, rappelant ma raison, J'ai pleuré quand la i^loire entrait dans leur maisoti. Mais aujourd'hui qu'il faut que Tune ou l'autre lomhe, Qu'Albe devienne esclave ou que Rome succombe, 80

Et qu'après la bataille il ne demeure plus Ni d'obstacle aux vainqueurs ni d'espoir aux vaincus, J'aurais pour mon pays une cruelle haine, Si je pouvais encore être toute Romaine, El si je demandais votre triomphe aux dieux, 85

Au prix de tant de sang qui m'est si précieux. Je m'attache un peu moins aux intérêts d'un homme. Je ne suis point pour Albe, et ne suis plus pour Rome; Je crains pour l'une et l'autre en ce dernier ell'ort, Et serai du parti qu'aftligera le sort. 90

Égale à tous les deux jusques à la victoire. Je prendrai part aux maux, san^ en prendre à la gloire, Et je garde, au milieu de tant d'après rigueurs, Mes larmes aux vaincus et ma haine aux vainqueurs.

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