Fusiel de Cimlanges, la Cité antique, II
5. Ce droit de vcnti?, qui plus (nrd devint illusoire, était d'abord absolu. C'etA U loi dos Douze Tables qui appoita la preiiiicro restriction à l'autorité paternellti •n stipulant qu'après trois ventes le fils serait libre.
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du père, maître et justicier, ne se laisse guère entrevoir, dans le récit de Tite-Live, que vers la fin, alors que le vieil Horace déclare juste le meurtre de Camille et proteste qu'il l'eût vengée lui-même sur son fils, si elle n'eût pas été coupable. Chez Corneille, au contraire, elle est au premier plan; le Irapiquc français a trouvé moyen d'être ici plus Romain que Tite-Live. Si l'on va au fond des choses, et si l'on écarte le cinquième acte, la part de l'imitation se trouve considérablement réduite. Il y a plus : par sa simplicité jnême, le texte de Tite-Live semble devoir être une gêne plutôt qu'un secours pour un auteur dramatique, et l'on ne voit pas bien tout d'abord comment il en pourra tirer la matière de cinq actes, comment il pourra soutenir si longtemps l'intérêt d'une action dont un récit doit être l'âme. Corneille accepte le récit; mais il n'a garde de lui laisser la forme d'une narration historique : il l'accommode au théâtre, le coupe, en prolonge l'intérêt qu'il suspend, en double l'effet par une admirable péripétie. De même, pour la peinture des caractères, il s'empare des données deTile-Live, mais les complète et y découvre des ressources imprévues. C'est lui-même qui l'observe :« Les oppositions des sentiments de la nature aux emportements de la passion ou à la sévérité du devoir forment de puissantes agitations, qui sont reçues de l'auditoire avec plaisir... Horace et Curiace ne seraient point à plaindre s'ils n'étaient point amis et beaux-frères*. » Voilà le grand ressort qui fait mouvoir l'action tout entière. Si le caractère de Sabine prête à la critique, combien dramatique est la situation que crée ce nouveau personnage! et combien l'union déjà réalisée entre les deux familles est plus émouvante que l'union projetée de l'histoire! Par suite, le caractère du jeune Horace est mieux mis en lumière : il n'est plus seulement le Romain, le citoyen, le soldat farouche, ferox juvenis, que Rome domine et écrase un
[)eu, dont on nous montre la valeur sur le champ de bataille, a cruauté, insulfisamment expliquée, après la victoire. Comme on nous l'a fait voir de plus près, entouré des siens, qui s'opposent à lui et rehaussent encore son sauvage héro'i'sme, nous sommes mieux préparés, non sans doute à justifier, mais à comprendre son fratricide.
En un mol, Tite-Live ne nous montre que la patrie; près de la patrie. Corneille nous montre la famille, source d'émotions non moins profondes. C'est ce quia fait dire à M. Géruzez : «€ Horace est sans doute la production la plus vigoureuse, la plus originale du génie de Corneille. Là, tout est substance,