‹ Horace tragedie en cinq actesChapitre 31 sur 48 · LE VIEIL HORACE, CAMILLE · texte numérisé non relu

LE VIEIL HORACE, CAMILLE

LE VIEIL HORACE

Ma fille, il n’est plus temps de répandre des pleurs ,

H sied mal d’en verser où l’on voit tant d’honneurs; On pleure injustement. des pertes domestiques. Quand on en voit sortir des victoires publiques.

fiS HORACE.

Rome iriomphc d’AIbe , et c’est assez pour nous ; Tous nos maux îr ce prix doivent nous être doux.

En la morlt d’un amant vous ne perdez qu’un homme Dont la perte est aisée h réparer dans Rome ;

Après cette victoire, il n’est point de Romain Qui ne soit glorieux de vous donner la main.

11 me faut à Sabine en porter la nouvelle ;

Ce’ coup sera sans doute assez rude pour elle ,

Et ses trois frères morts par la main d’un époux Lui donneront des pleurs bien plus justes qu’à vous; Mais j’espère aisément en dissiper l’orage,

Et qu’un peu de prudence aidant son grand courage , Fera bientôt régner sur un si noble cœur Le généreux amour qu’elle doit au vainqueur. Cependant étouffez cette lâche tristesse;

Recevez-le, s’il vient, avec moins de foiblessc; Faites-vous voir sa sœur, et qu’en un même liane Le ciel vous a tous deux formés d’un même sang.

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