Sur faire état, voyez la note du vers
540. Vaugelas condamne jusques à et même tout emploi de jusques, avec un ê. On continua cependant, longtemps après lui, à écrire jusqites à, même en prose. « Vous savez jusques à quels excès Cambyse s'est porté, et jusques à quel Doint d'insolence vous avez vu passer le mage. » (Fénelon, cité par M. Littré.) Nous dirions plutôt aller jusqu'à.
541. 5e prendre à, pour s'attaquera, se retrouve au vers 817. Sur quereller,. consultez la note du vers 52!).
Vous qui, de l'Asie embrassant la conquête.
Querellez tous les jours le ciel qui vous arrête. (Iphigénie, IV, 6.) Var. Elle se pi end aux dieux qu'elle ose quereller.
544. Excuser à ; à est ici pour envers, auprès de, et, quoi qu'en dise Voltaire,, se construit ainsi au xvii' siècle, même en prose : « Vous m'excuserez à lui si je ne lui écris, car le messager part. » (Malherbe, Lettre à Peiresc, 13 février 1611.)
547. Nul autre que toi, de l'aveu même de Voltaire, donnerait moins de: force et de rapidité au discours. Corneille et ses contemporains écrivent volontiers autre pour un autre :
Madame, autre que moi n'a droit de soupirer. (Cid, 308.)
550. Corneille écrit ennoblir, au propre et au figuré. « En 1673, une commission de l'Académie française examina cette question d'orthographe. Doujat rapporte qu'il a été décide dans la conip.ignie (\n'anoblir est rendre noble, et cnnoôhr rendre illustre; mais Bossuet et Pcîlisson réclament contre cette décision. C'est seulement en 1690, dans le Dii^tionnaire de Furetière, qu'anoiZiV etenno6/ir ■V)nt affectés chacun à un sens distinct, et cette distinction subtile, qui n'existeuans aucune autre langue, ne s'est, depuis lors, que trop vite et trop génératement établie. » (M. Marty-Laveaux.)
CURIACE
Que je souffre à mes yeux qu'on ceigne une autre lêle
Des lauriers immortels que la gloire m'apprête,
Ou que tout mon pays reproche à ma vertu
Qu'il aurait triomphé si j'avais combattu,
Et que sous mon amour ma valeur endormie 5oS
Couronne tant d'exploits d'une telle infamie!
Non, Albe, après l'tionneur que j'ai reçu de toi,
Tu ne succomberas, ni vaincras que par moi.
Tu m'as commis ton sort, je t'en rendrai bon compte:
Je vivrai sans reproche, ou périrai sans honte. 560
CAMILLE
Quoi! lu ne veux pas voir qu'ainsi tu me trahis!
CURIACE
Avant que d'être à vous, je suis à mon pays.
Mais te priver pour lui toi-même d'un beau-frôre, Ta soeur de son mari !
CURIACE
Telle est notre misère.
Le choix d'Albe et de Rome ôte toute douceur 565
Aux noms jadis si doux de beau-frère et de sœur.
CAMILLE
Tu pourras donc, cruel, me présenter sa tête.
Et demander ma main pour prix de ta conquête?
551. La construction est hardie ; car il faut construire : qu'on ceigne à mes yeux.
555. Ce beau vers, dit M. Géruzez, est peut-être un peu trop poétique. La valeur peut sommeiller et môme s'endormir, la métaphore est juste ; mais en plaçant la valeur endormie sous l'amour, le poète trace un tableau qui convieadrait mieux à l'épopée ou à l'ode. Cyrano {Agrippinc, I, 4) a dit dans le même style :
Pour un temps sur sa haine elle endort sa mcuoiie.